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IV. Les Martyrs et Confesseurs de la foi

vres émigrés ? La Toscane n'en veut pas, ny Venise. L'Allemagne est le théâtre de la guerre. Que devenir ? J'irai me renfermer dans le premier hôpital que je trouverai. Voilà ma seule ressource. Je vous assure, cher Frère, que si je sçavois demander des secours, je suis dans le cas ; car je suis baspercé, sans aucune espérance quelconque. Dieu soit béni et glorifié et me fasse la grâce de n'envisager que lui seul, car je suis malheureux ; lirez-moi donc de peine, et croyez moi votre bon frère. Je sais Salelles, Augustin. »

On ne sera point surpris de la grande pénurie dont souffrait ce noble confesseur de la Foi, quand on saura qu'il avait été dépouillé, en même temps que son frère Bernard, de l.i succession de sa Mère. L'Administration centrale du Département donna au District de Béziers l'autorisation de composer un tribunal d'arbitres, à l'effet de régler la succession de la veuve Marie Salelles, dans laquelle il revenait deux parts à la nation et qui étaient celles de Bernai d Salelles et de Jean-Paul Salelles; prêtres déportés. (19 ventôse an III, lundi 9 mars 1795).

Bernard Salelles se montra cruellement affecté de la situation pénible de son frère, à laquelle il croyait avoir contribué pour une bonne part, d II n'y seroit point écrivait-il à un membre de sa famille, s'il ne m'avoit fiiit passer jusqu'à son dernier sol, pour venir à mon secours et me soutenir à Rome. Il s'est sacrifié pour moy et ne mérite pas de soufJ'rir, moins encore de tant souffrir. Que ne voudrois-je pas faire aujourd'huy pour luy ? et qu'il m'en coûte dans ce moment d'être séparé de luy, et de ne pouvoir luy donner mes soins pour soulager ses maux ! Dès sa lettre reçue, je n'ai pas perdu un moment ; j'ay été chez M. Sobéri, j'ây retiré les 25 louis que je n'avois pas encore pris et les luy ay fait passer. »

Dans sa lettre d'envoi, l'ancien bénéficier de la cathédrale d'Agde lui disait que s'il était obligé de quitter Bologne, il ne devait pas hésiter à venir le rejoindre à Gènes, pour partager avec lui le peu qui lui restait. (30 mai 1796).

L'ancien prieur des Augustins de Nîmes, avait reçu l'envoi de son

U Ancien Clergé du Diocèse de Montpellier.

généreux frère; il put se procurer un passe-port et, profitant des dispositions de la loi du 5 fructidor an V (24 août 1797) il rejoignit, à Gênes, l'ancien bénéficier d'Agde. Ils rentrèrent tous deux en France, mais n'y demeurèrent pas longtemps à l'abri de tout ennui. Une nouvelle loi celle du 19 fructidor an V (5 septembre 1797), rapportait la loi du 5 fructidor et obligeait les deux frères à prendre de nouvelles dispositions fort ennuyeuses.

Jean-Paul, afin de n'avoir pas à subir la peine de la réclusion, invoqua la loi du 19 fructidor, développée par la circulaire du ministre de la Police générale : « Les- ecclésiastiques actuellement sexagénaires ou infirmes doivent rester sous la surveillance de leur Municipalité ». Sa pétition aux administrateurs du Département fut envoyée au Directoire exécutif de l'Hérault qui l'autorisa à rester chez lui, à la condition de ne communiquer avec qui que ce fût pour raison de culte ou d'opération religieuse. (7 floréal an VI, 26 avril 1798). Il reçut alors les pouvoirs de l'abbé de Gohin, ancien vicaire général de Mgr de Saint-Simon, devenu administrateur du diocèse d'Agde. Mais, par prudence, il en usa avec une grande modération, même après avoir fait la promesse de fidélité.

Cf. Ms de l'abbé de Gohin ; — Archives de l'Hérault, LiH M4, et N"s 440, 441, 442, 443.

SALES (^Jacques),

né à Pézenas, le 26 septembre 1723, chanoine de Joncels, se trouvait à Pézenas à l'époque où fut publiée la loi du 19 fructidor an ¥(5 septembre 1797). Un rapport adressé de cette ville au Département (22 brumaire an VI, 12 novembre 1797) signalait sa présence dans son pays natal. Mais il fut autorisé à y fixer sa résidence (6 floréal an VI, 25 avril 1798).

Cf. Arch. de l'Hérault, L. 443 his.

SALIENS (Jean-Pierre),

né à Montpellier sur la paroisse Notre-Dame, le 29 novembre 1734.

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