Bib. de la Sorb., U. 132, n° 2, p. 28; n° 4, p
IIARCOURT-SAINT-LOUIS. 15
« chef, dissipèrent les revenus du collège, le chargèrent de « dettes, laissèrent tomber en ruine ses bâtiments et vendirent « à l'encan les meubles et les tasses d'argent de leur commu- « nauté1, et n'épargnèrent point les calices, la croix de la « chapelle, pour estre payez de leurs bourses1. »
Sur un autre factum on rappelle encore la vente des meubles et des objets précieux du collège faite en l'absence du proviseur, par les boursiers, « non pas, dit-on, pour la nourriture « des pauvres, mais pour s'enrichir et se faire payer, comme • Ta dit un des prieurs : suarum bursarum, obiluum et mer- « cedis priori$ s » .
Ainsi le collège est mis en coupe réglée par les boursiers ; ils font main basse sur tout ce qui a quelque valeur, pour l'aliéner; c'est le pillage organisé, pour se dédommager des bourses qu'ils ne touchaient plus par suite des troubles de la guerre civile et de la confiscation des revenus de la maison, comme nous le verrons plus tard. Et puis ils s'éternisent dans leurs bourses, qu'ils gardent bien au delà du temps prescrit par les statuts, les transformant ainsi en de vraies prébendes. Le proviseur, par sa présence, aurait empêché ces désordres et régularisé la situation en se prononçant luimême sur la nécessité de ces aliénations. Mais il préférait, sans doute, jouir en paix de son canonicat d'ÉvREUx, et échapper ainsi aux embarras d'une administration difficile au milieu des agitations où l'on se trouvait. Il faut se rappeler, en effet, que la France et Paris, en particulier, venaient de traverser une crise terrible.
Après de nouvelles guerres civiles, les partis religieux avaient paru se rapprocher; le mariage du roi de Navarre avec Marguerite de Valois, célébré à Notre-Dame, devait cimenter la réconciliation, et on avait vu le duc de Guise donner la main à Coligny. Mais cette réconciliation n'était pas sincère, et, d'ailleurs, la politique autoritaire de Catherine
1. Ce sont les timbales d'argent dont on se servait au réfectoire, .comme l'indiquent les statuts. Y. notre chap. n, p. 76, statut LIV.