‹ L'ancien Collège d'Harcourt et le Lycée Saint-Louis. Notes et documents pour la plupart inéditsChapitre 197 sur 355 · V. les revenus en 1691, aux Documents annexes · texte numérisé non relu

V. les revenus en 1691, aux Documents annexes

insinuaient charitablement que le proviseur se faisait la part du lion, et ils cherchaient à le prouver.

C'est ce qui nous a valu un faclum intéressant, dans lequel les boursiers nous font connaître l'état, un peu exagéré sans doute pour les besoins de leur cause, des revenus et profits de la communauté des pensionnaires d'HARcouitT en 1703, Il y avait 150 pensionnaires, y compris les précepteurs et la domesticité. Chaque pensionnaire payait au proviseur 350 livres par an, ce qui faisait 52 500 livres que recevait Me de la Brière. Il dépensait 50700 livres, par conséquent, il lui restait un profit net de 21 800 livres.

Voici le tableau des dépenses dressé en dix articles par les boursiers :

4° Pain, qui était cuit au collège, 4 400 livres par semaine de 45 à 48 deniers la livre, d'où 72 800 livres de pain, pour 5 460 livres.

2° Vin, 400 rauids à 70 livres le muid, pour. . . 7 000 —

3° Viande de boucherie, y compris le suif, pour. 4 0 000 —

4° Volaille et pâtisserie, 2 fois la semaine, pour . 2 000 —

5° Poisson, beurre, légumes, huile, pour 4 000 —

6° 80 voies de bois, pour 4 040 —

7° 6 minots de sel, pour 300 —

8° Desserts, pommes, fromages, etc., pour; . . . 500 —

9° Gages des domestiques et cuisiniers 300 —

40° Blanchissage de nappes et linge de cuisine. . 400 —

30 700 livres.

Recettes. ... 52 500 livres.

Dépenses ... 30700 —

Bénéfice. ... 24 800 livres.

Les boursiers avaient soin de remarquer encore qu'ils ne comptaient pas les profits que le proviseur devait tirer, soit du temps des vacances quand il ne restait plus que 40 ou 50 personnes au collège, soit des dimanches, fêtes et congés. Us signalaient même que Me de la Brière ne dépensait que 150 livres pour les sous-principaux, et que les maîtres de

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quartiers, les portiers et valets étaient payés par les pensionnaires en outre du prix de la pension.

Ils prétendaient que les 21 800 livres qui restaient au proviseur auraient dû faire retour au collège, surtout à Ja communauté des boursiers, dont ils exposaient, comme nous l'avons vu plus haut, la condition misérable. S'ils ne disaient pas avec le fabuliste : « Notre ennemi c'est notre maître, » ils agissaient en conséquence, car nous ne relevons pas moins de trente griefs accumulés dans les factums de 1703 à 1708 qu'ils publièrent contre le proviseur La Brière. 11 en est de

sérieux, il en est d'intéressés, il en est aussi de puérils. c>)

Parmi les premiers nous remarquerons la suppression de la &:££

salle des thèses réservée aux théologiens, et des chambres ;ïg

destinées à l'infirmerie, l'omission de certains comptes ren- ^c

dus de dépenses, de certaines assemblées de boursiers que ;*-

prescrivaient formellement les statuts. Ils reprochaient encore ^

au proviseur de n'avoir pas muré les portes secrètes de la ïj?

maison ou de ne l'avoir fait que pour la forme en les rem- 5:2

plaçant par des passe-partout à la porte d'entrée. Parmi les £^~

seconds, il faut ranger les réclamations eh faveur de l'aug- jjjjS

menta lion des bourses et du rétablissement des répétitions ^

pour les humanités et la philosophie. Enfin signalons les c5

mesquines plaintes sur le jardin du proviseur, sur la robe et le ^

bonnet carré que, par bonne tenue, il imposait aux boursiers t^

artiens et grammairiens, sur la suppression de la messe du q2

samedi, sur de prétendues violences ou menaces dont certains t! J

boursiers théologiens avaient été l'objet pour entraver la ^2

liberté des élections, et enfin, le comble de tous les crimes, ^S

les deux billards que le proviseur avait installés dans la salle Uj

des thèses à l'usage des jeunes pensionnaires, et la taxe qu'il prélevait pour chaque partie1. Nous donnons ici, d'après des gravures de l'époque, le dessin de cette salle de billard et celui du costume des pensionnaires du collège d'HARcouRT.

Quoique la plupart de ces récriminations soient fort injustes et assez ridicules, et peut-être même à cause décela,

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