IV. Les Martyrs et Confesseurs de la Foi
passés par les armes contre un prêtre né à Montpellier et un autre attaché au service paroissial du diocèse.
Terminons cette introduction par un mot sur la guillotine. « Le rasoir national » comme on Tavait appelée, fît dans les rangs de l'ancien Clergé de Montpellier un nombre considérable de victimes parmi lesquelles, nous devons compter plusieurs de nos ecclésiastiques tant séculiers que réguliers, décapités dans la seule ville de Montpellier. A la vue du sang répandu sur la place du Peyrou, les membres du club delà Société populaire de Béziers déployèrent une audace capable de terroriser les plus intrépides. Heureusement le 9 thermidor an II (27 juillet 1794) la chute de Robespierre mit fin à la Terreur.
Que de prêtres ne fallut-il pas ajouter à ceux qui avaient courageusement donné leur vie pour leur Religion, à Paris, à Orange et ailleurs ! Et combien la liste s'allonge, si l'on y inscrit les noms de tous les Confesseurs de la Foi, morts un peu partout, en réclusion, en déportation, dans les hôpitaux, dans les prisons et les bagnes !
^"BRIC (François),
du diocèse de Rodez, profès de l'ordre des Frères prêcheurs, d'Albi ;
— BOYE%^ (Antoine), profès de Tordre de Saint-Augustin, du couvent de Toulouse; — FARSSAC Qcan- Jacques), hebdomadier de la métropole d'Albi; — NADAU {Simon-*yiuguste), profès de Tordre de Saint- François, chapelain et confesseur du monastère de TAnnonciade, à Albi;
— et de VÉZIAN (Gaspard), chanoine titulaire de Téglisc métropolitaine de la même ville. Ces cinq prêtres, condamnés à la déportation, venaient de passer par Saint-Chinian, fuyant versTEspagne (9 mai 1793). Ils sont violemment arrachés de leur voiture et traînés sur la place publique, on les accable de coups de pierres et de coups de bâtons. Durant quatre heures, c'est une scène horrible. Pour en finir, on les
monte dans les combles de la Maison commune ; on les dépouille de tout vêtement et on les jette par les fenêtres dans la rue. Les cadavres demeurent gisants sur la voie publique jusqu'au lendemain matin. Ils sont alors précipités dans une fosse commune.
Cf. Voir notre Hist. rclig. du Département de V Hérault ^ t. ÏII, p. 21 et suiv. ; et l'indication des sources où nous avons puisé notre récit.
^FFRE {Paul-Xaymond),
prêtre-vicaire à Saint-Chinian, déclara qu'il ne reconnaîtrait plus désormais pour son évêque que M. de Chalabre, évêque de Saint-Pons. D'après un rapport de l'officier municipal, il aurait parlé «contre le nouveau régime et serait allé dans les rues, portant le Saint-Viatique en plein jour, suivi d'une centaine de femmes, vêtu d'une lévite et sans rabbat, pendant la nuit, couvert d'un manteau, mais toujours vêtu décemment (19 fructidor an III, 5 septembre 1795). On voulait s'emparer de sa personne. Dans ce but, on pratiqua des perquisitions, qui demeurèrent sans résultat. Affre, bien que sujet à la déportation, n'avait jamais quitté le sol français; on l'avait cru d'abord parti pour l'Espagne, mais on acquit ensuite la certitude qu'il était caché à Salles, dans le département de l'Aude, où il avait exercé le Saint Ministère après s'être éloigné de Saint-Chinian. Il était même poursuivi par le directeur du Jury de l'arrondissement de Narbonne, pour contravention à la loi du 7 vendémiaire an IV (27 septembre 1795), sur la police des cultes et, de plus, comme prévenu d'avoir converti et fimatisé le peuple. (Lettre du ^Directeur dit Jurv, dit 4 prairial an FI, 2} mai 179 S,)
Cf. Arch. de l'Hérault, L, 346 ; Delouvrier, Hist. de Saîtd-Chiuian;^ p. 303.