IV. Les Martyr 9 et Confesseurs de la hoi
d'humanités, de philosophie et de théologie au collège des Jésuites, dans sa ville natale. Il prit à l'université de Montpellier les grades de maître ès-arts et de docteur en théologie, grades qu'il notifia toutes les années, de 1766 à 1773 ^^ chapitre cathédral.
Ordonné prêtre par B. de Charancy (10 mars 1742) et vicaire à la paroisse N.-D. des Tables, il était chargé en 1744 par ce prélat d'établir dans la ville épiscopale des écoles primaires et gratuites, appelées Ecoles T(pyaleSy d'en nommer et d'en surveiller les maîtres, de pourvoir à leur traitement, à la location et à l'entretien des classes. Prudent et sévère dans le choix des maîtres, vigilant et ferme pour le maintien de la discipline et les progrès des élèves, il réunissait ceux-ci, tous les jeudis, dans la chapelle de Saint-Ruf, louée à ses frais personnels, les enfants étant sous la surveillance des régents. Il leur faisait le catéchisme et entendait leurs confessions, i Dans la même chapelle, plusieurs fois par semaine, il recevait les
pauvres de la ville et, afin de pouvoir évangéliser tour à tour les divers k quartiers de la ville, il avait établi des conférences aux églises de la
• Merci (Sainte-Eulalie), des Trinitaires (Saint-Roch) et des Augustins.
Son zèle infatigable, soutenu pendant près d'un demi-siècle, ses
talents, ses vertus, l'avaient rendu très populaire dans Montpellier et
; lui avaient gagné l'estime et la confiance de tous ses confrères dans le
sacerdoce, ainsi que les plus chaudes sympathies de son évêque.
Nommé curé de la cathédrale (2 novembre 1789), il ne craignit pas I de se chargçr de ce fardeau, malgré les bouleversements politiques et
malgré son âge avancé. Une conduite irréprochable, une érudition profonde et une fermeté éprouvée dans ses principes avaient déterminé le choix qu'on avait fait de lui. II était devenu le guide, le modèle, la consolation du clergé diocésain dans des temps difficiles ; aussi, l'évêque de Malide, parfaitement édifié sur son compte, l'avait investi du titre et des pouvoirs de vicaire général.
Lorsque le Décret de la Constitution civile du clergé eût été envoyé
V Ancien Clergé du Diocèse de Montpellier.
aux curés pour être publié au prône, ceux-ci se réunirent chez M. Poujol, avec quelques autres prêtres d'une vertu et d'une capacité reconnues. D'une commune voix, ils décidèrent qu'on ne pouvait publier ce Décret sans prêter la main à un acte schismatique et qu'on devrait refuser le serment exigé par l'Assemblée nationale. Les événements se précipitent ; on se prépare à dépouiller les églises. Poujol, en sa qualité de curé de la cathédrale est appelé par les commissaires de la Municipalité pour être témoin de la mise en séquestre des effets mobiliers du chapitre et de l'église Saint-Pierre. Après l'inventaire qui en est dressé, on lui remet la garde de ce qui se trouvait dans l'église et dans la sacristie pour l'exercice du culte. Il s'en constitue le gardien, mais ce fut pour bien peu de temps.
Un nommé Tiiichement (Jean-Baptiste-Alexis), ex-chanoine de Cavaillon, est proclamé curé de Saint-Pierre (ii avril 1791), et l'abbé Poujol est contraint de se retirer avec ses vicaires (14 mai). Il se réfugie dans une maison voisine de sa paroisse; il y célèbre la messe et administre les sacrements.
Un jour, on le prévient que la maison est cernée par une troupe tumultueuse. Il achève la messe et se met à faire son action de grâces. Traduit devant le Tribunal, il avoue avoir dit la messe et administré les sacrements ; il ajoute qu'il est prêt à continuer aussi longtemps que la chose lui sera possible <( Voulez-vous ma tête ? La voilà ! Je regrette de ne pouvoir offrir à Dieu que les restes d'une vie qui touche à sa fin ».
Son âge le dispensait de la déportation, mais le soumettait à la réclusion; il fut enfermé dans l'ancien séminaire. Mis en liberté provisoire en vertu d'un arrêté du représentant du peuple Girot-Pouzol, il se vit peu après enfermé de nouveau, cette fois, dans l'ancien monastère de la Visitation Sainte-Marie (9 pluviôse an IV, 29 janvier 1796). Il avait alors 78 ans. Son nom figure sur un état dressé par le commissaire du Pouvoir exécutif près l'Administration municipale, le troisième jour com-