‹ L'ancien clergé du diocèse de MontpellierChapitre 256 sur 324 · IV. Lts Martyrs et Confesseurs de la but · texte numérisé non relu

IV. Lts Martyrs et Confesseurs de la but

commune, du commencement de septembre 1792 an 28 thermidor an III (5 août 1795}, sans avoir d'habitation fixe.

On rapporte que pendant qu'il était encore à Saint-Amans, il entra un jour dans une maison de cette paroisse qui lui servait alors de lieu de refuge,pour prendre son repas. Des révolutionnaires entrés depuis peu étant auprès du feu, la maîtresse de maison ne perdit point sa présence d'esprit, et, pour le sauver, lui cria aussitôt : et Eh ! quoi, fainéant, tu n'as pas encore sorti le troupeau ! » Pélissier, en costume de paysan, prit son bâton et sortit immédiatement, les patriotes ne se doutant pas de l'ingéniosité de la brave femme, et le prêtre était sauvé !

Au mois de février 1797, î' remplissait les fonctions curiales à Labessière. De cette époque à la fin de la Révolution, sa vie fut assez agitée, à raison de ses déplacements forcés et continuels. Il allait de Labessière à Saint-Amans, à Lacaune, à Murât, et ne trouva le repos qu^après avoir souscrit la promesse de fidélité (26 plairial an X, 15 juin 1802.)

Au rétablissement du culte, Mgr Rollet^ qui réunissait sous sa houlette les départements de l'Hérault et du Tarn, voulant calmer la prévention marquée qu'avaient les habitants de Murât contre leur nouveau curé, nomma labbé Pélissier procuré de cette paroisse. L'abbé accepta et remplit cette délicate mission jusqu'au mois de sepmbre 1807 date du départ du malheureux titulaire.

Pélissier n'en était pas moins resté curé de Labessière où son premier soin, après la Révolution, fut d'orner l'église, de la pourvoir de vases sacrés, de linge et divers ornements nécessaires au culte, s'appliquant en même temps à relever la paroisse des ruines spirituelles, fruit de dix années de troubles. Ses efforts furent couronnés de succès, il vit la piété en honneur, et la loi de Dieu observée.

L'abbé Pélissier exerça pendant 36 ans les fonctions sacrées à Labessière. Il les remplit avec le zèle de l'homme de Dieu qui ne songe qu'au

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salut des âmes. Il mourut au commencement de décembre 1833, à Tâge de 81 ans et fut enterré le 9 de ce mois.

D'un carctère très sympathique et très doux, il était très aimé de ses paroissiens. Il les payait de retour et ne pouvait, dit-on, leur adresser un reproche du haut de la chaire, sans verser des larmes, à cause de sa grande sensibilité. Il était de forte stature, de manières simples, mais d'une dignité parfaite, que reflétait toute sa personne.

Cf. Documents inédits dus à Tobligeance de M. l'abbé J. Gautrand, curé de Labessière (Tarn). — Archives de l'Hérault, L. 440 ; — Archives communales de Saint- Gervais, *Reg. des délih. «<> 7 (1793-1810); — Rossignol, Les Prêtres du Département du Tarn, p. 179.

PENDERIES (Jean-Baptiste),

religieux Minime de Béziers, né vers 1736, était originaire du département de la Haute-Garonne. Ses supérieurs lui avaient confié les fonctions d'aumônier du couvent Sainte-Marie.

Lors de la suppression de son ordre, une pension de 800 livres lui fut attribuée : ce qui l'obligeait au serment, conformément à la loi. Il le refusa et, après avoir passé vingt ans dans son couvent, il partit pour l'Espagne, avec un passe-port délivré à Béziers (4 août 1792) et se fixa à Gironne. Le 12 prairial an VIII (i**" juin 1800), il écrivit au préfet de THérault, pour demander Tautorisàtion de rentrer en France. Ce magistrat avant de transmettre la pétition au ministre de la Police générale, écrivit au scuspréfet de Béziers pour lui demander son avis.

Le sous-préfet Grenier se montra franchement hostile à la pétition de l'ancien Minime. « En admettant sa réclamation, disait-il, tous les autres prêtres séculiers ou réguliers seraient également autorisés à rentrer (24 prairial, 13 juin). Le ministre de la Police générale fut moins sévère, dans une lettre qu'il écrivit au préfet (21 thermidor an VIII, 9 août 1800). Il lui disait en effet : « Je pense que la déportation de Penderies a été illégale et qu'il doit rentrer y après qu'il aura fait la promesse de fidélité. »

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