‹ L'ancien clergé du diocèse de MontpellierChapitre 62 sur 324 · II. Les Rétractants · texte numérisé non relu

II. Les Rétractants

Le préfet, naguère chaud partisan de la Constitution civile du clergé, ne pouvait que faire bon accueil à pareille déclaration. Sa réponse, dans sa brièveté, était tout ce que Miquel pouvait désirer. « J'ai reçu, lui disait-il, la lettre que vous m'avez écrite, concernant les prêtres sur lesquels je suis chargé d'exercer une active surveillance. Vous n'êtes pas dans la classe de ceux-là » (28 ventôse, an XII).

Restait l'évêque. Miquel lui écrivit : « Monsieur l'Evêque, je sens. Monsieur, que je ne puis être bien avec moi-même, que je ne sois bien avec vous. Je vais donc vous faire, en matière de foi, ma déclaration devenue nécessaire, je ne sais comment ; car, vous devez voir que, d'après votre lettre de communion, toute explication ultérieure devient inutile. Voici donc ma profession de foi telle que Dieu la lit dans mon cœur. Je vous déclare. Monsieur, que j'adhère au Concordat; que je regarde le Pape comme le centre de l'unité; que je condamne et que j'approuve tout ce quç l'Eglise rejette et approuve; enfin que je vous reconnais. Monsieur, pour mon évêque légitime. Si, d'après cette déclaration, vous voulez bien me permettre de dire la messe dans une des deux églises qui sont ouvertes à Saint-Pons, je vous réponds de ne pas vous mettre dans le cas. de vous en repentir, étant par tempérament l'ami de l'ordre et de la paix. Si vous me refusez cette grâce, je ne conserverai pas moins pour vous les sentiments d'estime et de respect avec lesquels j'ai l'honneur d'être, etc. »

Après une lettre si respectueuse, si soumise, et qui ne ressemblait en rien à celle écrite quelque temps avant au préfet, il ne paraissait pas possible que le vieux constitutionnel repentant ne fût pas admis dans la grâce de l'Evêque. Le vicaire général, Treil de Pardailhan, lui écrivit cependant que le prélat ne pouvait encore lui accorder la faculté de dire la messe dans son diocèse. On voulait éprouver la solidité de sa conversion.

Cf. Arch. de l'Hérault, L.; — F. Saurel, Hist. reïig, dndèp, de V Hérault, IV, 180.

4] L*ANCini CLlRGi DU DIOCBSB DB MOXTrELLIBR.

MIRON {Jean-André) dit le Père André,

né à Réalmont vers 1718, prêtre capucin à Pézenas, jouissait de la plus grande estime dans son ordre, à cause de la régularité de sa conduite. Devenu gardien du couvent de Pézenas, il eut la faiblesse de prêter le serment et persévéra dans son schisme jusqu'au-delà du temps fixé par Pie VI pour sa rétractation. Il se soumit enfin, à Réalmont, en présence d'un délégué apostolique. Après avoir reçu Tabsolution et avoir été relevé de ses censures, il revint à Pézenas, et comme il y avait peu de prêtres catholiques, il fut autorisé à entendre les confessions. Il vivait retiré chez une ancienne religieuse capucine. L'abbé de Gohin observe que le Père Miron fut d'un petit secours pour le curé de cette paroisse ; sa chute lui ayant fait perdre la confiance des fidèles. Il mourut dans de bons sentiments.

Cf. Arch. de l'Hérault, L, 443 his\ — Ms de l'abbé de Gohin.

MONTAGNOL,

curé constitutionnel de Lunas, déprêtrisation (4 décembre 1793). — Après le rétablissement du culte, résidant à Bédarieux sans emploi; — succursaliste au Mas-Blanc; — Décédé le 14 février 1832.

Cf. *Proc. verb. IV, 358; — Arch. de l'Evêché, Tableau du Cierge, etc., p. 186.

MONTROUZIER {Etienne),

né le 25 mars 1745, curé à Saint-Félix de Lodez, prêta le serment, cessa toute fonction à la promulgation de la loi du 19 fructidor, et rétracta son serment. Nommé succursaliste dans son ancienne paroisse, le 27 février 1807, et à Lacoste, canton de Clermont, le 13 décembre 1810, décédé le 27 janvier 183 1.

Cf. Arch. de l'Hérault, L, 44} ;ordo pour 1832. Arch. de l'Evêché, Reg. des Décès,

PAGES (André-Barthélémy),

né le 27 septembre 1765, curé-jureur de Beaufort. Pension 1200. —

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