IV. Les Martyrs et Confesseurs de la Foi
1750, fit toutes ses études, reçut les saints ordres, y compris la prêtrise et prit ses grades à Toulouse. Il fut mis en possession, par Tévêque, d'une hebdomade diaconale à la cathédrale d'Agde ; mais le chapitre de cette église protesta contre ce qu'il pouvait y avoir de contraire à ses usages dans cette nomination (12 mai 1780).
Pages n'en resta pas moins en place, jusqu'à ce que le personnat de la sacristie, un des plus considérables de c^tte église, étant devenu vacant, il y fut nommé. Cependant, le nouveau sacriste, rnodeste et sans ambition, renonça bientôt à ce bénéfice pour reprendre son ancienne hebdomade diaconale, ayant permuté avec le chanoine Magloire Pages, son parent.
La Révolution le trouva ferme dans ses convictions religieuses. Il refusa le serment; sa pension avait été réglée à la somme de 1470 1. 6 s. 1 1 d. Il fit partie du premier embarquement de déportés et quitta la France, en compagnie du chanoine Magloire (8 août 1792) et se rendit à Gênes et puis à Monte-Lupone .
De cette dernière localité, il écrivit à son frère Philippe, domicilié à Pézenas, lui demandant de lui venir en aide et de favoriser sa rentrée en France. Sa lettre que nous avons sous les yeux, datée du 17 juin 1796, fut interceptée et envoyée au ministre de la Police générale. Celui-ci donna les ordres les plus sévères pour empêcher tout envoi d'argent, délit contre les lois qui défendaient de faire passer des secours pécuniaires aux émigrés (3e jour complémentaire an IV, 19 septembre 1796).
Avec ou sans les secours qu'il avait réclamés de sa famille, l'exhebdomadier trouva le moyen de rentrer bientôt furtivement et alla se cacher, soit à Pézenas, soit à Nézignan-l'Evêque, qu'on appelait alors Nézignan-le-Libre. Obligé cependant peu après à se remettre en route pour l'exil, il prit un passe-port pour l'Espagne (15 vendémiaire an VI, 6 octobre 1797), et se vit dans la nécessité de prolonger son séjour dans ce pays. Plusieurs fois il fit des démarches pour obtenir l'autorisation de rentrer.
33] l'aMCOM CLmiGÉ DU DIOCÉSK DS MONTPBLLUtll.
V Ancien Clergé du Diocèse de Montpellier,
Il écrivit notamment au ministre de la Police générale (le 19 floréal an Vni, 9 mai 1800), pour réclamer contre ce qu'on appelait sa déportation. Il était, en effet, porté avant la publication de la loi de 14 août 1792 qui ordonnait la déportation des prêtres réfractaires. Fouché accorda la rentrée en France, les renseignements officiels fournis sur le compte du pétitionnaire lui ayant été favorables. Il y mit cependant une condition : que Pages ferait la promesse de fidéfité (9 messidor an VIII, 28 juin 1800).
Revenu dans son pays natal, il en trouva les habitants fatigués et détachés du curé-jureur et tout disposés à écouter sa voix. Muni des pouvoirs de l'abbé de Gohin, administrateur apostolique de l'ancien diocèse d Agde, il fit, à la satisfaction de tous, la promesse de fidélité qu'on lui avait imposée et put reprendre possession de l'Eglise paroissiale pour y exercer le culte catholique. Il fut même prié par l'ancien intrus, devenu rétractant, de prendre la direction de la paroisse. Nommé pro-curé deNézignan, il s'empressa d'ouvrir des catéchismes auxquels accoururent non seulement les enfants, mais encore un très grand nombre d'adultes.
En 1807, nous le trouvons succursaliste à Nézignan avec une pension de 266 fr. 66 c.
Cf. Ms de l'abbé de Gohin, p. 114. — Arch. de THérault, LIH M4. — Arch. de TEvêché, Tableau du Clergé,
"PAGES (Joseph'Louis-3^ichel),
ancien Chartreux, né à Saint-Chinian, le 28 septembre 1758. Insermenté. Pension 900 livres.
Inscrit sur la liste des déportés, il demeura caché jusqu'au 29 nivôse an V (18 janvier 1797), jour auquel il se présenta devant l'agent municipal de Saint-Chinian pour faire constater qu'il n'avait pas quitté le territoire de la commune depuis environ quatre ans et demi. Les témoins qui l'accompagnaient attestèrent qu'ils avaient été à portée de