IV. Les Martyrs et Confesseurs de la Foi
La raison qu'on donne, ce sont les troubles survenus depuis peu à Béziers, pour lesquels Peytal avait été condamné à deux mois de détention.
Cf. Arch. de l'Hérault.
PEZET,
Bénédictin, non assermenté, pension i.ooo 1. S'était retiré en Espagne, ne revint en France qu'en 1801. Il se présenta peu après au sous-préfet de Béziers pour faire la promesse de fidélité. Il s'était retiré à Béziers (paroisse Sainte-Aphrodise). Il mourut à Montpellier en 1822, âgé de 92 ans.
Cf. Arch. de THérault, Prêtres réjractaires, ans IX et X. Lettre du S. -préfet Grenier à Nougaret, 21 thermidor an IX, 9 août 1801. — Ordode (Montpellier pour 182). — Arch. de l'Evêché, Tableau du clergé du Diocèse, p. 163.
PIALAT (Jean-Baptiste),
né à La Chapelle-Grailhouse (Ardèche), le 27 janvier 1735. Ordonné prêtre à Viviers, en 1780, était à la Révolution simple vicaire à la cathédrale d'Alais. Poursuivi comme une bête malfaisante, décrété de prise de corps, arrêté même, puis rendu à la liberté, mais bientôt de nouveau recherché, il courut les plus grands dangers et endura des fatigues incroyables. Obligé de fuir, il n'eut longtemps d'autre asile que les forêts et les grottes du département de l'Hérault ; profitant de ses allées et venues pour donner aux fidèles les secours de la religion. Il finit ses jours dans son pays natal, le 11 septembre 1820. Son souvenir est encore vivant dans l'ancien diocèse de Montpellier et plus particulièrement au milieu des paroisses comprises dans les cantons des Matelles, de Saint-Martin-de-Londres, (?e Claret, et de Ganges.
Cf. Sarran, VAbbé Tialat, confesseur de la Foi dans les Cévennes, à l'époque de a T(Jvolution; — F. Saurel, Hist, relig. du dép, de l Hérault, III, 76.
PINS (Jean-Louis-Gaston de),
né à Castres, le 8 février 1766, était issu d'une ancienne et noble
famille de Languedoc qui à donné deux grands-maîtres à Tordre de Malte, Odon dePins (1294-1296) et Roger de Pins (iî55-i3é5), et à l'Eglise un illustre évêque, en la personne du savant Jean de Pins, qui occupa le siège de Rieux (1523-1337). Il était le troisième fils de Jean- Claude de Pins, chevalier, seigneur de Montségon, et de Marguerite Cabrol. Entré dans la carrière ecclésiastique et ordonné prêtre au moment où 1 Eglise de France allait disparaître dans la tourmente révolutionnaire, l'abbé de Pins exerça presque toujours les fonctions du saint ministère au milieu des montagnes du 'département du Tarn et était cité pour son grand zèle et pour son ardente piété.
Au Concordat de 1801, il se trouva compris dans les rangs du clergé du diocèse de Montpellier, auquel il appartenait par sa naissance; attendu que ce diocèse embrassait alors l'Hérault et le Tarn. Sous le Consulat, une certaine tolérance étant accordée à l'exercice public du culte catholique, il reprit sa vie de missionnaire dans ces deux départements. Approuvé par Mgr Rollet et Mgr Fournier pour la prédication et la confession dans toute l'étendue du vaste diocèse, son zèle neconnut plus de bornes, encouragé dans son oeuvre par l'évêque de Montpellier.
Au printemps de 1809, ^g^* Fournier lui confia la direction d'une grande mission à Saint-Pons, à laquelle le prélat prit une part très active. On n'attendit pas le dernier moment pour s'occuper des préparatifs et des dispositions à prendre pour la clôture par la plantation d'une croix monumentale. Une fois les intentions du curé connues^ le procureur impérial, le sous-préfet et le maire entrèrent en campagne pour entraver les projets d'érection. L'érection de la croix eut lieu cependant; mais cette cérémonie en plein air et les prédications de l'abbé de Pins ne furent pas étrangers à une mesure générale de police contre les missionnaires et leurs prédications.
L'évêqu.e de Montpellier reçut, en effet, du cabinet particulier du ministre des Cultes, une lettre manuscrite, portant la signature de Bigot de Préameneu, qualifiant les missionnaires de prêtres errants et qui se