‹ L'ancien clergé du diocèse de MontpellierChapitre 253 sur 324 · IV. Les Martyrs et Confesseurs de la Foi · texte numérisé non relu

IV. Les Martyrs et Confesseurs de la Foi

Mgr de Durfort ayant été appelé au siège archiépiscopal de Besancon, M. de Malide, son successeur à Montpellier, honora lui aussi Tabbé des Pallières de sa confiance et de son amitié. Celui-ci, de son côté, sut s'attirer Testime des chanoines de la cathédrale, ses collègues, qui le nommèrent leur syndic, en 1790, le chargeant de régler les intérêts du chapitre avec les agents de la Révolution. Le chapitre fut supprimé et la pension du chanoine-sacristain arrêtée à 2.463 livres, sept sous, six deniers.

Considéré comme pensionné par TEtat, on lui demanda de prêter serment à la Constitution civile du clergé. Ce serment schismatique, il le refusa et dès Tannée 179 1 se rendit à Paris, auprès de son évêque. Il se choisit un domicile dans la rue du Paon, située dans un quartier solitaire, où il espérait demeurer inconnu ; mais, comme il avait refusé le serment et que même il avait secondé les efforts de Mgr de Malide pour maintenir la Foi dans le diocèse de Montpellier, il crut devoir, après les massacres de septembre 1792, à Paris, et la promulgation de la loi de déportation, quitter la capitale. Par une pensée de zèle et afin de se rendre utile aux fidèles du diocèse de Montpellier, il se rendit dans les montagnes des Cévennes. Il n'y resta pas longtemps, par la crainte d'y être bientôt découvert et revint se cacher à Paris, dans son ancien domicile.

Comme on avait perdu sa trace, on l'avait porté sur la liste des émigrés, moyen infaillible de l'envoyer à la mort, s'il venait jamais à

être arrêté. Or, il le fut, dans son logement de la rue du Paon. On le jeta dans les prisons et le 9 floréal an II (28 avril 1794^ le tribunal révolutionnaire le fit comparaître pour le juger. L'accusateur public demanda contre lui la peme de mort.

« Olivier des Paillères, dit-il, ancien vicaire général tton assermenté a émigré du territoire français et est porté sur la liste de ces monstres qui sont allés susciter dans l'étranger des ennemis à leur patrie. En vain prétend-il qu'il s'est retiré dans les Cévennes; rien ne le constate et tout

U Ancien Clergé du Diocèse de Montpellier.

démontre au contraire qu'il est venu se cacher dans Paris, avec l'espérance d'y demeurer beaucoup plus facilement que dans tout autre endroit. Son esprit contre-révolutionnaire est d'ailleurs bien attesté par les ouvrages et les correspondances trouvés dans son domicile. La veuve Parès-Montbrun et la fille Bragelogne, ses complices, ne sont pas moins convaincues par leurs écrits que par leurs propres aveux. Vous vous rappelez, citoyens jurés, que ces femmes faisaient de Louis XVI un martyr et fondaient lapothéose du tyran sur ses prétendues habitudes vertueuses » .

D'après ces accusations, le chanoine Olivier des Pallîères fut condamné, avec une multitude d'autres accusés, à périr sous le fer de la guillotine « comme auteur ou complice de conspirations et complots contre la liberté et sûreté du Peuple français, tendant à exciter la guerre civile». Il périt le jour même, à l'âge de 6i ans.

Cf. F, Saurel, Histoire relig, du Départ, de V Hérault y IIF, 113; — Arch. de l'Hérault; Fonds de TEvôché de Montpellier; 25c Reg. des Insinuations ecclésiastiques; — Ms. Soulier, I, 580; — Guillon, Les Martyrs de la Foi, IV, 178; — Cordier, Martyrs et bourreaux de i']^}, t. I.

OLLIER (Jean-Antoine),

né le 21 novembre 1751, curé de Saint-Jean-de-la-Blaquière, non assermenté, disparut en 1792, revint au commencement de fructidor, mais repartit, ou se cacha, avant la promulgation de la loi du 18 fructidor, sans avoir demandé de passe-port.

En 1803, nous le retrouvons succursaliste à Saint-Guiraud (canton de Gignac), ;\ Saint-Saturnin (1807), puis à La Blaquière, son ancienne paroisse (15 décembre 18 17).

Cf. Arch. de THérault, L. 443.

PAGES (Michel 'ThomaS'Remi-KÀntoine) y

prêtre du diocèse d'Agde, né à Nézignan-l'Evêque, le 27 septembre

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