II. Les Rétractants
Exerce le culte à Beaufort (lo vendémiaire an VI, i**" octobre 1797). Rétractant. — Sous Mgr Fournier, succursaliste à Cébazan (canton de Saint-Chinian), pension 266 fr. 66,
Cf. Arch. de THérault, L. 445 «446.
PEYRONNET {Antoine),
Curé de Saint-Clément, reçoit des lettres de pro-curé de Montferrier (9 février 1768). — « Attendu que l'article 9 porte que les portions congrues seront quittes et franches de toutes charges, Peyronnet se réserve (vis à vis de Tabbaye d'Aniane) le droit de clerc, menues dépen-^ ses et tous autres droits. — Il ne jouit que d'un enclos et jardin, faisant partie de la maison presbytérale, (28 décembre 1769). Il fut nommé curé constitutionnel de Murviel-lès-Montpellier, dans l'assemblée du 7 janvier 1790. Pour la nouvelle élection des officiers municipaux, notables et autres qui doivent former le conseil général de la commune, il est élu président du bureau pour les élections. — Mais il ne paraît pas avoir joui longtemps de la confiance publique, car dans le Conseil général du 16 novembre de la même année, le président dit que, « de temps immémorial, il y a eu pour le service de la paroisse un curé résidant et un vicaire. Ce dernier arrivait ici toutes les veilles des dimanches et des fêtes, et n'en partait que le lendemain. Depuis que le curé Peyronnet a été nommé curé, il a trouvé le moyen de ne pas avoir de vicaire, et peutêtre il a fait tout ce qu'il a pu pour l'écarter, et cependant il y a une grande partie des habitants qui ont des raisons pour ne pas se confesser à lui, de sorte qu'il y en a qui ne se confessent pas et ne reçoivent pas les secours dont ils auraient besoin. Le Conseil charge le procureur d'adresser une requête au Directoire du département et partout où besoin sera, pour demander qu'il y aura non seulement un curé, mais encore un vicaire ».
A la restauration du culte, l'Administration diocésaine peu contente, sans doute, de la conduite de Peyronnet, ne le comprit pas dans les
cadres du clergé paroissial. Cependant, le 25 septembre 1807, sous Mgr Fournier, on s'occupa de le tirer de Saint-Pons où il avait sa résidence, pour le placer à Olonzac, en qualité de vicaire et, peu après, on le nomma succursaliste à Fraisse dans le canton de La Salvetat.
Cf. Arch. municipales dcMurviel, Reg, des Délib,, 7 janvier et 16 novembre 1790. — Arch. de l'évêché de Montpellier.
PISSÈNE (Antoine),
né le 10 mai 1759, curé-jureur de Siran, diocèse de Saint-Pons. Pension 1200 liv., exerçait le culte à La Livinière (10 vendémiaire an VI, i*"" octobre 1797). — En 1807, succursaliste à Félines Hautpoul, pension 26e fr. 66 c.
Cf. Arch. de l'Hérault, L. 443.
PLANÉS (Jean),
curé-jureur de Ferrières. Pension 1200 liv. — Exerce le culte (2 vendémiaire an VI, 23 septembre 1797). — Sous Mgr Fournier, succursaliste à Cabrerolles (canton de Murviel), décédé le 31 mars 1833.
Cf. Arch. de THérauIt, L, 446. — Arch. de TEvôché, Reg. des T>écès.
TLAUSOLLES,
curé-jureur de Margon, livra ses lettres de prêtrise au district de Béziers. Pension 1550 livres. Rétracté sous Mgr Fournier et nommé succursaliste de Cabrerolles et Caussiniojouls, dans le canton de Murviel.
Cf. Arch. de Tévêché.
PONS (Grégoire),
curé de Clermont-l'Hérault, naquit dans cette même ville, le 14 janvier 173 £. Ordonné prêtre en 1761,11 fut immédiatement nommé vicaire dans son pays natal, et, six ans après, prieur-curé de la paroisse Saint-
n. Les Rétractants.
Paul de Clermont. Son nom figure sur les registres de catholicité, comme prieur-curé, à dater de Tannée 1767; on l'y retrouve encore en 1806. C'est un intervalle de près de quarante ans. Pieux, instruit, attaché à son troupeau, dévoué au bien des âmes, il manquait d'énergie dans les circonstances graves. Aidé d'une association de personnes charitables, dites « les Dames de la Miséricorde >j, il déployait un grand zèle pour secourir les pauvres. Que de fois les malheureux eurent occasion de bénir cet apôtre de la charité ! que d'infortunés trouvèrent dans le sein de sa sollicitude le pain qui devait les nourrir ! les vêtements destinés à couvrir leur nudité ! Avec un seul vicaire, il fallait pourvoir aux besoms religieux d'une paroisse de 6,000 âmes, trouver du temps pour la chaire, le confessionnal, l'autel ; suffire aux exigences de plusieurs aumôneries de pénitents et autres corporations religieuses. Il rencontrait, il est vrai, de précieuses ressources et d'utiles auxiliaires chez les Dominicains et les Récollets. Ces bons religieux se prêtaient avec le plus louable empressement à soulager le pasteur. Ils prêchaient, confessaient, présidaient même quelquefois les cérémonies paroissiales. Largement doté de l'esprit de conciliation, il maintenait le calme au milieu d'un peuple facile à s'exalter, à la veille surtout de la Révolution. Le vénérable Prieur, avec une bonté toute paternelle, savait ramener les esprits égarés.
Les premiers symptômes subversifs éclatèrent à Qermont le 15 avril 1789, à l'occasion de la cherté des grains. Le triomphe de l'anarchie fut célébré par une fête tumultueuse à laquelle il se mêla, malgré ses cheveux blancs. Il se vit contraint de courir la ville à la suite d'une multitude en déHre, aux chants d'hymnes patriotiques. Hélas! ce n'était pour l'infortuné prêtre qu'une série de chutes humiliantes. Après avoir comme tant d'autres prêté serment de fidélité à la nation, à la loi et au roi, qui n'était nullement répréhensible, il finit par prêter le serment à la Constitution civile du clergé, ignorant il est vrai la condamnation qui en avait été prononcée par le Saint-Siège. Le 14 juillet 1791, jour anniversaire de la Fédération, il parut en chaire et, d'une voix émue qui trahissait
V Ancien Clergé du diocèse de Montpellier,
son trouble, il prononça un discours patriotique, en présence de la foule assemblée, discours qu'il termina par le fatal serment. Pension 2,400 fr.
La faiblesse du prieur-curé ne le sauva point. Son église fut fermée. Il comprit alors sa faute et rétracta son serment; mais toujours fluctuant et faible, il retira bientôt cette rétractation et devint même un des membres les plus zélés de la société populaire, paraissant à la tête de toutes les réjouissances.
Ces tristes détails sont fournis par les procès-verbaux officiels, dans lesquels nous lisons encore : « Un civisme si pur et si constant n'a pu être effacé par un moment d'erreur, qu'une conscience mal à-propos alarmée, éleva dans son esprit au sujet de son serment, et lui en fit faire une rétractation, qui fut dans peu de jours elle-même rétractée et rendue publique. Ce respectable citoyen a un civisme réfléchi, qui ne s'est jamais démenti ». Le malheureux dévoyé, roulant d'abîme en abîme, écrivit aux administrateurs du district de Lodève, 14 prairial an II (2 juin 1794), leur disant qu'il renonçait à ses fonctions sacerdotales et, en preuve, il envoyait ses lettres de prêtrise. Le a: ci-devant curé de Clermont, comme l'appellent les documents officiels, n'en fut pas moins arrêté et incarcéré à Montpellier. L'administration du département, appelée à se prononcer sur son compte, prit un arrêté, 21 prairial an II (9 juin 1794) dont les dispositions n'étaient nullement en rapport avec ses considérants. Après avoir rappelé qu'il avait remis ses lettres de prêtrise; qu'il ne saurait être regardé comme ecclésiastique, puisqu'il s'était déprêtrisé^ on décida qu'il serait provisoirement reclus. Puis, mis en liberté par Girot Pouzol,24 germinal an III (13 août 1795), ^' se retira chez un de ses parents à Saint-André, s'y tint caché et put à loisir méditer sur ses prévarications. Aussi fut-il très heureux de faire la déclaration qu'on exigea de tous les prêtres exerçant le culte ; déclaration par laquelle il adhérait au Concordat et reconnaissait pour son chef spirituel l'évêque du département, 17 messidor an X (6 juillet 1802).