‹ L'ancien clergé du diocèse de MontpellierChapitre 261 sur 324 · IV. Les Martyrs et Confesseurs de la Foi · texte numérisé non relu

IV. Les Martyrs et Confesseurs de la Foi

Une pareille conduite an>ena la conversion d'une dame protestante hollandaise qui habitait dans le voisinage. Cette personne désira ne plus retourner dans son pays et se fixer à Cette, dans la maison paternelle de Tabbé Plégut. Celui-ci l'avait accompagnée à Cette, berceau de sa famille et se mit à la disposition de Tabbé Olive^ récemment nommé curé de la paroisse Saint-Louis. On le vit au travail comme un simple vicaire, confessant, prêchant à son tour, assistant les malades. Ce zèle si ardent détermina le curé à se l'adjoindre définitivement comme vicaire, malgré une grande différence d'âge. M. de Saint-Simon, qui comprit tout le parti qu'il pouvait tirer d'un prêtre brûlant du désir de sauver des âmes, voulut l'avoir auprès de lui et l'attacher à son église cathédrale, en le pourvoyant d'une « hebdomade ».

Ce ne fut pas sans de grands regrets du curé et des paroissiens de Saint-Louis que l'abbé Plégut les quitta. Il se rendit à la voix de l'évêque pour servir le bénéfice, édifier le chapitre et exercer son zèle à Agde, comme il l'avait déjà fait à Cette. Plein de vénération pour ce vieillard, Tévêque se mit sous sa direction spirituelle. Désirant unir à son séminaire diocésain la cure de Saint-André^ il obtint qu'on l'y nommât, bien persuadé que ce curé favoriserait en tout cette maison ecclésiastique. A partir de ce moment, les grands oflSces furent célébrés dans l'église de Saint- André tous jours de dimanches et de fêtes avec une grande solennité.

M. Plégut dont on connaissait les habitudes modestes et l'ardente charité pour les membres souflfrants de J.-C, se contenta pour lui personnellement du revenu de son bénéfice et abandonna au séminaire sa congrue de curé et tout ce qui lui revenait de la paroisse. Il se réserva la peine et le travail, abandonnant tout le reste, avec un désintéressement admirable. Il partagea son temps, entre les offices du chœur, auxquels il se rendait très exactement, et le soin de la paroisse, où il allait chaque matin dire la messe et se fixer à la sacristie pour y être sans cesse à la disposition de ses paroissiens. On était sûr de l'y trouver toujours, prêt à confesser et à administrer les autres sacrements. S'il semblait faire

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V Ancien Clergé du. Diocèse de Montpellier.

quelque distinction entre les personnes qui avaient recours à son ministère, c'était toujours en faveur des pauvres qu'il secourait de tout son pouvoir et qu'il aimait à visiter.

Une de ces visites faillit lui coûter la vie; se trouvant dans un escalier dépourvu de rampe, il fit une lourde chute, dont il se ressentit tout le reste de ses jours. Dès qu'il fut un peu remis de ce formidable accident, il reprit ses habitudes de zèle;, aidé d'une personne qui lui donnait le bras et s'aidant lui-même d'un bâton, il se rendait à la cathédrale et à Saint- André, à la grande satisfaction des chanoines et des paroissiens qui avaient craint de le perdre.

Il se prodiguait ainsi, lorsque la Révolution chassa M. de Saint- Simon et les prêtres réfractaires au serment. M, Plégut avait alors 78 ans et n'était point tenu à sortir du royaume; mais saintement jaloux de la fermeté avec laquelle le jeune clergé savait tout sacrifier à la religion et à Téglise, il voulut participer à sa générosité. Avant de partir, il se rendit chez Payen, curé de Saint-Etienne, son confrère, pour essayer de le détourner du scandale que celui-ci donna le lendemain, en faisant le serment. La porte du jureur lui fut fermée. La municipalité lui refusa le passe-port qu'elle accordait volontiers à tant d'autres : elle fit même les plus vives instances auprès de lui pour le détourner de quitter Agde, lui donnant l'assurance qu'on serait heureux de l'y voir rester et qu'on l'y laisserait tranquille. Tout fut inutile et résolu à partir, même sans passe-port, il se fit porter dans un fauteuil, accompagné de sa nièce et de sa vieille servante Madeleine, qui ne voulurent pas le quitter, à bord d'un petit navire qui mit la voile pour Nice dès le lendemain. La conduite courageuse du saint vieillard combla de joie tout le jeune clergé qui s'expatriait.

Avant de se mettre en route, ils célébrèrent une grand'messe en l'honneur de la très Sainte Vierge. La traversée fut heureuse. Ils abordèrent à Nice, ayant à leur tête M. Bellanger, vicaire général d'Agde. L'archevêque de Nice ne se contenta pas de les recevoir avec bonté. Il en

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