Rabelais, Hy. IV, ch. xxi
Malgré ces protestations el ces railleries, le système des punitions corporelles restera en vigueur jusqu'à la On de l'ancien régime avec plus ou moins d'adoucissement.
Nous venons de rappeler qu'à Moimicu, dans ce « collège de pouillerye », comme l'appelle Rabelais, on n'y mangeait pas son content. Le réformateur de ce collège, Jean Standonc (1501), n'accordait à chacun des jeunes élèves qu'un potage aux légumes, un œuf souvent gâté ou la moitié d'un hareng, quelques pommes cuites ou pruneaux, le tout arrosé de mauvaise eau de puits. Les plus âgés avaient un hareng entier ou deux œufs, un morceau de fromage ou quelques fruits suivant la saison, avec un vin largement additionné d'eau. On ne connaissait pas à Montaigu la viande, on y faisait abstinence toute l'année, et on y jeûnait plus strictement que dans bien des couvents. Aussi Erasme, qui en fut élève, n'a pu s'empêcher, dans ses Colloques, de flétrir ce régime débilitant, qui, dit-il, tuait les uns, rendait les autres fous ou aveugles, engendrait la lèpre ou compromettait pour toujours la santé de ceux qui pouvaient y résister1. Il en parlait en connaissance de cause, puisqu'il en souffrit toute sa vie. Les autres collèges n'étaient pas aussi parcimonieux ; mais on ne s'y préoccupait guère de la nourriture. Comme le dit Vives, dans ses dialogues, « on y trouve du pain à discrétion de
* quoi se nourrir suffisamment; mais si l'on veut des mels ■ plus abondants et plus délicats, il faut les chercher ailleurs
• que dans les collèges* ». Ainsi en était-il à Harcourt, où le pain, le vin, la viande et le poisson, c'est-à-dire une nourriture saine el substantielle y était servie aux boursiers, de manière à satisfaire leur appétit, ainsi que nous le constatons d'après les statuts et factums de la maison. On descendait au réfectoire à onze heures du matin et à six heures du soir, pour la distribution des portions, et les retardataires risquaient de n'avoir que du pain s'ils n'arrivaient pas à temps. Chacun