‹ L'ancien clergé du diocèse de MontpellierChapitre 64 sur 324 · II. Les Rétractants · texte numérisé non relu

II. Les Rétractants

La liberté religieuse ayant été rendue à la France, le curé-jureur se soumit à la pénitence publique exigée pour sa réconciliation avec l'Eglise. Après trois mois d'épreuve, il fut admis à prononcer sa rétractation solennelle entre les mains de l'abbé Vigues, de Béziers, délégué à cet effet. Cet acte fut remarquable par l'édifiante humilité avec laquelle le pasteur repentant reconnut ses erreurs. A partir de ce moment, les choses prirent le cours régulier qu'elles ont conservé depuis. Le curé Pons gouverna la paroisse en bon prêtre, assisté de l'abbé Puech, qui lui succéda à sa mort, survenue le xi janvier 1806. Ami des pauvres, indulgent pour les autres, sévère pour lui-même, il fut pleuré comme un père, et ses obsèques furent des plus solennelles.

Cf. Arch. de l'Hérault, L, IH, V/i. Clergé^ Correspondance, 1 790-1 795 ; série L, 441, 443 bis et 446 ; — Extrait du Reg. de la Société populaire et républicaine de Cïermont, 12 nivôse an II (i^r janv. 1794; — Ms. de Tabbé Théobule Durand; — Auguste Durand, Biographie Cîermontaise, p. 48, et Annales de Clermont.

PUECH ÇMaximilien-%ayniond)y

né le 21 juin 175 1, vicaire du prieur Grégoire Pons, à Clermont, prêta le serment constitutionnel avec lui. D'après un Etat dressé à Clermont, le 2 vendémaire an VI, (23 septembre 1797), en vertu d'un Arrêté du Département, Puech écrivit au commissaire du Directoire exécutif près l'Administration municipale de l'Hérault (lettre sans date), que désormais il voulait vivre en simple citoyen : qu'on pouvait le surveiller. « Le vrai citoyen, ajoutait-il, ne craint pas d'être vu ». Il jouissait d'une pension de 800 livres. Réhabilité, en 1802, avec l'abbé Pons, et nommé succursaliste à Canet (canton de Clermont), il succéda au curé Pons, en 1806. Il demeura sans auxiliaire et ne se plaignit pas du travail. Mgr Fournier lui reconnaissait des talents distingués; et néanmoins ses paroissiens l'abreuvèrent de mépris à cause de sa conduite passée. Frappé d'une attaque d'apoplexie, on le trouva mort dans son lit, le matin du 29 mai ïiSio.

Cf. Arch. de l'Hérault, L. 443 bis; — Annales de Clermont, p. 54; — Arch. de rÉvéché de Montpellier.

QUINT A (Bonaventure),

né le 12 septembre 1751. Jureur, demeurant à Ferrais (2 vendémiaire an VI, 23 septembre 1797). Succursaliste au Galinier, canton d'Olonzac (1803), à la Caunette (1807), niême canton ; à Saint-Martial, canton de Saint-Pons, le 19 août 1809. Décédé le 14 octobre 1823.

Cf. Aroh. de l'Hérault, L. 446; — Arch. de TEvêché; Reg. des Dàh.

%EYNES (Antoine-Jean), né le 13 août 1749 &

%EYNES (Jean-Pierre),

né le 16 février 1758, étaient frères. Celui-ci curé du Gros, l'autre prieur des Rives, dans le canton du Caylar. Ils avaient prêté et rétracté le serment à la Constitution civile du clergé; mais ils écrivaient, le premier de Cros, le second de Sorbs, au président de l'Administration municipale du canton du Caylar, qu'ils iraient faire le serment voulu par la loi du 19 fructidor. Les deux lettres furent adressées au Département, le i*"*" thermidor an VI (17 juillet 1798)» Le même jour, l'administration municipale du canton du Caylar, ordonnait des visites au Cros et à Sorbs, pour l'arrestation des deux frères. Le curé de Sorbs avait rétracté publiquement, dans l'église du Caylar, son premier serment, entre les mains de l'abbé Carayon, curé de Saint- Jean de Buèges, déporté-rentré, grand-vicaire « assisté d'un autre mauvais sujet comme lui » un abbé Trinquier, prieur de Cazejourdes, dans TAveyron, également déportérentré. Quant au curé du Cros, il avait fait, à ce qu'on disait, sa rétractation quelques jours auparavant, peut-être dans l'église de Saint-Jean de Bruel, paroisse dont Carayon était curé.

Jean-Pierre Reynes, dit un jour à ses paroissiens qu'il discontinuerait ses fonctions pendant trois ou quatre mois et qu'il allait faire pénitence; mais qu'il reviendrait ensuite. Il revint en effet et se remit à exercer le culte soit à l'église, soit dans sa chambre, où il éleva un autel.

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