‹ L'ancien Collège d'Harcourt et le Lycée Saint-Louis. Notes et documents pour la plupart inéditsChapitre 171 sur 355 · Bib. nat., Factum 23650, in · texte numérisé non relu

Bib. nat., Factum 23650, in

était confiée au proviseur, une autre au principal, la plupart aux grands boursiers et aux régents de la maison. Celte répartition des pensionnaires, contraire à ce qui se faisait autrefois et à ce que prescrivaient les réformes universitaires, avait le grave inconvénient de créer autant de pelites communautés que de chefs, et de rendre difficile l'administration de ces diverses fractions d'élèves. En 1636, un commencement d'unité apparut dans l'association du proviseur Padet avec les cinq régents du Chevreul, Quintaine, Le Bourg, Picquelin et Picard, en qualité d'administrateurs de la grande communauté des pensionnaires. Hais il y avait encore là trop de chefs et on ne pouvait pas s'entendre. Plusieurs des associés quittèrent alors le collège, les autres étaient fatigués des embarras matériels, des soucis, des inquiétudes que leur créait la charge des pensionnaires. P. Padet consentit alors à y pourvoir tout seul. « Il eut le courage d'entreprendre la nourriture « des pensionnaires, des régents, des portiers, cuisiniers et « plusieurs autres serviteurs, jusqu'au nombre de vingt-six, « sans rien payer, il creut que c'était son devoir, et que les « statuts, les réformes de l'Université et les arresls demau- « doient cela de luy; il en fut loué par tous les gens de bien « qui aiment l'honneur du collège d'HARcouR, de l'Univer- « silé, et le bien public ». Il faisait « les provisions de bled, « de pain, de chair, de poisson, de sel et de bois, il recevoit « les pensions, il donnoit les quittances en son nom et qua- « lité de proviseur, il payoit de ses deniers au procureur « du collège les logements des pensionnaires1 ». Ailleurs on nous dit qu'il payait quatre écus au collège pour chaque pensionnaire, aulant pour chaque maitre et autant pour chaque serviteur, qu'il a versé chaque année 1300 livres pour la location des bâtiments et qu'il avait pris à sa charge les dégâts que les élèves pouvaient causer dans les bâtiments. Afin d'assurer la continuation de cette œuvre, P. Padet laissa par testament à son successeur tout ce qu'il

1. Uib. du la Sorb., Factum U. 132, n° 1, fondation; n° 2, p. 15, 19, 21 ; n° 8, p. 24.

avait acquis en fait de mobilier et de provisions pour son entrelien.

En 1628, le nombre des'élèves qui fréquentaient le collège d'HARCouRT s'était tellement accru, grâce à l'habile administra lion de P. Padet, que pour loger les pensionnaires on songea à réunir à ses bâtiments ceux d'un collège contigu, moins important et qui périclitait, le collège de Justice. L'affaire avait été conclue, en 1632, quand les boursiers de cette maison, qui avaient aceepté la réunion, s'y opposèrent. Le Parlement donna gain de cause au collège d'HARCouRT, mais le projet de réunion fut abandonné4. Les bourses du collège de Justice seront réunies plus tard au collège Louisle-Grand et les bâtiments reviendront au lycée Saint-Louis après la Révolution.

N'ayant pu réussir de ce côté, P. Padet n'hésita pas à aliéner, en 1650, le fief improductif d'iMBERviLLE pour agrandir le collège en vue de l'installation complète de la communauté des pensionnaires. Il acheta avec le produit de cette vente, moyennant la somme de 50000 livres, dont 15000 comptant et le reste en rentes sur le collège, la maison voisine appelée YHâtel des évêque$ d'Auxerre, qu'avait habitée le célèbre Amyot, traducteur de Plutarque2. Sur l'emplacement il éleva six corps de logis, quatre sur la rue de la Harpe pour loger les pensionnaires, deux dans l'intérieur du collège pour servir de cuisine et de réfectoire et un septième bâtiment sur un terraiu acheté au collège de Bayeux, où il installa la classe de rhétorique. Au-dessus de celte classe, il établit une infirmerie pourvue de six lits et des meubles nécessaires que l'on voyait encore, dit un faelum, en 1689 3. Pour rendre plus facile la communication entre les deux

1. Arch. nat, M. 133. — Ch. Jourdain, Hist. de l'Univ., t. I, p. 225. Le collège de Justice avait été fondé en 1351, par les exécuteurs testamentaires de Jean de Justice, chanoine de Bayeux.

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