‹ L'ancien clergé du diocèse de MontpellierChapitre 8 sur 324 · I. Les Constitutionnels · texte numérisé non relu

I. Les Constitutionnels

Constitution civile du Clergé, avec ses désastreuses conséquences. Il avait alors 70 ans et comptait 33 ans d'exercice comme curé de Saint- Pons. 11 prêta le serment au mois de janvier 1791, dans TEglise de Saint-Martin de Jaur à l'issue de la messe paroissiale, en présence de la municipalité, de la garde nationale et des fidèles. Son exemple entraîna ses vicaires, de même que les professeurs et régents du collège. Le serment qu'il venait de prêter, il voulut le renouveler le 20 février 1791, dans son église paroissiale, en présence de son peuple et annonça son intention d'une manière très positive. Il le fit, malgré les supplications d'un grand nombre de ses ouailles, demeurées fidèles à l'église catholique, après un discours dans lequel se heurtent le faux et le vrai. Mais ce ne fut point peine perdue.

De par la Constitution Civile du clergé, les sièges épiscopaux de notre département étaient supprimés et remplacés par un seul, établi à Béziers. Les électeurs se réunirent dans l'église Saint-Pierre de Montpellier, à l'effet de désigner le titulaire constitutionnel ; 280 répondirent à l'appel de leur nom, à la séance du matin, le dimanche 27 février. Le mardi suivant, la pluralité des suffrages est en faveur de Pondérons, qui réunit 210 voix. Cette élection excite dans l'assemblée les transports les plus vifs. Deux électeurs s'offrent à partir sur le champ pour aller porter cette nouvelle à Tévêque-élu et s'assurer de son acceptation. La proposition est acceptée et le président remet à ces courriers bénévoles des dépêches pour Pondérons.

Celui-ci, part aussitôt pour Montpellier. En apprenant son arrivée une commission de vingt-quatre membres est nommée « pour lui faire cortège ». Le voici déjà rendu au palais épiscopal. Le président de l'Assemblée électorale le complimente. Pondérons se confond en remerciements et en promesses.

L'assemblée délibère de se rendre de suite à l'église cathédrale Saint- Pierre; ayant à sa tête son président, l'évêque-élu et le président du département, suivis du secrétaire, des scrutateurs et des électeurs, marchant

deux à deux. Le cortège n'était pas encore sorti de la salle des séances, lorsque les juges du district et le commissaire du roi arrivent pour complimenter le prélat. Ces magistrats se joignent au corps électoral, qui continue sa marche, au milieu des troupes du centre et de la ligne. La foule se presse, les cloches sonnent, les tambours 'battent aux champs, le grand jeu de l'orgue annonce l'entrée dans l'église de l'élu du peuple. Le président et Tévêque-élu prennent place dans des fauteuils, en dessous de la Sainte-Table, entourés du secrétaire et des scrutateurs. Puis, le président se lève et prend la parole.

ce... La loi souveraine, dit-il, formée par la seule volonté de vingtcinq millions de François, nous a réintégré dans le droit primitif d'élire nos pasteurs... Il vous est restitué et nous venons de l'exercer en votre nom. Notre conscience nous garantit que nous ne l'avons exercé qu'avec le désir le plus ardent de désigner un Evêque selon le cœur de Dieu, capable par sa piété, par sa doctrine et surtout par sa charité, vertu de toutes les vertus chrétiennes la plus recommandable, d'éclairer et de soutenir votre foi dans ces temps difficiles. Ce n'est pas dans des palais, ce n'est pas parmi les rejetons de ces familles qu'un préjugé anéanti faisoit passer pour illustres ; ce n'est pas à des signes extérieurs de richesse, de grandeur mondaine, que nous avons reconnu celui que la Providence nous destinoit. Nous avons rejeté loin de nous toutes les considérations humaines, étouffé tous les regrets, toutes les affections particulières, et Dieu que nous avions sincèrement invoqué, nous a montré le premier Pasteur que nous cherchions, dans un prêtre plus que sexagénaire, dans un curé vénérable, que quarante années d'un ministère apostolique, ont rendu dans nos contrées un objet de vénération.

a: Cependant, Citoyens, ne confondez pas l'élection que nous avons faite et la proclamation qui va la suivre avec l'institution canonique de l'Evêque. Que toutes les erreurs, que toutes les équivoques disparoissent devant la précision à la pureté de la loi à laquelle nous obéissons. Le droit dans lequel l'Assemblée nationale nous a réintégré ne consiste

Page 1