‹ L'ancien clergé du diocèse de MontpellierChapitre 34 sur 324 · I. Lis Constitutionnels · texte numérisé non relu

I. Lis Constitutionnels

Gordeliers de la grande manche, à Agde. Il s'y présenta et fut reçu, quoique assez connu pour son peu de talent, par la raison que ces religieux manquaient de sujets. Il devint même dans la suite gardien de cette maison, mais privé de la considération publique. Peu lui importait : il trouvait dans sa position les choses nécessaires à la vie et s'estimait fort content. La nation le troubla dans son bien-être en supprimant son ordre. Il aurait pu, à l'exemple de nombre d'autres religieux, se confier à la Providence et sortir du royaume, pour ne pas jurer. Il n'eut pas le courage de prendre ce parti. Loin de là ; il prêta le serment et se lia avec plusieurs jureurs, communiquant avec eux et avec l'évêque-intrus qui le laissa oisif.

« Mais comme il eut bientôt épuisé les dernières ressources de son couvent qu'il s'était ménagées, il pensa qu'il lui serait avantageux de se rendre à Mèze, son pays natal, où il avait un frère marié, et dont la paroisse était administrée par un prêtre assermenté. Le curé accepta son concours pour l'assistance aux offices ; mais sans lui venir aucunement en aide de sa bourse ». Le cordelier jureur revint à Agde, où il remplit les fonctions de vicaire, ce qui lui valut une pension de 1200 livres. Le 3 octobre 1797 il n'exerçait plus le ministère.

Cf. Arch. de l'Hérault. L. 443 bis; — Ms de Tabbé Du Gohin.

CLARENQ (Antoine)

avait été pourvu de la cure de Saint-Guilhem-du-Désert par le chapitre de l'abbaye de Saint-Guilhem. Il prêta le serment et reçut de l'évêqueintrus la mission d'opérer la démarcation des paroisses du canton du Caylar (19 mai i79i).Tindel ayant été nommé curé de Saint-Guilhem, Clarenq continua d'exercer le culte, mais en qualité de vicaire. Sa pension, arrêtée à 1200 livres, ne lui était pas payée. Clarenq écrivit à l'Administration centrale pour en réclamer les arrérages échus. Les pièces qu il produisit à cet effet furent trouvées insuffisantes; attendu que sa nomination avait été faite non par l'assemblée électorale mais par l'ab-

baye. Néanmoins Clarenq, d'accord avec Tindel, s'occupait encore de l'administration de la paroisse le 13 vendémiaire an VI (4 octobre

Cf. Arch. de l'Hérault, L. 443 bis.

COLLOMB (Jean-TierreX

né à Monpellier, vers 1736, curé de Nébian, chargé par Pondérons de la démarcation des paroisses du canton de Saint-André (19 mai 1791). Décédé le 22 novembre 18 18, âgé de 82 ans.

CONTE (Honoré-Jean),

prêtre Capucin, nommé gardien du couvent de Notre-Dame-du-Grau, • prêcha dès son arrivée à Agde quelques sermons détachés, qu'il débita en tremblant et qui parurent médiocres aux paroissiens de Saint-Etienne.

A peine la suppression de son couvent fut-elle prononcée et la loi du serment publiée qu'on le vit se montrer publiquement en costume séculier, dépouillé de sa longue barbe et se faisant appeler M. l'abbé Conte Il ne quitta point la ville d'Agde et prit l'habitude d'assister aux clubs. Tous ses soins avaient pour but de s'attirer des partisans. L'évêque-intrus lui donna des pouvoirs et le nomma vicaire de la paroisse de Saint- Etienne, On le vit s'empresser auprès Je Pondérons, dans la cérémonie de la confirmation de quelques enfants. Sa société habituelle était composée des prêtres jureurs comme lui : Payen, ^uré, Bertrand, prêtre étranger au diocèse et qui s'était fait adjuger la cure de Saint-Sever et Rolland, prêtre d'Agde, connu par la faiblesse de son esprit. Lorsque les trois paroisses d'Agde, Saint-Etienne, Saint-André et Saint-Sever furent réunies en une seule (Saint-Etienne, l'ancienne cathédrale) Conte et Rolland firent peur à Payen, qui partit pour son pays, après avoir livré ses lettres de prêtrise. Les autres jureurs demeurèrent maîtres de la situation. L'ex-capucin s'était fait nommer pro-curé, au grand détriment de Rolland, qui consentit cependant, pour conserver sa part de casuel, à pas-

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