II. Lts Rétractants
pas comme curé, mais comme simple vicaire. Déprêtrisation (14 décembre 1793). Après la restauration du culte, succursaliste à Salelles et Saint- Fréchoux. En 1807, succursaliste à Caux, canton de Pézenas. Pension 266 fr. 66 c.
Cf. Troc, verh, IV. 410. — Arch. derÉvêché.
CABRIÉ {Jean),
né le 28 décembre I7S7> ex-Bénédictin, prêta le serment et devint vicaire constitutionnel de LafFon, à la Madeleine deBéziers (du 15 mai 1 791 au 20 mai 1792). Il reçut la promesse d'une pension de 1350 livres. Après sa rétractation, il sut se faire estimer. En 1807, il fut chargé d'administrer Mourcairol, Villecelle et les Aires, avec pension de 266 fr. 66 c. Il mourut le 12 septembre 18 14, étant curé de Gabian et Fouzilhon.
CALMELS {Jean),
né en 1729, curé de Coulet (?), assermenté. Pension 1200 livres. Aumônier des Pénitents de Clermont, à la restauration du culte, décédé le 2 décembre 18 12, âgé de 84 ans.
CAMPAGNOL (Jacques),
né le 18 juillet 1766, curé de Loupian, s'était emparé de l'église paroissiale au moment où Thomas, nouveau curé, venait de prendre possession de la charge pastorale. Campagnol signa les actes du Synode de Béziers, faisant suivre son nom de la qualification de curé de Loupian, et prêta tous les serments qu'on lui demanda. En 1797, il exerçait le culte àMèze. A la paix religieuse, il fut nommé curé de Mèze (1803); ^^^^ toujours mal vu de la population à cause de son ancien serment schismatique et par Mgr Fournier, à raison de son manque de zèle. Il décéda le 8 juin 1834.
Cf. Arch. de THérault, L, 443 his\ — Arch. de TEvéché de Montpellier; Reg. des Décès,
CASTE L (Jean-Jacques),
curé de Saint-Jean-de-Montferrier, commune d'Ambres (Tarn), né à Castanet-le-Haut, près Saint-Gervais, le ii mars 174$, était du nombre de cette multitude de prêtres qui comptaient beaucoup sur la grande , transformation politique de 1789. Le 14 juillet 1790, il assistait à la fête de la Fédération à Saint-Gervais et signait le procès-verbal, faisant suivre son nom de la qualité de curé; mais les événements lui ouvrirent les yeux. Le 20 floréal an III (9 mai I79S)> il se présenta devant le conseil général de Castanet et dit à haute voix : « Vous savez que le 21 avril 1793, je prêtai en votre présence lesermexit de maintenir la liberté et l'égalité et d'être fidèle à la République. Depuis, j'ai reconnu mon erreur; je me repens sincèrement d'avoir fait ledit serment; je le rétracte du fond de mon cœur, purement et simplement, sans aucune restriction, comme contraire à ma conscience et à la religion catholique, apostolique et romaine. J'abjure tout le venin renfermé dans cet infâme serment et tout ce qu'a fait la République contre le spirituel. Je déclare que je ne reconnais d'autre église que l'Eglise romaine, hors de laquelle il n'y a pas de salut, ni d^autre évêque que celui qui siégeait à Castres en 1789, et je désire que ma rétractation soit connue de tout le monde, pour réparer le scandale que j'ai donné, dont je veux faire pénitence avec la grâce de Dieu... »
Le registre du conseil ajoute : « Il a fait le serment contre son gré et pour complaire à toute la commune. Sur ce serment, l'administration de Lacaune lui permit de dire la messe, qu'il a dite du 25 mai 1793 au 25 novembre suivant. Il cessa du moment que la décade arriva, ne voulant pas contribuer à la perte du dimanche. Il a toujours édifié la commune par sa vertu et sa régularité; nous n'avons jamais regardé M. Castel comme un intrus, tout le temps qu'il est resté ».
Après cette rétractation, Castel n'avait plus qu'à se déporter. Il se rendit en Italie, passa à Bologne, où s'étaient réunis à ce moment plus de cent prêtres français. Sur son chemin, il vénéra le sanctuaire de Notre-
n. Les Rétractants.
Dame de Lorette et s'arrêta à Macérata, où il fut accueilli, sur la recommandation de l'évêque de cette ville, dans la maison des Missionnaires.
En 1795, il imita l'exemple que lui donnaient tant de ses confrères et rentra en France. Bientôt il se vit dans la nécessité de se cacher. Il le fit de son mieux; mais un jour, des gendarmes de la brigade de Saint- Gervais l'arrêtèrent sur le chemin qui conduit de cette commune à c^lle d'Hérépian (19 ventôse an VIII, 10 mars 1800). Heureusement pour lui, l'arrestation ne put pas être maintenue; quelques habitants de Saint-Gervais ayant favorisé son évasion.
La brigade ne se tint pas pour battue, elle redoubla de vigilance et finit par découvrir le fugitif dans la maison d'un nommé Elzéar Vidal: Castel tombe au pouvoir de quatre gendarmes qui se disposent à l'emmener. Le prêtre semble suivre le mouvement qu'on lui imprime, tandis qu'en réalité c'est lui qui donne l'impulsion; il sait où il veut en venir. Au moment où le gendarme qui était devant la porte d'une petite pièce, attenant à la cuisine, veut se tourner pour échanger quelques mots avec ses camarades, Castel disparaît à la faveur d'une planche qui bascule sous ses pieds. Au même instant, le représentant de la force publique s'aperçoit de Tévasion, il crie à ses compagnons et tous courent bien loin à la recherche de celui qui est bien près. Aussitôt, branle-bas général ; tout est en l'air, avec la maréchaussée, l'administration municipale, la garde nationale, le juge de paix ! On se livre à de nouvelles perquisitions dans les maisons voisines et autres. On cherche... mais pour le moment c'est en pure perte !
Après la Révolution, l'abbé Castel reprit la direction de la paroisse de Castanet, avec pension de 266 fr. 66 c. — Décédé le 8 juillet 1835.
Cf. Arch. de l'Hérault, L; — Arch. municip. de Saint-Gervais, Reg. des délib. no 7, de 1793 à 1810, 2 germinal an VIII (23 mars 1800); — Rossignol, Les 'Prêtres dudép, du Tarity p. 41 ; — Ms de Tabbé Gourgon; — F. Saurel, Hist, relig, du dép, de V Hérault, iv, 9 ; — Arch. de TEvêché, Tîff . des Décès.
3] l'ancien clbrgé du diocésb de montpelukk.
CASTELBON (Alexandre-Roch),
né le 16 août 1764. Sucursaliste à Cornion (canton de Saint-Pons) en 1803; à Saint-Étienne d'Albagnan (canton d'Olargues) i*'*" mars 1807; à Prémian (canton d'Olargues), i'*" mars 181 1. — Pension 266 fr. 66 c. Décédé le 6 avril 1829.
Cf. Arch. de l'Hérault, L, 443 bis, 446; — Arch. de l'Evêché, l^eg. des Décès.
CLAVEL (Pierre-Vincent),
curé d'Agel, canton de Saint-Chinian, né le 22 janvier 1764, jureur rétractant, habitant à Vélieux (canton de Saint-Pons) 6 frimaire an VI (26 novembre 1797). Au rétablissement du culte, succursaliste à Saint- Guilhem-du-Désert (1803), avec pension de 266 fr. 66.
DE COIGNE, chanoine d'Agde, dit de Fabrécolis,
né dans le Berri, d'un militaire mieux pourvu en noblesse qu'en fortune, commença ses études au Collège de Bourges. Il les interrompit brusquement, quitta son pays et sa famille et voyagea dans différents pays. A Angers, il gagnait sa vie dans une tuilerie, où on lui donnait cinq sous par jour. La misère le ramena comme l'enfant prodigue dans la maison de son père. Revenu à de meilleurs sentiments, il embrassa la carrière ecclésiastique, reçut la tonsure et partit avec son père qui venait d'être nommé officier de milice et se rendit à Agde. Au chapitre cathédral de cette ville^ ils trouvèrent un de leurs parents, M. de Persy, précédemment chanoine de la cathédrale de Chartres, qui pour se rapprocher du Comt^t Venaissin, où il avait un frère, commandeur de Malte, M. de Coigne le courtisa si bien en lui offrant d'aller finir paisiblement ses jours en Berri, chez lui, où rien ne lui manquerait, et à résigner son canonicat à son fils, que le bon homme y consentit. Il y vécut peu et regretta même de s'être dépouillé de la sorte. Il écrivait, en effet, à un de ses amis : « Je suis sorti nu du sein de ma mère, je sortirai d'ici nu. » Quoi qu'il