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IV. Les Martyrs et Confesseurs ^de la Foi

lui fut accordé. On célébra ensuite les obsèques en grande pompe, sous les yeux des Autorités constituées, qui n'osèrent s'y opposer.

Cf. F. Saurel, Les brigands royaux dans VHJrauU et autres dèparteweuts du Midi, sous la Re'publique et le Consulat,

TABARIÉ (Jean-Etienne),

prêtre de Béziers, déporté d'Agde à Nice, le 9 août 1792, âgé de ^} ans.

TAILHAN (Vierre'Jacques-Eiienne- Antoine) y

curé de Saint-Jacques et de Saint-Aphrodise, à Béziers, naquit à Béziers, en 1767.

Il était chanoine régulier Génovéfain de Saint-Jacques de Béziers et diacre quand il fut déporté d'Agde à Nice, le 12 septembre 1792, sur la tartane du capitaine Antoine Pailhoux, d'Agde, pour avoir refusé le serment constitutionnel. Sa pension avait été réglée à 86 livres 6 sous.

Trop pressé de rentrer en France, il n'y fit pas un long séjour et, comme tant d'autres, se vit dans la nécessité de reprendre le chemin de l'exil. Il partit pour l'Espagne, muni d'un passe-port délivré à Béziers, le 9 vendémiaire an VI (30 septembre 1797).

Après son second retour de l'étranger, il fut promu au sacerdoce et, le 20 septembre 1807, nommé desservant de Saint-Jacques où il resta 30 ans. Choisi par Mgr Thibault pour succéder à l'abbé Mailhac, dans la cure de Saint-Aphrodise, il fut installé dans cette nouvelle paroisse par son frère l'abbé Sébastien Tailhan, curé de Clermont-l'Hérault (25 mai 1837).

Les principaux actes par lesquels il signala son administration à St- Aphrodise furent les suivants : La dotation d'une rente de cent écus pour le soulagement d'un prêtre vieux et infirme (26 août 1838). L'exhumation dans la chapelle de Notre-Dame de Bon-Secours des restes vénérés de Jean-Jacques Martin, son prédécesseur, et leur translation solennelle dans la chapelle de Notre-Dame de Bonnes-Nouvelles, dite du Rosaire, sous un mausolée en marbre (20 juillet 1844). L'érection de la Confrérie

L'Ancien Qergé du Diocèse de MontpeJier.

de la Bonne-Mort (ii juin 1847) et de rArchiconfrérie du Sacré-Cœur de Marie, pour la conversion des pécheurs (20 décembre 1840). Le curé Tailhan,recommandable par sa charité, sa piété, l'intégrité de ses mœurs et sa science, s'endormit dans la paix du Seigneur, à l'âge de 80 ans, le 4 septembre 1848, et fut inhumé dans la chapelle de Bon-Secours.

Son évêque, juste appréciateur de ses mérites, Tavait nommé d'abord chanoine honoraire et lui conféra dans la suite le titre honorifique de vicaire général.

Cf. Ms. de Tabbé Durand, curé de Saint-Pierre de Lodève* — A. Coste, SaintnAphrodise^ apôtre de Be\iers et son église, à travers Us âges.

TAILHAN (Jean-Roch-Sibasiien),

frère du précédent, curé de Clermont et de Saint-Nazaire, né à Béziers, le lé août 1773, d'une famille honorable et chrétienne. Il était élève au collège de Béziers, lorsqu'il fut choisi pour exprimer la joie commune à l'Evêque Nicolay, à l'occasion de l'heureux succès de l'opération de la pierre. Il le fit dans une (( pastorale » qui lui valut l'admiraticn de tous et l'amitié du pontife. Celui-ci lui conféra la tonsure cléricale.

A la Révolution, il allait avec les prêtres consoler les mourants. Plus d'une fois, au péril de ses jours, il traversa des rassemblements populaires et porta le saint viatique, qu'il adorait dans son cœur, pendant que sa bouche fredonnait des airs patriotiques et que son front se cachait sous le bonnet phrygien.

Ce zèle si actif et si admirable de la part 'd'un simple clerc, le fit bientôt signaler comme fanatique et conduire à l'Hôtel-de-Ville. Parmi les griefs imputés, il en était un assez curieux: on l'accusait d'avoir « reçu du ci-devant évêque Nicolay la messe dans une lettre ». Le bon sens du président le fit renvoyer absous.

L'abbé Tailhan, muni d'un dimissoire signé par M. d'Houssière, vicaire général de Mgr de Nicolay, se rendit à Marseille avec trois autres ecclésiastiques, Royère, Delfau et Rouby, et là, avec l'autorisation du

grand-vicaire de Mgr de Belloys, alors absent de Marseille, ils reçurent, tous quatre, des mains de Mgr Fallot de Beaumont, évêque de Vaison, les ordres mineurs et le sous-diaconat, (le 19 octobre 1800), le diaconat (24 octobre), et la prêtrise (30 octobre). Tailhan célébra sa première messe dans une maison particulière, en présencs de quelques rares personnages.

Peu après son élévation à la prêtrise, il reçut Thonorable et difficile mission de travailler à rattacher à Tunité catholique les paroisses de Cazouls-les-Béziers, de Maureilhan et de Puisserguier. La haine des constitutionnels fit échouer ses efforts. Il courut même des dangers. Ce nit alors que la paroisse Saint-Nazaire, de Béziers, reçut les prémisses de son ministère. Il s'attira Testime et l'affection du curé Daumas. Il prêcha la station du carême à Carcassonne, L'évêque de ce pays, désireux de se l'attacher, lui offrit une des premières cures de sa ville épiscopale. L'humilité et peut-être aussi l'amour du pays natal le rendirent à sa patrie.

Après un court vicariat à Bédarieux, il revint à Béziers, sur la demande du curé Vigues, pour remplacer à la Madeleine son frère, nommé curé de Saint-Jacques. C'est sur ce nouveau théâtre que brillèrent du plus vit éclat le zèle et le talent du pieux abbé. Mgr Fournier apprécia, comme il le devait, son zèle et sa piété et le nomma à la cure de Clermont-rHérault, devenue vacante par la démission de Joachim Granier (18 janvier 18 16).

Le nouveau titulaire parut un moment effrayé par les difficultés de sa tâche ; mais se confiant en Dieu, il donna un nouveau cours à son ardente activité qui faisait le fond de son caractère. Inutilement, l'autorité ecclésiastique l'appelle à des fonctions plus importantes; c'est â Clermont, cette seconde patrie, qu'il voue son amour et sa sollicitude, jusqu'au moment où Mgr Thibault, secondé par les pressantes instances du curé de Saint-Jacques, parvint, après bien des luttes, à le décider à échanger son doyenné contre l'archiprêtré de Saint-Nazaire. Le pasteur trop aimant quitta Clermont le lé août 1842.

U Ancien Clergé du Diocèse de Montpellier.

L'installation de Pabbé Sébastien Tailhan à Saînt-Nazaire eut lieu peu de jours après son arrivée à Béziers. Ce qu'il avait été à Clermont, il le fut dans sa nouvelle paroisse, et un intervalle de trois jours, à peine, sépara la plénitude de sa vigueur et de ses facultés, de l'impuissance et l'inertie de la mort. En 1846, au milieu de ses prédications de l'Avent, il fut saisi d'un refroidissement qui le précipita au tombeau. Il mourut le 24 décembre, après avoir reçu les sacrements^ pendant que ses ouailles se réunissaient à l'église pour l'office de la nuit de Noël. Les précieux restes de ce curé modèle reposent dans un des caveaux du cloître deSaint- Nazaire.

On a dit, avec raison, que la vie d'un tel prêtre « honorait sa patrie, le sacerdoce et l'humanité ». Ses supérieurs ecclésiastiques le comblèrent de distinctions ; quand il mourut, il portait les titres de chanoine honoraire de Montpellier et de Carcassonne, archiprêtre de Saint-Nazaire et vicaire-général honoraire de Montpellier.

Cf. A. Durand, Biographie Cîermontaise, p. 128.

TAILHAN (Etienne)l

oncle d'Antoine et de Sébastien Tailhan, prêtre, prieur de Saint- Jean d'Aureilhan, prébende en 1766, à Saint- Aphrodise. Insermenté. Pension : 1200 livres. Déporté d'Agde à Nice, le 11 septembre 1792, âgé de 74 ans.

TAILLEFER (^ndré),

prêtre, originaire du diocèse de Rodez, né le 13 octobre 1734, curé de Saint-Etienne d'Yssenac (25 mars 1767), pourvu de la cure de Saint- Geniez-des-Mourgues et de Sainte-Colombe, par permutation avec Taill'efer, son oncle (18 avril 1768). Il prêcha des Quinzaines à Saint- Gêniez et à Saint-Christol (1767).

Il avait prêché une Quinzaine à St-Brès (1766). Il promit de donner à l'abbesse de Saint-Geniez un état des novales; de lui restituer et rembourser les quatre setiers missure, au prix courant que le fermier de ce

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