II. Les Rétractants
rexercice du culte (ii vendémiaire an VI, 2 octobre 1797). Et puis ! et puis !... La grâce qui avait rappelé Pierre de son triple renoncement, toucha le cœur de ce malheureux et sur YtAlmanach ecclésiastique du département de VHérault, pour Van i8oj, son nom figure parmi les prêtres du diocèse, avec la mention :« succursaliste à Saint-Pons-de-Mauchiens; pension : 266 fr. 66 c. Il mourut le 18 avril 1809.
Cf. Arch. de l'Hérault. L. 443 ; — Ms. de l'abhé Dt Gohin; — L*abbé Blaquière, Hist. de Saint-Tons-de-^auehienSf p. 71.
LAGREFFE (Matthieu),
né le 9 novembre 1759, succursaliste à Thézan (1803). Pension : 266 fr. 66 c. Décédé le 30 octobre 1825.
Cf. Arch. de TEvêché, %^. des Décès.
LALLE (Joseph),
prêtre du diocèse de Montpellier, ayant été employé dans celui d'Albi. Né le 15 mars 1762. Exerçait le culte (10 vendémiaire an VI, i*"" octobre 1797). En 1807, succursaliste à Colombières (1807), Pension : 266 fr. 66 c.
Cf. Arch. de THérault, L, 443.
LAMARCHE (Jean-Jacques),
né à Saint-Etienne de Gourgas, le 3 mars 1762, curé d'Octon, jureur. Pension : 1200 1. Nommé curé de Saint-Etienne de Gourgas, Aubaigne et Parlatges (le 6 février 1807), et d'Octon, Mérifons et Saint-Martin (31 juillet 1812). Pension : 266 fr. 66 c.
MAISSONIER (Jean-Esprit),
né le 17 octobre 1754, succursaliste à Ferrières (canton d'Olargues) en 1803, à Montouliers (canton de Saint-Chiaian) i*''" octobre 1807. Pension : 266 fr. 66 c.
MARC (Louis),
né le 7 avril 1755, curé à Saint-Pierre de La Fage, jureur-rétractant, succursaliste à La Blaquière, canton de Lodève. Pension : 266 fr. 66 c. Succursaliste à La Vacquerie, Saint-Martin de Castries et Saint-Pierre de La Fage (1808). Nommé à Saint-Etienne de Gourgas (le"^ mars 1817).
Cf. Arch. de THérault, L. 443 et 446.
MARQUEZ (Pierre-[ean-Brujw),
curé jureur de Castries, reçu pénitent bleu avec Pondérons (28 juin 1791)^ devenu curé-intrus de Frontignan, il se déprétrisa, 13 décembre 1793. Il se rétracta dans la suite et déplora ses égarements, sous Mgr Fournier (14 avril 1807). On voulut bien se contenter alors de la formule qu'on exigeait de tous ces malheureux constitutionnels et apostats : « Je soussigné, me soumets de cœur et d'îlme à toutes les décisions de Pie VI sur les affaires ecclésiastiques de France et je condamne tout ce qu'il a condamné. En foi de quoi j'ai signé ». Mais l'administration diocésaine se montra plus difficile quelques mois après ; elle exigea de Marquez une déclaration franche et précise sur la nullité de tous les actes de juridiction faits par lui pendant son intrusion à Castries. Au mois d'octobre de la même année, on ne l'avait pas encore fait rentrer dans les cadres du clergé paroissial.
Cf. Procès-verhaux des délibérations de l'Assemblée administrative y tome IV, p. 364 ; — Saurel, M.'N. Fournier, p. 132; — Arch. deTEvêché, Msde Mgr Fournier.
MARTIN (Charles- Joseph),
né le II août 1742. Jureur, rétractant. En 1807, succursaliste à Joncels. Pension 333 fr. 33 c. Décédé le 12 mars 1828.
Cf. Arch. de TEvêché, Reg. des décès.
MARTIN (Marc),
Jureur. Ancien curé constitutionnel de PégairoUes, discontinua ses fonc-
IL Les Rétractants,
tions en 1793 et ne les reprit plus. Devint secrétaire de l'administration municipale. Il est classé par Mgr Fournier sur la liste des « Constitutionnels persévérants »; mais avant de mourir, il eut le bonheur de se « réconcilier » à Saint-Chinian.
Cf. Arch. de THérault, L. 443 ; — Arch. deTEvêché, Tableau du clergé, p. 301 ;
MATHIEU (Charles),
né à Mèze vers 1737, jureur, vicaire épiscopal de Pondérons, reçu avec lui Pénitent Bleu, à Montpellier, le 28 juin 1791. Livra ses lettres de prêtrise au district de Béziers (6 décembre 1793). Retiré à Mèze, il n'exerçait plus le culte (n vendémiaire an VI, 3 octobre 1797). Dans sa vieillesse, il eut le bonheur de rentrer dans le devoir et Mgr Fournier lui confia Taumônerie des Pénitents de Mèze.
Cf. Arch. de THérault, L. 443 bis; — Arch. de TEvêché.
MEMBRAT ([oseph-Pons),
né le II mai 1761, desservait le Galinier (annexe de Ferrais) lorsqu'il prêta le serment. Il exerçait le culte à Cruzy le 1 1- vendémiaire an VI (2 octobre 1797). En 1807, il était succursaliste à Roquebrun, avec pension de 266 fr. 66 c.
Cf. Arch. de l'Hérault, L. 443.
MIQUEL (Etienne),
Quelques' habitants de Cruzy (canton de Saint-Chinian) s'intitulant le Teuple Français, s'adressent au préfet de l'Hérault, par l'intermédiaire de leur maire, pour lui demander son intervention auprès de l'évêque du département, à l'effet de faire nommer le prêtre Miquel à la succursale de cette commune Le préfet répond : « Les habitants de Cruzy ne constituent pas cette portion des Français qu'on appelle le Peuple ». Puis il fait observer au maire qu'il est de son devoir d'éclairer ses concitoyens
U Ancien Clergé du diocèse de Montpellier.
sur Tobéissance et le respect qu'ils doivent aux Autorités constituées et à celles de l'Eglise (21 janvier 1803).
Au mois de mars suivant, les habitants de la commune de Prémian certifient que pendant les cinq ans que le citoyen Etienne Miquel avait dirigé leur paroisse, il avait constamment prêché la soumission aux lois, le respect pour les magistrats. Par son zèle éclairé, la commune avait toujours joui de la tranquillité dans des circonstances difficiles. Il avait su se concilier le respect et l'affection des deux partis. Il était le père des pauvres (20 ventôse an XII, 11 mars 1804).
Ce certificat, très honorable d'ailleurs pour le prêtre Miquel, servit de doublure et de pièce justificative à une longue lettre qu'il crut devoir adresser au préfet pour se justifier des accusations qu'il supposait avoir été portées contre lui.
Donnons quelques extraits de cette lettre ou plutôt de ce mémoire, qui porte la date du 23 ventôse an XII (14 mars 1804) : « Autier, Barrière^ Salvetat, Membrat sommes signalés comme des gens dangereux et comme étant les agents du roi d'Angleterre, de Pichegru et consors. La calomnie est trop grossière pour qu'elle fasse fortune auprès de vous, M. le Préfet... On veut nous faire passer malgré nous pour les suppôts des prélats réfugiés en Angleterre, nous qui sommes pour le moins les antipodes ; nous qui ne pouvons trouver le salut que sous le gouvernement actuel ; nous qui serions tous immolés si l'ancienne dynastie reparaissait... Si l'on voulait sincèrement la réunion, on aurait fait ici un mélange de prêtres, comme c'était le vœu du gouvernement. Dans cette ville, où les huit dixièmes sont d'une opinion différente, l'on a placé quatre prêtres et tous les quatre sont des prêtres émigrés qui dénoncent impitoyablement tous ceux qui ont fait des acquisitions illicites, qui ne parlent en chaire que de rebaptiser et de remarier. » Miquel termine sa lettre en disant qu'il avait longtemps présidé le département de l'Aude, « lequel avait été un des plus tranquilles. Je défie, disait-il, que personne dans ce pays ait à se plaindre de moi. »