II. Les Rétractants
RICHAUD [Uon\
né vers 1763, vicaire à Cette, jureur, pension 800 livres. Il s'était retiré dans la commune d'Hérépian où il exerçait le ministère. Il se rendit à Villemagne, située dans le même canton (Poujol) pour y remplir les mêmes fonctions, sans avoir au préalable satisfait, à l'égard de cette dernière localité, aux formalités exigées par la loi sur la police des cultes. L'agent municipal delà commune de Villemagne se transporta (5 frimaire anVI, 25 novembre 1797) à l'église ci-devant paroissiale,où s'était formé un rassemblement autour deilichaud et«dressa procès-verbal, pour constater la violation de la loi. En réponse à cette dénonciation officielle, il fut écrit de Montpellier qu'il n'y avait rien à reprocher à ce ministre du culte, s'il avait réellement prêté le serment (25 nivôse an VI, dimanche 14 janvier 1798.) Encouragé sans doute par la liberté dont on le laissait jouir, Richaud revint à Celte, où il avait débuté dans le ministère paroissial en qualité de vicaire et s'empara d'une partie du presbytère qui n'était pas habité ; l'autre partie étant occupée par « li citoyenne institutrice ». Au moment où l'on pensait à organiser la paroisse, le maire de Cette voulut faire vider le presbytère ; mais le préfet l'engagea à laisser les choses en l'état jusqu'à nouvel avis (9 germinal an XI, 30 mars 1803). Léon Richaud fut cependant peu après expulsé du presbytère ; mais ne quitta pas la ville, et continua dans son nouveau domicile adiré la messe. Le commissaire de police le surprit un jour, comme il allait s'habiller pour monter au saint autel et dressa procès-verbal (7 pluviôse an XIII, le dimanche 27 janvier 1805). ^^ f^^ répondu de la préfecture que Léon Richaud n'était pas, il est vrai, dans la communion de l'Evêque concordataire; mais néanmoins on ne pouvait employer contre lui que des mesures administratives. L'ancien constitutionnel finit cependant par rentrer dans le devoir et Mgr Fournier, dans les premières années de son épiscopat lui confia une petite paroisse de 250 âmes. Campagne et Garrigues (dans le canton de Claret).
Cf. Arch. de l'Hérault, L, 443, et 446 ; et V/i Cnlle catMiqne^ Clergé^ ans X, XI, XIII et XIV ; — Arch. de l'Evêché.
RITOURET (Gnillatutie),
curé-jureur de Cournîou, commune de Saint-Pons, né le lo février 1739. En 1807, succursaliste d'Azillanet. Pension : 333 fr. 33 c.
ROLLAND (Jean-Guillaume)
était par sa mère, petit neveu du célèbre P. Vanière, mais n'hérita pas de son intelligence. Par son application à l'étude et la sagesse de sa conduite, il parvint au sacerdoce et obtint un bénéfice à la cathédrale d'Agde, son pays natal. On le donna comme auxiliaire au curé de Pomérols ; mais, comme il ne savait ni chanter une messe ni faire un petit prône sans devenir l'objet des risées de tous les assistants, il revint à Agde servir, au chant près, son bénéfice à la cathédrale « croyant faire merveille » .
Il prêta le serment à la Constitution civile (pension 897, 10, 2) et se mit à la disposition de Fonderons, qu'il s'empressa d'aller recevoir à son entrée dans la ville d'Agde. Nommé par lui vicaire à la paroisse Saint- Etienne, il ne se trouva pas de force à pouvoir lutter contre ses confrères les jureurs, qui lui enlevèrent toutes les fonctions auxquelles était attaché un honoraire : baptêmes, mariages, messes, et ne lui laissaient pas même de quoi grapiller, suivant l'expression pittoresque de l'abbé de Gohin. * Touché au vif de se voir ainsi supplanté par les constitutionnels, il eut avec eux des disputes aussi chaudes que scandaleuses, qui tournaient toujours à son préjudice. Il finit cependant par rester maître du champ de bataille, non point par suite de ses succès, mais par suite de la mort de ses adversaires.
Sous laTerreur, il apostasia. « Rolland, ci-devant prêtre, vient d'abjurer son charlatanisme et de remettre ses lettres de prêtrise. Je te les envoie, pour les mettre sous les yeux de la Société, afin qu'elle en fasse justice (Lettre au président de la Société popuL à Montp,, 16 germ. an II, 8 avril 1794).
Sous Tépiscopat de Mgr Fournier, l'apostat rétractant résidait à Agde, où on lui avait permis de dire la messe.
Cf. Arch. de l'Evêchc. Tableau du Clergé ^ p. 181 ; — Ms. de Pabbé de Gohin. — Arch. de l'Hérault, L, 558, 446; — L, 443. Agde. 10 vcndém. VI, i oct. 97.