IV. Lu Martyrs et Confesseurs de la Fot
L'humble prélat refusa cette dignité, ne voulant pas se séparer de ses diocésains. Il mourut à Troyesle 31 août 1843, à l'âge de 83 ans et laissa de profonds regrets, dans les diocèses de Troyes, de Montpellier et d'Albi. Sa dépouille mortelle fut déposée dans le chœur de sa cathédrale.
Cf. Arch. de l'Hérault, L.; — Estournet, Les RécoUets de St-Pons-de-TJxmihes, — Gams, Séries Episcoporum à B. Pelro; — Nayral, Bi(^r. Castraise, III, 596; — J. Maffre, Nos iXCariyrSy p. 311 ; — F. Saurel, M.-N, Fourniety p. 366 et Hist, relig. du 'Dép, de r Hérault, III, 224; — Oraison Junèbre de ^gr Jacques-Louis David Seguin des Pons, Evéque de Troyes,
SEGUIN T>ES HONS {Louis-Pons-Gtiillaumé),
ancien chanoine de Saint-Pons, né dans cette ville le 4 août 1736, déporté. Après la Révolution, nommé succursaliste à Saint-Martin de Lodiez Çrarn)y où il remplaçait son parent Seguin des Hons. Chanoine honoraire de Montpellier (1807). Mort le 20 août 1827.
Cf. Arch. de TEvêché, Reg. des 'Décès. Ordo pour 1828.
SELOUDRE (^mans),
chanoine de Montpellier (30 octobre 1803), syndic et secrétaire (1807). Mort le 18 août 18 14, âgé de 89 ans.
SÉRANE {Antoine),
prêtre de Pouzols, né le 30 août 1743. Déporté d'Agde à Nice (11 septembre 1792).
En 1803, succursaliste à Espondeilhan et Coulobres avec pension de 333 fr. 33. Nommé curé de Pérols (7 septembre i8o7)etdeCelleneuve et Juvignac, le 27 octobre 1809; transféré plus tard a Saint-Aunès, où il décéda le 18 juin 1722.
SÉRANE (François-Marcellin)y
prêtre de Claret, né le 24 juin 1759, était auxiliaire de son oncle Sérane, prieur de Claret, lequel avait refusé le serment et était mort en partant
IJ Ancien Clergé du Diocèse de MontpeJier,
pour l'exil, à l'âge de 80 ans. François-Marcellin se rendit en Espagne, en compagnie de l'abbé Lacan, curé de Tréviès et originaire lui aussi de Claret. La tourmente révolutionnaire une fois passée, il revint à Claret. Son premier soin fut d'ériger une croix en signe de réparation sur la place publique où s'étaient étalés les ignobles saturnales de 1793. Ce monument porte la date de 1803. Nommé curé de la paroisse qui l'avait vu naître, il reçut une pension de 266 fr. 66. Il décéda le 17 février 1817.
Cf. La Croix Méridionale de Montpellier N* du 17 Mai 1896.
SÉRANE,
né à Paulhari, ancien curé-prieur de Vailhan, non asssermenté; pension 500 livres. Il fut dénoncé en 179 1 pour avoir, en chairej prononcé quelques mots latins, qu'un auditeur peu versé dans la langue de Cicéron et mal intentionné, supposa contraires à la Constitution civile du Clergé. Sur ce, le Conseil de la Commune ordonna son arrestation. Informé de cette détermination, le prieur quitte sa paroisse, où le lendemain matin on cherchait à s'emparer de sa personne. Jusque vers la fin du Directoire, Sérane demeura caché en divers asiles solitaires. On signale à la gendarmerie son apparition à Lunas. Aussitôt on se lance à sa recherche; on parvient à le découvrir « porteur d'un simple havre-sac » ; et comme les agents se réjouissaient déjà d'avoir enfin saisi cet homme introuvable, il glisse dans leurs mains, leur abandonnant son modeste bagage, s'enfuit et trouve le moyen de disparaître. Que faire ? N'ayant plus à courir, le chef du détachement ouvre le sac et fait l'inventaire des objets qu'il renferme : « Un encrier, quelques vieux bréviaires, une boîte en ferblanc, à trois cloisons, renfermant trois espèces d'huiles » . Puis, le chef de bataillon des gardes nationales du canton de Lunas, écrit au président de l'Administration de ce canton : « Je vous envoie ci-joint un procèsverbal et un havre-sac. Je suis bien fâché de ne pas vous envoyer son mètre [sic) ; il Ta échappé belle ; il peut compter pour un ! » Arrêté quelques mois après, il dut subir la déportation et ses meubles furent
• • rV. Lts Martyrs et Confesseurs de la foi.
vendus. Après sa rentrée en France, il fut recherché de nouveau par la police; mais ne put être découvert (26 fructidor an VTI, 12 septembre 1799).
Cf. Arch. de l'Hérault, L.; — Arch. de la commune de Vailhan, Reg. des Delib.; — F. Saurel, Hist. relig, du Départ, de VHérauU, III, 226 ; — A. Fabre, Hht, de FaUbam.
SERGUIÈRE (^ntoinc'KAuguste),
né à Roujan en 17 18. Reclus (22 brumaire an IV, 13 novembre 1795), prieur du Pau-de-Peyre, fut mis en liberté; mais sa maison, à Roujan, était alors occupée par la Municipalité ; il se réfugia à Pouzoles, chez un de ses parents, dans le canton de Servian.
Cf. Arch. de THérault, L. 443 .
SERRE (Jean-Claude),
Lazariste du séminaire de Béziers, avait été appelé sous Mgr de Nicolay à prendre la succession de Tabbé de La Colombière, prieur-curé de Paulhan (juin 1790). Le nouveau titulaire, accepta avec bonheur, entra en fonctions le 10 juillet suivant. Il avait alors 66 ans. A différentes reprises, il avait évangélisé à Paulhan. Il avait même contribué à l'acquisition de la nouvelle maison presbytérale, ainsi que le prouve son nom inscrit sur Tacte de vente. A un âge où d'ordinaire on sent le besoin du repos, il se chargea d'un ministère laborieux et ingrat, se mit courageusement à Tœuvre, joignant à la parole qui convainct l'intelligence, à l'exemple qui entraîne le cœur.
« Le prieur de Paulhan reçut l'invitation, c'était un ordre, de jurer fidélité à la Constitution civile du clergé. Il répondit 'Ai J'irai et je ferai mon devoir ». On crut qu'il n'opposerait aucune résistance et on se disposa à donner un certain éclat à son acte de soumission à la loi. La place publique fut préparée pour la circonstance. Les officiers municipaux s'y rendirent pour recueillir son serment, et la foule accourut, animée de
pensées diverses. Quel changement dans la localité ! Naguère, catholiques zélés, la plupart des habitants marchent maintenant h la remorque des hommes néfastes qui dirigent les affaires de la France. Ils viennent jouir du spectacle de l'humiliation du prêtre ; ils assisteront à son triomphe. On vit s'avancer un vénérable vieillard, dont on avait tant de fois apprécié la sainteté et la science. A sa vue on ne put s'empêcher d'éprouver un sentiment de respect et on s'écarta pour lui livrer passage. Il gravit lentement le tertre où il devait prononcer la formule de rigueur. Tout bruit cessa alors et tous les yeux se portèrent vers lui. Ses blancs cheveux, son maintien digne et sévère en imposèrent à la foule. Ses ennemis se sentant troublés, regrettèrent d'avoir traîné un homme de bien à la barre du peuple, pour le lui donner en spectacle. Cependant le digne prêtre, s'étant découvert, levait les yeux au ciel et murmurait une prière. Tel devait être autrefois le martyr en présence des juges. Ramenant bientôt son regard sur ceux qu'il avait si souvent appelés ses enfants, il se disposa à parler. Les uns préparaient leurs ironiques applaudissements à son patriotisme forcé; les autres cherchaient à se rapprocher de lui, pour lui prêter main-forte.
(( Peuple qui m^eniende:^^, s'écrie-t-il, en mettant la main sur son cœur, écoute:^ mes paroles ; vous les répétere:^ à vos petits- fils, pour quils scLchnt que ie n ai pas déshonoré les dernières années de ma vie, en trahissant les devoirs de mon ministère parmi vous. Je jure fidélité et amour à Dieu, à la Religion catholique^ apostolique et romaine, »
Et il descendit aussitôt du tertre avec autant de calme qu'il y était monté. Le Confesseur de la Foi avait triomphé de ses ennemis. Déjà un tumulte indescriptible régnait dans la place publique. Honteux de leur défaite, les agents de la Révolution se précipitèrent vers M. Serre, en proférant des cris de mort ; les amis du prieur s'étaient déjà réunis autour de lui; ils lui firent rempart de leurs corps et lui facilitèrent le moyen de se soustraire à la fureur de ses ennemis. »
Le dernier acte du ministère de M. Serre est daté du ii juin 1792;