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IV. Les Martyrs et Confesseurs de la Foi

jet d'une visite des médecins ; ceux de ces prêtres qui étaient trop avariés devaient être dispensés du transport. Huit seulement, reconnus trop souffrants devaient rester à Montpellier; quant aux autres, on décida qu'ils seraient traduits à Béziers « par des voitures douces et commodes ».

Malgré ces dispositions bien arrêtées, le transfert n'eut pas lieu et, le 12 brumaire an VIII (3 novembre 1799), les malheureux vieillards, encore au nombre de vingt et un, gémissaient de leur entassement au Dépôt de Mendicité. Ils se plaignirent de ne pas pouvoir faire du feu. Leurs vingt et un lits, disposés sur trois rangs, remplissaient la salle qui leur étaient affectée. Ils étaient obligés de descendre soixante-six marches pour aller eux-mêmes à la porte, prendre la nourriture qui leur venait du dehors et à leur dépens; et encore pour se procurer les objets qui leur étaient nécessaires. Ils regrettaient vivement l'ancien couvent de Sainte-Ursule.

Les Administrations ne sont pas tenues à avoir du cœur, et néanmoins le Département ému des privations et des souffaances des « réfractaires » entama des négociations avec l'Administration militaire pour voir s'il ne serait pas possible de rendre a Ursule » aux reclus. Les pourparlers aboutirent et du Dépôt de Mendicité les nobles vieillards furent transportés à leur ancien couvent des Ursulines (16 brumaire an \^II, 7 novembre 1799).

Ils n'y firent pas grand séjour, « une partie du plancher de l'hôpital s'étant écroulée, l'Administration centrale pensa de remettre les soldats malades à Sainte-Ursule », afin de pouvoir exécuter les réparations nécessaires. Alors on revint à l'ancien projet de transférer à Béziers les Reclus, auxquels on avait trouvé des locaux dans l'ancien évêché. C'est ce qu'écrivait le président de l'Administration centrale au ministre de l'Intérieur (25 nivôse an VIII, 15 janvier 1800).

En attendant la réalisation de ce projet de translation, les Reclus continuent à souffrir d'une mesure inhumaine qui remontait à trois mois environ. La République, nous l'avons déjà dit, donnait à ces vieil-

L'Aîicien Clergé du Diocèse de Montpellier.

lards infirmes le logement, dont ils se seraient bien passés ; mais elle ne leur fournissait ni le mobilier ni la nourriture. C'était à eux d'y pourvoir. Elle tenait seulement à leur disposition une modique ration journalière d'un pain, qui tout grossier qu'il était, leur venait grandement en aide, au moins pour plusieurs, dénués de toute ressource. Dix-neuf Reclus, adressèrent à l'Administration une pressante pétition, demandant à ne pas être privés de ce faible secours (28 nivôse an VIII, 18 janvier 1800). Sous le Consulat, on était fotigué de tenir toujours incarcérés des vieillards infirmes et inoffensifs. Ce n'était pas que la manière dont ils étaient traités entraînât l'Etat dans des frais bien considérables. Et cependant une lettre ministérielle affirmait que la Réclusion « occasionnait des dépenses énormes au trésor public ». On voulait se débarrasser de ces vénérables prisonniers, et on fut heureux de pouvoir leur rendre la liberté, après leur avoir demandé, non plus un serment schimatique mais une simple promesse de fidélité à la Constitution de l'an VIII. Les Administrateurs apostoliques du Diocèse et avec eux les membres les plus honorables et les plus influents du clergé avaient cru pouvoir en toute sûreté de conscience se soumettre à cette démarche ; ils furent imités par les derniers Reclus. On leur ouvrit alors les portes de leurs prisons, mais, par un excès de précauions inutiles pour ces Confesseurs de la Foi catholique, on plaça chacun d'eux sous la surveillance des autorités municipales du lieu de leur résidence (26 thermidor an IX, 14 août 180 1).

Nous l'avons déjà dit, les ecclésiatiques insermentés et ceux qui après avoir prêté le serment l'avaient rétracté étaient tenus de sortir du territoire. Les sexagénaires seuls et les infirmes avaient eu la peine de la Déportation convertie en celle de la Réclusion,et on vient de voir combien elle avait été dure pour eux.

Les prêtres de l'Hérault visés par la loi d'ostracisme, et avec eux un

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