‹ L'ancien Collège d'Harcourt et le Lycée Saint-Louis. Notes et documents pour la plupart inéditsChapitre 178 sur 355 · VI, I · texte numérisé non relu

VI, I

due a u

xistv deux vues dt l'extérieur et de l'intérieur du collège, lu Bibliothèque Malarias el aux Archives, qui dnte de l"lTÏ, i ëlevc d'HARCoubtT, F. Maillard, et l'Autre de 1180, dessinée et gravée par Martinet. fîoua donnons lu première dans ce chapitre, réservant la seconde pour le chapitre suivant. La porte de l'ancien collège, conservée bous le vestibule du lycée Saint-Louis, a été dessinée par deux jeunes èlèvea des Beaux-Arts, MM. Chesnean et Laroche, aussi bien qu'a pu le permettre te jour défectueux qui

• do grands refends. Au bas es! la porte d'entrée, dont

• l'ouverture est carrée et beaucoup trop basse pour sa lar-

• geiir. Sur un cbambranle fort grossier sont couchés deux

• lions qui supportent l'écusson des armoiries de l'illustre

• et ancienne maison d'HAncouHT ; aux deux extrémités, deux

• consoles portent une corniche très déplacée. Sur cette

- corniche, dans le haut de la voussure, est un cartouche » ovale, où on lit : Collegium II tireur ianum , et sur le haut

• de la menuiserie des deux venlaux de la porte : Thomas

• Fortin, Prmisor et Doclor Harcurianus, œdifimvit 1675. » (C'est au-dessous de cette inscription qui porte seulement Thomas Fortin provisor donavil, que l'on voit sur deux médaillons entouré* d'une guirlande de chêne, à gauche la vocation de saint Pierre, patron du proviseur Padet, et à droite l'apparition du Sauveur à saint Thomas, patron du proviseur Fortin le donateur.) « Deux anges assis et adossés à ce cartouche

• soutiennent une guirlande qui borde les extrémités inlé- » ricures du haut de l'arcade de cette grande porte : on voit à " leurs pieds les attributs des sciences enseignées dans ce

- collège. Celte voussure, fort exhaussée, porte un grand en- ' laidement corinthien, orné de modifions et de denticules.

• Au-dessus de cet entablement s'élève un allique percé de

• cinq croisées, que l'œil ne saurait voir, à cause de l'énorme

■ saillie de la corniche et du défaut d'espace dans la rue, qui

- csl plus étroite en cet endroit que dans tout le reste. Enfin

■ celle irrégulière composition est terminée par un grand

■ fronton angulaire, qui en fait l'amortissement. Toutes les

■ parties de cette fabrique sont mal distribuées. Elle a plus

• de cinquante pieds de hauteur, dont on ne saurait voir que « la moitié, cl, par conséquenl, ni l'altique ni le fronton ' ».

Nous disions tout à l'heure que Th. Fortin avait été le confident de Pascal quand celui-ci voulut publier ses Lettres provinciales ou Petites Lettres. Voici comment un historien

I. V, Piganiol de la Force, Description historiq. de la Ville de Paris, t. VI, p. 380. — Brice, Description de la Ville dt Paris, l. II, p. 177.

du lycée Saint-Louis a raconté le fait : « D'après une tradic tion qui n'a pas élé démentie, dit M. Lacour-Gayet, lors- « que Pascal avait composé quelques-unes de ses lettres in- « comparables, où il traduisait sous une forme populaire, « pour l'amusement de la foule, ces problèmes de théologie « et de morale qui, jusque-15, n'étaient pas sortis du lourd « in-folio, il en faisait passer les manuscrits par l'intermé- « diaire d'un valet de confiance à Thomas Fortin, alors « principal, ensuite proviseur d'HincounT. Me Fortin prit « soin de faire imprimer les Petites Lettres, et c'est dans le « collège même, dit-on, que plusieurs d'entre elles furent im- « primées en 1656. Le nom de Fortin et les presses du vieux « d'HARcouRT méritent qu'on les salue au passage pour avoir « assuré à la postérité un des chefs-d'œuvre les plus parfaits de « la littérature et de l'esprit français. » Les élèves du collège cTHarcourt, nous le verrons pour Racine, lurent avec autant de plaisir les Provinciales que leurs devanciers en avaient éprouvé aux Colloques d'Érasme. Les lettres d'Arnauld pour la défense du Jansénisme avaient précédé celles de Pascal, La Faculté de Théologie les condamna, mais parmi les docteurs qui votèrent en faveur d'Arnauld, nous trouvons le nom de Fortin. Ce fait nous explique comment il devint l'intermédiaire de l'auleur des Provinciales. Nous savons aussi que Th. Fortin, qui était curé de la petite paroisse de Saint- Christophe, près l'Hôlel-Dieu, persuada à H. Masure, curé de Saint-Paul, d'écrire contre la morale relâchée des casuisles flétris par les Lettres de Pascal. De là sont sortis les célèbres factums des curés de Paris dirigés contre les Jésuites (1658)*. Th. Fortin prit encore parti dans les débals du Gallicanisme qui commencèrent en 1665. A cette époque on trouve son nom parmi les signataires des six propositions qui furent l'esquisse des quatre articles de 1682. Voici d'ailleurs, comment il était noté auprès du pouvoir :

« Fortin. — Homme fort, ne changeant point de sentiments « non plus que de conduite. Cherchant toujours à chagriner les

1. Recueil d'Utrecht (1740), p. 281. — Jager, Hist. de V Église de France, t. XVII, p. 129.

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