‹ L'ancien clergé du diocèse de MontpellierChapitre 73 sur 324 · C. Ms. de Tabbé de Gohin · texte numérisé non relu

C. Ms. de Tabbé de Gohin

ÎII. Les ^Apostats.

"BONNIOL (Jean-François),

curé de Bédarieux. Déprêtrisation (i**^ décembre 1793).

Cf. Troc. verh. IV, 346.

"BORGE (Laurent),

livra ses lettres d'ordination au District de Béziers.

"BOUKNHONLT.

Le 1 1 juin 1792, Serre, curé catholique de Paulhan, refusa le serment, et se retira. On lui donna pour successeur un nommé. Bournhonet, de Servian, ci-devant curé de Vie, La municipalité le reçut avec les honneurs du dais et prit fait et cause pour lui tandis qu'il était repoussé par les catholiques. L'intrus, bientôt fatigué d'un emploi qu'il ne pouvait remplir sans ennui, comme sans remords, l'abandonna et se retira à Servian, le 8 novembre de la même année. Il livra ses lettres de prêtrise au District de Béziers.

Cf. Delouvrier, Hist. de Paulhan, p. 241 et suivantes.

BRINGUIEK (Charles),

né le 9 mai 175 1, nomme curé constitutionnel de Lavérune(i3 novembre 1791), se rend de la maison commune à l'église. Puis, il prend les ornements sacrés, monte en chaire, prête le serment schismatique, fait un discours « patriotique » et célèbre la messe. Pendant deux ans environ, il exerce le culte et le 6 frimaire an II (26 novembre 1793), se présente devant le Conseil du Département. Que va-t-il faire ? — Apostasier. Voici, en effet, ce que nous lisons dans le procès-verbal de ce jour : « Le citoyen Charles Bringuier, curé de Lavérune, a prononcé le discours suivant :

« Il y a longtemps, citoyens, que je prévoyais, que je pressentais les circonstances heureuses qui nous permettent enfin d'arracher avec force le voile qui pouvait couvrir la vérité. Mes démarches auraient sans doute

a] L*A«cm cunioA du Dxocâss vm MONTritum.

V Ancien Clergé du Diocèse de Montpellier.

hâté l'esprit public, mais ma prudence patriotique m'arrêtait, en me taisant craindre d'irriter le fanatisme dans des temps où il lui était permis de mugir encore. Je saisis donc avec empressement ces circonstances^ que mon cœur voyait venir, et je renonce bien volontiers au ministère d'un culte, si incertain, si obscur, puisqu'il a été l'objet de discussions interminables. Le culte, s'il en doit exister un qui plaise à la divinité, doit être aussi clair que la lumière du jour qui nous éclaire; tout le monde doit le voir et le suivre. D'un culte devenu si inutile^ puisqu'il ne conduit point à la véritable morale, d'un culte aussi dangereux, aussi funeste, puisqu'il a été la cause d'une infinité de malheurs... quand je l'ai servi ce culte, je ne l'ai fait que pour avoir occasion d'indiquer à mes frères le culte de la Fraternité. 11 y a longtemps que je les ai préparés, dans ma ci-devant paroisse, aux heureux événements de nos jours, et quoique je ne les aie pas prévenus de ma démarche d'aujourd'hui, ils n'en seront point scandalisés; au contraire, ils y applaudiront et je leur en ferai sentir plus vivement la vérité, à la plus prochaine décade. J'ai été un ministre de ce culte, et pendant quelque temps ça été de bonne foi, et si j'ai continué à l'être, malgré mes lumières, c'est que je me regardais comme l'instrument de la bonne foi de ceux qui m'employaient; persuadé qu'un jour viendrait enfin qu'ils pourraient être éclairés eux-mêmes et qu'ils ne me forceraient plus à des fonctions pour lesquels je n'avais plus de goût, j'avais même, je Tavoue, de la répugnance. En finissant, qu'il me soit permis de vous dire une vérité que je sens bien : notre ministère est ennemi en quelque façon de la révolution actuelle. J'ai trop senti qu'il comprimait mon zèle patriotique, mon zèle révolutionnaire. Vous sentez que ce ministère demandait que vous vous apitoyassiez sans cesse sur les circonstances, je me suis apitoyé sans doute, mais ça été pour ramener mes frères, par la persuasion, à la vérité qui doit luire à leurs yeux et qui doit faire leur bonheur. Je remets mes lettres de prêtrise.

« Le Conseil a donné acte au citoyen Bringuier de sa déclaration et de la remise par lui faîte de ses lettres; a arrêté l'insertion au procès- verbal

in. Les KÂpostats.

de son discours et lui a accordé les honneurs de la séance; le président lui a donné Taccolade fraternelle au nom de l'administration . Le procureur général syndic a été chargé d'adresser à la Société populaire les lettres de prêtrise du citoyen Bringuier. » (26 novembre 1793).

Comme salaire de son apostasie, Bringuier reçoit la promesse d'une pension de 1.200 livres.

Cf. *ProcèS'Verbaux des Séances de VAsscmbUc administrative du Département de V Hérault, tome IV, p. 519-320. —- Duval- Jouve, Montpellier pendant la 'RJvolutiony II, 138. - Ms. de Soulier, I. 430. — F. Saurel, Hist. relig. III, 46 et 47.

BUSCAILHON,

jureur, curé de Lespignan. Pension : 1.200 livres. Remit ses lettres de prêtrise au District de Béziers.

CADON,

ci-devant aumônier du Bataillon n** i de TAriège, abdiqua tous Içs cultes religieux (3 décembre 1793).

Cf. Proc. verb, VI. 364.

CAILET,

livra ses lettres d'ordination au District de Béziers.

CASAMÊA (David),

vicaire à Saint-Jacques de Béziers, ancien chanoine régulier de la même église, jureur. Il reçut^ sur l'ordonnance de l'administrateur du District, 130 livres, pour sept semaines de sa pension, dans la dernière visite qui eut lieu pour vérifier et arrêter les comptes (fin décembre 1790). Curé intrus de Saint-Aphrodise, il livra ses lettres de prêtrise et se maria. Pension : 3.000 livres. Le 19 avril 1809, le ministre des cultes demandait à Mgr Fournier des informations sur cet apostat, qui. résidait à Caux, canton de Pézenas.

Cf. A. CosTE, Saint-Aphrodise, apôtre de Béliers et son église ^ p. 159. — Arch. de rEvêché.

V Ancien Ctergi du Diocèse de Montpellier.

CAYLAR,

Deux prêtres constitutionnels de ce nom, tous deux vicaires 'épiscopaux de Pouderous. Le premier, Firmin, ci-devant chanoine à Lodève, élu curé de Canet, où il exerçait le culte (7 vendémiaire an VI, 28 septembre 1797). Procureur fondé de Tévêque intrus pour le canton de St-Pargoire. Le second Jean-Georges. Ils renoncent à la prêtrise, mais n'ont plus en leur possession leurs lettres d'ordination qu'ils ont égarées (4 décembre 1793). La pension de Firmin est réglée à 2.627 livres et celle de Jean- Georges à 2.350 livres.

Cf. Arch. de l'Hérault, LIH. V2; et Procès-verbaux cU rassemblée administrative,

Page 1