IV. Les Martyrs et Confesseurs de la t'en
s'harmonisait pas avec ses habitudes et ses goûts ; il quitta le séminaire pour reprendre sa place au milieu de ses chers paroissiens (15 novembre).
Les historiographes du séminaire de Montpellier l'ont considéré comme le 3* supérieur de cette maison, après Rahoux et Carrière. Il eut pour successeur Barthélémy Dalga.
Le 22 avril 18 14, arrivait à Ganges le cardinal Gabrielis, un des « cardinaux noirs » que Napoléon avait internés en diverses localités de l'empire, en punition de ce qu'ils n'avaient pas voulu assister à son mariage avec Marie-Louise. Il venait du Vigan, lieu de sa résidence forcée. Une brillante réception lui fut faite par le curé de Ganges, par le clergé et par les fidèles tant de la paroisse que des environs. L'abbé Rieusset reçut de Mgr Fournier le titre de chanoine honoraire (26 mai 1829). Il fut installé par l'abbé Fermaud, doyen du chapitre (les chanoines titulaires devant seuls être installés par le premier vicaire général).
L'abbé Rieusset finit ses jours le 4 juin 183 1.
Cf. Arch. de l'Hérault, L. 443 et V. "Police du Culte; — Arch. de l'Evêché; — Ordo pour 1832. — L*abbé Cassan, La Chapelle du Séminaire; — Flament, Notice sur la Chap. et les "Bât. du Gr. Sévi, de Montpellier.
RIGAL ÇxÂntoine-Joachim),
né à La Vacquerie, dans l'ancien diocèse de Lodève, le 10 août 1760. Etant vicaire :\ Lodève, il refusa le serment, prit un passe-port pour l'Espagne et partit d'Agde, dans le courant de septembre 1792. Il demeura dans ce pays jusqu'au moment où il eut connaissance de la loi du 7 fructidor an V (24 août 1797), qui permettait aux ecclésiastiques déportés de rentrer en France.
Bientôt il se vit contraint de repartir pour l'étranger. On le recherchait à Lodève et à Montpeyroux, pendant qu'il résidait dans sa famille, à La Vacquerie (vendémiaire an VI, septembre 1797).
Dès que la chose lui fut possible, il revint à Lodève, sans cependant faire la promesse de soumission, parce qu'il craignait de charger sa cons-
V Ancien Clergé du Diocèse de Montpellier.
cience). Il offrit de souscrire à une de ces deux formules : « Je promets, sauf la religion catholique, d'être fidèle «i la Constitution de Tan VIII », ou «Je promets d'être soumis au Gouvernement français ». Il s'installa, comme ministre du culte, à La Vacquerie, son pays natal. .
Son zèle déplut à l'Administration. Le sous-préfet de Lodève, ayan^ à dresser une liste des prêtres de son arrondissement qui, à la date du 28 pluviôse an IX (17 février 1801), n'avaient pas fait la promesse de fidélité à la Constitution, Tinscrivit de la sorte : « La Vacquerie, Rigal, ex-vicaire d'une autre paroisse de Lodève, autre fanatique ».
Le même magistrat le signalait comme « répandant le poison du fanatisme » (22 prairial an IX, 11 juin i8oi),et annonçait en même temps à son supérieur hiérarchique qu'il allait le faire arrêter. En effet, dès le lendemain matin, le capitaine commandant la force armée de la Sous- Préfecture de Lodève fait cerner la commune de La Vacquerie avec sa troupe, place des sentinelles et s'avance sans bruit vers l'église. Les fidèles, convoqués au son de la cloche, se sont rendus en nombre et remplissent l'édifice sacré. La messe va commencer. On se saisit de la personne du prêtre, puis le maire et l'adjoint, soutenus pjr les soldats, font sortir les assistants, un à un, « pour s'assurer qu'il n'y a pas d'autre mauvais sujet dans l'église ».
Fabreguettes, sous-préfet de Lodève, signale encore R gai à son chef, dans une lettre datée du 3 messidor an X (22 juin 1802) : «... Le prêtre Rigal... ne cesse de contrevenir à votre Arrêté qui l'avait mis en surveillance dans la commune de La Vacquerie. Il s'est porté dans les environs de la commune de Montpeyroux, où dernièrement, en opposition avec le prêtre constitutionnel qui s'y trouve, il a fait faire publiquement une première communion ».
Au rétablissement de la paix religieuse, l'abbé Rigal occupa successivement les postes suivants : succursaliste à Ceyras (1803), ^ St-Jeande-Fos (1807), à Saint-Martin-de-Montpeyroux et Lagamas (12 juillet