I. Les Constitutionnels
En apprenant la mesure prise contre lui, Tapostat voulut s'y soustraire et se rendit à Agde pour s'y cacher. Surpris dans cette ville par un agent de police qui lui demanda son passeport, il répondit qu'étant étranger, il allait repartir pour Gênes, qu'il disait être sa patrie ; mais il fut bientôt reconnu par plusieurs catholiques comme jureur, fugitif de Vias. Pour les empêcher de le dénoncer, il s'adressa à un prêtre réfractaire, le suppliant d'entendre sa confession et de recevoir sa rétractation, disant, l'hypocrite ! qu'il craignait de périr en mer, sans être absous de ses crimes. Il espérait, par l'intermédiaire de ce prêtre, arriver jusqu'au grand-vicaire l'abbé de Gohin, pour en obtenir un certificat de rétractation.
Celui-ci refusa de le recevoir et lui conseilla de s'adresser au grand vicaire de Toulouse, attendu que c'était dans cette ville qu'il avait juré et apostasie et où il était nécessaire qu'il se rétractât.
Il écrivit aussitôt à Toulouse pour donner au grand vicaire les assurances les plus expresses de la sincérité de sa conversion et en même temps pour demander son renvoi à Agde, attendu qu'il craignait d'être arrêté en chemin, s'il se mettait en route pour Toulouse. L'abbé Du Bourg, qui était le vicaire-général auquel il avait écrit, fut si touché du retour de ce misérable, qu'il était disposé à faire imprimer sa lettre pour l'édification publique et qu'il le renvoya à l'abbé de Gohin pour recevoir sa rétractation et l'absoudre. Dans cet intervalle l'ex-père affectait d'assister aux offices des catholiques. Ceux-ci le regardaient avec horreur ; mais l'attention qu'il avait de ne pas entrer dans leurs oratoires et de se tenir dehors, à la porte, en pénitent humilié, fît naître en eux des sentiments bien différents. Ils allèrent jusqu'à faire une quête en sa faveur. Il fut chassé d'une maison, parce qu'il y déclara son dessein de se rétracter et de détromper tous ceux qui avaient reçu de lui des absolutions nuptiales.
Mais le grand vicaire de Gohin ne voulait pas se charger de le réhabiliter, et l'envoyait en Italie, qu'il disait être son pays natal ; malgré
cela Broquisse continuait à résider à Agde^ bien servi dans sa résistance par la municipalité qui affectait d'ignorer le mandat d'arrêt lancé contre lui. Il s'était procuré quelques ressources en donnant des leçons à de jeunes enfants. Cette obstination à ne pas vouloir quitter Agde et l'affectation de l'autorité civile à l'y souffrir et à lui laisser diriger sa petite école, rendaient la sincérité de sa conversion bien suspecte dans la pensée de l'administrateur du diocèse, qui voulait le renvoyer demander au Pape la pénitence due à ses apostasies et l'absolution. Broquisse convenait qu'il avait mérité d'être interdit pour le reste de ses jours de toute fonction des ordres ecclésiastiques et disait qu'il regarderait comme une grande miséricorde l'admission à la simple communion laïque. Malgré tant de protestations verbales et écrites, on ne l'écouta pas. A la fin cependant on lui accorda l'absolution sacramentelle mais non point l'absolution des censures.
Cf. Ms. de Tabbé de Gohin .
CABASSUT (Jean-Pierre),
né le 8 août 1764, était curé d'Avène lorsqu'il prêta le serment. Pension 1200 livres. « Le procès-verbal de sa déprêtrisation fut envoyé par le procureur syndic de Lodève au procureur-général syndic du département le 16 frimaire an II (6 décembre 1793). — En 1807, il était succursaliste à Aspiran avec pension de 266 fr. 66 cent., mais bientôt il dut abandonner cette paroisse et se retirer à Avène où il était sans emploi. Les notes de Mgr Fournier le disent « constitutionnel, sujet détestable. »
Cf. ProcèS'Verb. de l'Assemblée administrative tôxn. IV p. 185 ; — Arch. de l'Eve ché, Tableau du Clergé du Dioc. de Montpellier , fait en 180^.
CALVET (Louis -François) y
né à Lodève, le 13 août 1768. Entra au noviciat des Pères Doctrinaires, le 22 octobre 1784. Il appartenait au couvent de Lodève lors de 'la suppression de son Ordre. Nommé professeur de seconde au Collège de