‹ L'ancien clergé du diocèse de MontpellierChapitre 277 sur 324 · IV. Les Martyrs et Confesseurs de la Poi · texte numérisé non relu

IV. Les Martyrs et Confesseurs de la Poi

par aboutir. Sur le témoignage bienveillant du maire et de l'adjoint de la commune de Viols où Ricome s'était réfugié après avoir quitté Lansargues, le préfet de l'Hérault se détermina à proposer au ministre de la Police générale la mise en liberté de l'île d'Oléron où le prêtre réfractaire se trouvait détenu en ce moment. La grâce fut accordée, mais à condition qu'il serait toujours sous la surveillance des Autorités et qu'il ferait promesse de fidélité à la constitution de l'an VIII (14 thermidor an VIII, 2 août rSoo). Sa détention avait duré près de sept mois Au rétablissement du culte, succursaliste à St-Aunès.

Cf. Arch. de l'Hérault, L. 443; — Manseau. Les 'Prêtres et Religieux déportés sur les côtes et dans les îles de la Charente- Inférieure,

RIEUSSET (Michel),

né à Montpellier, le 3 février 1764.

Après avoir refusé le serment constitutionnel, il partit pour l'Italie, traversa la Toscane et se rendit à Macerata, ville épiscopale des Etats de l'Eglise. L'évêque de cette ville lui avait donné la faculté de choisir la maison dans laquelle il devait recevoir l'hospitalité : le couvent des Capucins ou celui des Carmes. Comme ce dernier établissement était distant d'environ un mille de la ville, Rieusset préféra le couvent des Capucins; il s'y présenta ; mais blessé du peu de sympathie qu'il rencontra chez le père gardien, revint sur ses pas, demanda aux pères Carmes de vouloir bien le recevoir, fut admis et n'eut qu'à se louer des bons procédés dont on usait à son égard.

A son retour de la déportation, il se rendit à La Roque-Aynier, le 20 août 1797, et célébra la messe et les offices dans cette localité. A partir de ce jour, il dut se cacher et se contenter de dire la messe en secret, dans la maison d'un nommé Pouget. Comme on l'avait perdu de vue,on le crut reparti pour l'étranger^ car il était sujet à la réclusion (23 vendémiaire et I*»" brumaire an VI, 14 et 22 octobre 1797).

Dès qu'il put se montrer, il reprit l'exercice public de son ministère.

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V Ancien Clergé du Diocèse de Montpellier.

Le 8 juin 1799, il conduisit ses paroissiens à la chapelle de Notre-Damedu Suc, peu éloignée de La Roque. Arrivés à la porte de la chapelle, les pénitents revêtirent leurs sacs. Puis, pasteur et ouailles entrèrent dans le sanctuaire et se livrèrent aux pieux exercices du pèlerinage. Pendant les quelques mois qui suivirent, il officia d'abord dans Téglise de Saint-Jean, puis dans celle de Sainte-Madeleine. Il s'occupa de la restauration des édifices sacrés. Le 2 novembre, jour de dimanche, après avoir dit une première messe à La Roque, il se rendit à Ganges, pour y célébrer une grand'messe, dans l'église des Capucins où, depuis le commencement de la Révolution, on n'avait point eu d'office public.

Avec plusieurs de ses confrères, il fit à Saint-Bauzile la promesse de fidélité à la Constitution de Tan VIII (13 ventôse an IX, 4 mars 1801). A Ganges, il y avait deux couvents, celui des Capucins et celui des Cordeliers ; ils avaient été vendus l'un et l'autre comme biens nationaux. En fait d'église, il ne restait plus guère que la paroisse, laquelle, au dire du maire, était mal située, très dégradée ; mais comme elle était facile à surveiller, le préfet autorisa les catholiques de la commune à en prendre possession pour y exercer librement leur culte (Arrêté du 7 floréal an IX, 27 avril 1801). La fête de sainte Madeleine y fut célébrée en grande pompe (22 juillet 1801) avec le concours de plusieurs prêtres. L'abbé Rieusset était environné de Raymond, curé de Brissac; Cassan, curé de Londres; Labaume, curé de Causse. Après la grand'messe, les bourgeois firent servir au clergé un repas, auquel ils prirent part eux-mêmes.

A la reconstitution du diocèse de Montpellier, le digne curé de La Roque était remplacé dans cette paroisse par un enfant du pays, l'abbé Cambacédès, prieur de Mudaison, et venait prendre officiellement la direction de celle de Ganges, où depuis longtemps déjà il donnait un libre cours à son zèle. Il continua de la sorte jusqu'en 1812.

Appelé cette année par Mgr Fournier à prendre la direction du Séminaire, il obéit, se rendit à Montpellier et fut même installé dans ses honorables fonctions (i*"" novembre) ; mais cette nouvelle position ne

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