‹ L'ancien clergé du diocèse de MontpellierChapitre 60 sur 324 · II. Les Rétractants · texte numérisé non relu

II. Les Rétractants

GROS {Barthélémy),

né à Pézenas le 15 janvier 1766, professeur de cinquième au collège de Riom, dirigé par les Oratoriens, fit le serment schismatique dans Téglise Saint- Amable de Riom (16 janvier 1791). Se retira à Florensac^ après s'être fait délivrer des certificats à Riom et à Clermont-Ferrand. Sa qualité d'assermenté lui permit de rester dans son pays natal. L'évêque constitutionnel du Puy-de-Dôme, François Périer, l'avait cependant retenu pour occuper une place parmi ses vicaires épiscopaux chargés de la direction du séminaire. (29 décembre 1791). Pendant qu'il habitait Florensac, Barthélémy Gros fit tous les serments qui lui furent demandés et signa les actes du synode de Béziers, prenant le titre de curé de Florensac. Le 2 prairial an XI (22 mai 1803), il écrivit de Florensac au sous-préfet de Béziers que la commune de Florensac était la seule de tout le ci-devant diocèse d'Agde où le service public n'avait pas lieu, et demandait l'exécution de la loi du 18 germinal an X (8 avril 1802), avec l'autorisation pour lui d'occuper le presbytère qui n'était point habité. On lui répondit par un refus. On dressa même un procès-verbal contre lui, pour avoir accompagné un convoi funèbre avec chants, costume ecclésiastique et sonnerie. L'évêque concordataire, M. Rollet, trouva le moyen de se débarrasser de ce jureur au moyen ài'Mnexeat (23 mars 1804). Nommé par Mgr Périer (devenu évêque concordataire d'Avignon, dont le diocèse embrassait le Gard) curé du Pont-Saint-Esprit, où il mourut en 1836, après avoir dirigé cette paroisse environ trente ans.

Cf. Arch. de l'Hérault, L. 443 ; et V. Culte CaiJMlique, Clergé, ans X et XI ; — Arch. de TEvôché. Ms. de Mgr Fournier : Etat du Clergé du diocèse de Montpellier,

GUIBERT (Jean-Jacques),

curé des Verrières, canton de Saint-Pons, né le 31 mai 1751. Jureurrétractant, déporté-rentré, fait sa soumission le 30 prairial an III (15 juin 1795). Mercier, agent municipal de Saint-Pons lui demande (24 pluviôse an IV, 13 février 1796), s'il a rétracté le serment qu'il avait prêté en

qualité de ci-devant curé des Verrières. Guibert répond qu'il n'a rien à dire; si ce n'est qu'il est soumis aux lois de la République. Mercier l'engage à répondre affirmativement ou négativement, lui disant que s'il persiste dans sa réponse évasive, on en induira qu'il a réellement rétracté son serment. Guibert répond : « Qu'on en induise ce qu'on voudra ; mais il n'y a point de loi relative à la rétractation du serment ». Pour le moment, on le laissa tranquille, puis on le rechercha de nouveau (le 26 novembre 1797). Il était alors caché à Saint-Pons. On le croyait à Vélieux. Sous l'administration de Mgr Fournier, Guibert redevint curé des Verrières, son ancienne paroisse. Mort à Saint-Pons en août 1834.

Cf. Arch. de l'Hérault. L. 44} bis; — Arch. de l'Ev. Tableau, etc. p. 263 ; Reg» des Décès.

GUIRAUD (Antoine-Barthélemy-Bernard),

né le 4 mai 1769, vicaire constitutionnel, choisi par le curé de Sainte- Anne, prêta le serment schismatique (14 octobre 1791), le serment liberté-égalité (19 septembre 1792); livra ses lettres de prêtrise au district, pour être jetées au feu (3 décembre 1793). Etant toujours domicilié à Saint-Pons, il fit sa soumission (25 prairial an III, 13 juin 1795). Serment de haine à Saint-Pons (2 vendémiaire an VI, 23 septembre 1797). A la restauration du culte il donna les marques non équivoques d'un sincère repentir et d'une conversion éclatante. On le nomma succursaliste à Saint-Julien (1803) canton d'Olargues. Dans la suite, on le nomma professeur au Séminaire (séance du 27 janv. 1808) on lui confia la direction du petit Séminaire de Montpellier, avec le titre de chanoine honoraire. Il décéda le 4 juin 1838, à l'âge de 69 ans.

Cf. Arch. de THérault, L, 445 bis. -^ Procès-vcrbaux de l'Assemblée administrative] t. IV, p. 364; — Arch. de l'Evêché. Reg. des Décès.

ISARD {Pierre)

né le 9 août 1752, vicaire à Gazedarnes, jureur. Pension 700 livres. En 1807, succursaliste à Creissan (canton de Capestang). Pension 266 fr. 66 c.

Cf. Arch. de l'Hérault, L, 446 ; — Arch. de l'Evêché ; Tableau du Clergé, p. 201.

IL Les Rétractants.

JEANJEAN {Jacques),

né à Montau, jureur, curé-intrus à Montau. Déprêtrisation (8 décembre 1793), rétractant, mort dans cette localité, quelques jours après sa rétractation.

Cf. Lettre de Vahhé Saisset à Mgr de Malide (18 juin 1796) ; — Proc, verh. IV. 385 .

JOULIAN (Michel),

né le 26 septembre 1756, curé de Fontes, jureur, exerçait encore le culte dans cette localité le 6 vendémiaire an VI, (27 septembre 1797). En 1807, on l'avait nommé succursaliste de son ancienne paroisse, avec pension de 266 fr. 66 c, décédé le 8 janvier 1826.

Cf. Arch. de l'Hérault; — Arch. de TEvêché; — Tleg. des Décès; — Bigot- Va- LENTIN, Hist. de Fontes, p. 361.

JUIN-SIRAN (Jean-Joseph),

desservant l'annexe de Prades, près Montpellier. Signa les actes du synode de Béziers. Sous Mgr Fournier, nous le retrouvons en possession de la succursale de Prades.

Cf. Arch. de l'Hérault, L.; — Arch. de l'Evèché.

JULIEN (Augustin),

né dans le diocèse de Béziers, le i" mars 1744, curé de Saint-Pons de Mauchiens, ancien chartreux, prêtre sans études, au dire de l'abbé dç Gohin, prêta le serment et demeura dans la paroisse qu'il entraîna dans le schisme constitutionnel. La chose lui fut bien aisée; la plupart des habitants de Saint-Pons étaient des gens simples et grossiers, se laissant diriger par leurs pasteurs. Ils se séparèrent de l'église catholique presque sans le savoir, comme leurs ancêtres avaient persévéré dans leur foi, sous la direction d'un prêtre, zélé défenseur de l'église romaine. En effet, vers le milieu du xvi" siècle, ce peuple avait eu le bonheur

U Ancien Clergé du diocèse de Montpellier,

d'être dirigé par un curé qui l'avait si bien instruit et qui avait si bien gagné sa confiance que personne ne se laissa entraîner dans les nouveautés du protestantisme, malgré les fâcheux exemples donnés par deux populations voisines, Saint-Pargoire et Montagnac. Bien plus : la municipalité de Saint-Pons de Mauchiens avait pris une délibération en vertu de laquelle serait chassé du pays quiconque donnerait ses enfants en mariage aux partisans des doctrines calvinistes.

Le district de Béziers avait promis 1200 livres et la cure de Montagnac à Julien. Celui-ci se laissa tenter par cette promesse, au grand scandale de ses paroissiens. Il approuva la constitution civile du clergé, par une cérémonie publique, dans l'église paroissiale. Il fut remplacé en chaire, après la prestation du serment par un étranger, nommé Fournier, arrivé tout récemment dans le pays, qui prêcha les droits de l'homme. « Cette chaire, dit-il, était autrefois appelée la chaire de vérité; elle n'était que la tribune du mensonge. » En entendant ces paroles qui heurtaient trop brusquement sort amour-propre, le cœur du prêtre assermenté éprouva une violente secousse; de sa plus grosse voix, il imposa silence au fougueux prédicateur.

Le district de Béziers tint sa promesse et, d'accord avec Tévêqueintrus, nomma Julien à la cure de Montagnac (mars 179 1); mais le jureur n'accepta pas.

Cependant le citoyen Fournier ne voulut pas se contenter du serment civique de son curé; il lui fallait des sacrilèges et des ruines ! Un jour, il fit monter ses bêtes de somme à l'église et leur donna à boire dans le bénitier. Quelques énergumènes entraînés par ses paroles et par son exemple, brisèrent à coups de marteaux le maître-autel en marbre et la statue de Notre-Dame du Bousquet, après avoir décapité la Vierge et l'Enfant-Jésus.

Quant à Augustin Julien il livra ses lettres d'ordination au district de Béziers en signe de son apostasie. Il revint pourtant sur cet acte de lâcheté, reprit à Saint-Pons, avec le consentement du pouvoir civil

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