II. Les Rétractants
(Lettre du commissaire du T)irectpire exécutif près V Administration municipale du canton du Caylar, 7 tljcrmidor an VI, 2j juillet 1798,)
Peu de jours après (18 thermidor an VI, 5 ^oût 1798), !a brigade de gendarmerie en résidence au Caylar et six gardes nationaux, furent chargés d'exécuter des visites domiciliaires pour rechercher et arrêter les deux frères.
Une lettre de Jean-Pierre, curé du Gros, datée de Castries (21 brumaire an VII, 11 novembre 1798), assurait qu'il n'avait point rétracté son serment et traitait cette assertion de dénonciation calomnieuse. Le commissaire du Directoire exécutif près le département de TAveyron, affirmait de son côté que Jean-Pierre avait bien rétracté son premier serment entre « les mains du nommé Carayon, un des prêtres les plus fanatiques et les plus contre-révolutionnaires de ce département, qui se disoit muni de pleins pouvoirs de la part du ci-devant pape. Reynes étoit alors accompagné de son frère aîné qui fit la même rétractation. Ils avoient cédé aux menaces faites contre les prêtres assermentés. » (Lettre du commissaire du Directoire exécutif prés le T)épartement de rnAveyron^ 19 prairial an VII, 7 juin 1799.)
Ordre est en conséquence donné au commissaire du Directoire executif du Caylar, par le Département, d'arrêter les deux frères et de les traduire dans la maison de Justice, à Montpellier et, à la gendarmerie, de les conduire de brigade en brigade à l'île de Ré (29 prairial an VII, 17 juin 1799). Ces mesures reçoivent l'approbation du ministre de la Police générale (22 messidor an VII, 10 juillet 1799). Les frères Reynes trouvèrent-ils le moyen de se soustraire à toutes les perquisitions ? C'est à supposer, car on les recherchait encore le 16 pluviôse an VIII (5 février 1800), pour leur demander la promesse de fidélité.
Au rétablissement du culte, ils revinrent sérieusement à leur devoir, rétractant d'une façon définitive tous leurs serments plus ou moins schismatiques et rentrèrent dans les cadres du clergé diocésain. Antoine-Jean reçut la direction de la paroisse Saint-Michel et Jean-Pierre
celle de la paroisse du Gros. Ils touchaient l'un et Tautre la pension de 26e fr. 66 c. Sur les notes de Mgr Fournier, le premier des deux Reynes est porté comme « peu estimé » et le second comme « peu zélé ». Jean- Pierre, décédé le 15 février 1824. Antoine-Jean, décédé le 29 octobre 1824.
Cf. Arch. de l'Hérault, L. ; — Arch. de TEvêché de Montpellier; Reg. des 'Décès; — F. Saurel. Hist. relig. du Départ, de l'HéranUy III, 207 et suiv.
RICARD {François-Louis),
curé de Castelnau de Guers, dansTancien diocèse d'Agde, né àFlorensac, le 27 mai 1748. Son père était tout à la fois viguier de Gette et de Florensac. Mgr de Saint-Simon vint au secours de son officier de justice^ chargé d'une nombreuse famille, en recevant deux ou trois de ses garçons, dans son séminaire, au nombre desquels figurait le jeune François-Louis. Ge dernier avait déjà fait à Toulouse, et avec succès, ses études théologiques et pris le grade de docteur en théologie. L'évcque le rappela dans son séminaire pour le préparer à la réception des grands ordres, lui épargnant le prix de la pension, par le titre qu'il lui conféra de maître de conférences des autres séminaristes. Gette position flatta la vanité du professeur-élève. Ordonné prêtre, il fut pourvu en cour de Rome de l'église Saint-Sulpice de Gastelnau de Guers (6 octobre 1783), sur la résignation faite en sa faveur par Pierre Dupin.Le visa de TEvêque-Gomte d'Agde lui fut accordé le 28 janvier 1784 et la prise de possession eut lieu le 4 février suivant.
A la Révolution, il eut la faiblesse de prêter le serment constitutionnel et se mit en relation avec l'Evêque-intrus, avec les prêtres jureurs, et en particulier avec Boudou, curé de Pomérols. Dans la suite, ouvrant les yeux, il regretta et rétracta ses erreurs et sa conduite, ce qui lui valut d'être remis en possession canonique de Gastelnau, où il décéda le 18 octobre 18 16, à l'âge de 68 ans.
Cf. Arch. de l'Hérault, L, 443 et 446 ; — ^ilmamich ecclésiastique du Département de l'Hérault pour Tan 1807 ; — Arch. de TEvêché.