III. Les ^Apostats
"BÉDOS (Jean- Baptiste),
ancien Capucin, né à Pézenas, prêtre attaché en dernier lieu ^ au baschœur de la cathédrale de Montpellier, sujet à la déportation, est arrêté. Dans son intérêt, on soutient que, d'après la loi alors en vigueur, les ecclésiastiques réfractaires qui ne se sont point déportés volontairement ne doivent subir d'autre peine que de l'être forcément. Le Comité de Législation de l'Assemblée nationale, consulté à cet égard, provoque et tait rendre le décret du 30 vendémiaire an II (21 octobre 1793), qui fixe un délai pour opérer la déportation, passé lequel, la peine de mort doit être prononcée. Le malheureux Bédos, séduit par les promesses de son entourage qui veulent sauver sa tête, remet ses lettres de prêtrise et est aussitôt remis en liberté.
Cf. F. Saurel, Hist. relig. du Départ, de VHérault, III, 44.
"BERGIER (Joseph-Pierre),
jureur, pro-curé de Lunel-Viel. Déprêtrisation (2 décembre 1793). Pension : 1200 livres.
Cf. TrocèS'Verhal, IV; 347.
"BERNARD (Honoré),
jureur, curé de Saint-Fulcran de Lodève. Déprêtrisation (4 décembre 1793). Pension : 2.400 livres.
Cf. Procès-verbal y IV, 358.
"BERTHOLON,
professeur de physique expérimentale au Collège de Montpellier, écrivit au
président de l'Assemblée administrative, lui offrant de prêter le serment
constitutionnel, mais demandant un délai (19 décembre 179 1). Il fit tenir
à la même administration ses lettres de prêtrise, pour être envoyées à la
Société populaire et jetées au feu (5 frimaire an II (24 novembre 1793).
Cf. La PijARDiÈRE, p. 569; — Arch. de l'Hérault, L. 358; — Duval- Jouve, t. II, p 138; — Procès verbaux, etc., IV. 306.
"BÉZIAT,
jureur, curé de Serv^an. Livra ses lettres de prêtrise au District de Béziers. Pension : 800 livres.
"BOIS (Tierre)y
aîné, âgé de 25 ans> était le plus jeune des Dominicains de la Maison de Saint-Matthieu, à Montpellier, lorsqu'on liquida sa pension d'ancien religieux sur le pied de 700 livres (19 janvier 1791). Il prêta sans difficulté le serment qu'on lui demandait et devint curé constitutionnel de Puéchabon, dans le canton d'Aniane. Pôuderous le chargea de procéder de concert avec les administrateurs du Directoire du District, à la démarcation des paroisses dans le canton de Lodève. Mais bientôt la République ayant confondu dans une même répulsion les prêtres schismatiques et les prêtres catholiques. Bois se maria et devint inspecteur principal des fourrages, prés l'armée expéditionnaire d'Irlande, commandée par le général Hoche. L'expédition n'ayant pas eu le succès qu'on en attendait, le malheureux apostat se trouva sans ressources, et comme il était « convaincu que le désistement d'un républicain ne va pas jusqu'à mourir de faim, ainsi que sa femme et ses enfants », il se replia sur sa pension de ci-devant curé constitutionnel (1.200 fr.) et, de Brest, où il résidait, il réclama les certificats dont il avait besoin et s'adressa pour cela à l'Administration municipale de son ancienne paroisse (4 brumaire an VI, 25 octobre 1797).
Cf. Ms. de Soulier, I. 442; — F. Saurel, Hist. reîig., III, 49.