IV. Les Martyrs et Confesseurs de la foi
Quelques jours plus tiard, le préfet transmettait à son collègue de la Haute-Garonne copie de la lettre miflistérielle, et informait Penderies, encore résidant à Gironne, qu'il était autorisé à rentrer quand il voudrait, à condition qu'il préviendrait le préfet de la Haute-Garonne et qu'il ferait la promesse de fidélité (2 fructidor an VIII, 20 août 1800).
Cf. Arch. de l'Hérault .
PÉRIER (Jean-Joseph),
né à Lodève le 16 juin 1748, avait été marié; mais sa femme étant morte quelques mois après la célébration de son mariage, il résolut de se consacrer à Dieu, embrassa la carrière ecclésiastique et devint bénéficier à la cathédrale de son pays natal. Il signa sous ce titre l'acte de décès de Mgr Fumel.
Chassé par la Révolution, déporté d'Agde et Nice (19 août 1792), étant âgé de 44 ans, il se réfugia à Rome, et y demeura jusqu'au jour où les armées de la République s'en emparèrent. Il revint à Lodève avant la publication de la loi du 7 fructidor an V (24 août 1797); mais s'abstint de tout acte public du saint ministère. Il dut néanmoins prendre de nouveau le chemin de l'exil. Cette fois il se dirigea vers la Prusse et partit avec un passe port délivré à Lodève le 9 vendémiaire an VI (30 septembre 1797).
Rentré pour la seconde fois en France, il s'inscrivit comme étant d'avance dans la communion de l'évêque concordataire. (13 messidor an X, 2 juillet 1802). A la reconstitution du culte, il devint aumônier de l'hospice, où il mourut le 24 mai 1829, à l'âge de 81 ans. « Il fut le père des pauvres et la consolation des malheureux » .
Cf. Arch. de l'Hérault, L. 443 ; — Lazaire, Eloge de Mgr de Fumel \ K.ippendice.
PERNY (Tierre-Jean),
né â Agde, le 26 août 1750, montra de bonne heure un goût prononcé pour l'état ecclésiastique. Il fit ses études au collège de sa ville
L* Ancien Clergé du Diocèse de Monipellier.
natale, régi par les membres de la Congrégation du Sacré-Cœur de Marseille. Après avoir reçu la tonsure des mains de Mgr de Charleval, il étudia la théologie à l'Université de Montpellier et reçut tous les ordres dans son propre diocèse. Il fut d'abord employé comme vicaire et devint ensuite bénéficier à la cathédrale d'Agde, où sa vie fut toujours très édifiante.
Mgr de Saint-Simon, qui avait pris la place de Mgr de Charleval, voyait avec peine ce bon prêtre arrêté dans son zèle par le service du choeur. Il disposa les choses de manière à le pourvoir de l'importante cure de Florensac, par la résignation que lui en fit M. Armély (2 juillet 1784). Perny donna plein essort à sa pieuse ardeur ; toujours prêt à prêcher, visitant les malades, remplissant en un mot toutes les fonctions d*^un bon pasteur.
Séduit par les promesses de la Révolution et la beauté de ses théories qui visaient à la réforme des abus et, se laissant conduire par ses propres lumières, il eût la faiblesse de faire le serment à la Constitution. Mais Dieu qui connaissait la droiture de son cœur, lui ouvrit les yeux. Sans balancer, il se retira courageusement des précipices dans lesquels il s'était engagé et n'attendit pas pour se rétracter les menaces du Souverain Pontife. Il fut un des premiers à subir volontairement la loi de la déportation. Il se retira dans les Etats du Pape.
A la promulgation de la loi du 7 fructidor an V, Perny s'empressa de rentrer à Florensac pour y retrouver ses paroissiens. Quelques jours après, la loi du 19 fructidor an V (5 septembre 1797) rapportait celle du 7 fructidor.
Obligé de se cacher, il ne reparut qu'en 1801, fit la promesse de fidélité et travailla de. tout son pouvoir au salut de ses ouailles, mais non sans contradictions de la part des prétendus zélés qui ne voulaient pas communier de la main des « promettants ». En 1803, il était curé de Montagnac, avec pension de 2(i6yè(>, Il décéda le 20 avril 1836.
Cf. Arch. de l'Hérault, L. 443; — Ms de Tabbé Gourgon; — Arch. de TEvêché, T(Sg* des décès. — Ms de Tabbé de Gohin, Etat du Clergé séc. et rég. du dioc. d'Agde, p. 1 3.