‹ L'ancien Collège d'Harcourt et le Lycée Saint-Louis. Notes et documents pour la plupart inéditsChapitre 109 sur 355 · Factum de Jacques de l'Œuvre, à la Bib. nat · texte numérisé non relu

Factum de Jacques de l'Œuvre, à la Bib. nat

Alain, avait fait des observations au régent sur son manque de procédés envers ses collègues et sa dureté envers ses élèves. D'autre part, le régent, mécontent, sans doute, de cette admonestation méritée, riposta en se plaignant des maigres honoraire* qu'il recevait du principal, chargé de la communauté des pensionnaires, et s'emporta jusqu'à traiter publiquement celui-ci de chien , de juif et de voleur. En réalité, Denys Gallet était un mauvais coucheur. L'affaire fut portée devant le Recteur et les députés de la Faculté des arts. Au lieu de s'amender, le régent s'obstina dans sa conduite, au point qu'on dut l'exclure de l'enseignement et de la société des maîtres, en laissant cependant au principal toute latitude pour le rétablir dans ses fonctions s'il venait à résipiscence. Gallet en appela de la sentence au Parlement, qui se prononça en sa faveur et donna ordre au Recteur de le réintégrer dans sa classe. Le Recteur, Nicolas Deu, convoqua une assemblée de l'Université au collège de Justice, voisin de celui d'HARcourt, prolesta contre cette procédure, rappelant que les différends entre les principaux et les régents devaient être portés au tribunal de l'Université, et, séance tenante, il fît rédiger et signer une supplique au Parlement, pour réclamer le respect des privilèges de la corporation qui prescrivaient que toutes les causes et querelles de ses suppôts fussent jugées par elle ou par ses délégués. En la transmettant aux magistrats, il la faisait suivre d'une lettre, par laquelle il les informait que, suivant leur décision, il s'était transporté en appareil rectoral, au collège d'HARcouRT, pour fétablir Denys Gallet dans la classe dont il avait été dépossédé. Ce dernier, disait-il, lui avait fait la promesse de vivre désormais en meilleure intelligence avec son principal et ses collègues, et de traiter les élèves avec plus de bienveillance et de douceur. S'il vient à manquer à ses engagements, le Recteur déclare qu'il sera de nouveau révoqué, et celle fois sans rémission. Celui-ci ajoutait que Robert Thiboust (sans doute de la famille des libraires de l'Université de ce nom) ayant été nommé régent de septième à la place de Denys Gallet, afin de ne pas le priver de son office, on créait au collège d'HARCOURT une classe de huitième

en sa faveur*. Nicolas Deu nous apprend, à ce sujet, qu'il n'y avait pas d'innovation de sa part, attendu que d'autres collèges possédaient neuf classes. On ira même plus loin, et, en 1576, le collège de Navarre établira une treizième*. Nous pensons qu'il s'agit, dans ce dernier cas surtout, de plusieurs divisions des mêmes classes de grammaire, motivées par l'aftluence considérable des pensionnaires qui fréquentaient alors le collège de Navarre. Le nombre des classes était, en effet, généralement fixé à aix, au XVIe siècle, indépendamment des cours de philosophie.

Ainsi il y avait, à l'époque où nous sommes, au collège d'HARcouRT une huitième, une septième, une sixième, une cinquième, une quatrième, une troisième et une rhétorique. On ne connaît pas la seconde au xvie siècle. Nous verrons plus lard comment la réforme de Henri IV gradua l'enseignement dans chacune de ces classes. Tout ce que nous savons sur ce qui s'y faisait, en 1554, c'est que, de la huitième à la sixième on apprenait les rudiments de la grammaire latine, rudiment a; de la sixième à la troisième on s'occupait de la syntaxe, puis on commençait la grammaire grecque en quatrième; on passait aux humanités en voyant les éléments de la rhétorique en troisième, pour étudier, en rhétorique même, la versification et les grands écrivains classiques. La philosophie restait ce qu'elle était auparavant, divisée en logique, dialectique et physique.

Quant à la durée des classes, elle était de deux heures en moyenne et il y avait deux, quelquefois trois classes par jour \ Leur mobilier s'est modifié : des bancs et des tables sont mis à la disposition des élèves, comme le montre la reproduction du dessin dune classe de l'époque placée au commencement de ce chapitre4.

1. Du Boulay, Hist. Univ. Parts., t. VI, p. 4SI. — Crévier, Hist. de rUniv., t. VI, p. 17.

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