‹ L'ancien Collège d'Harcourt et le Lycée Saint-Louis. Notes et documents pour la plupart inéditsChapitre 198 sur 355 · Bib. nat., factums 24345 et · texte numérisé non relu

Bib. nat., factums 24345 et

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elles nous renseignent sur l'esprit du collège à cette époque, en nous montrant la communauté des pensionnaires comme très nombreuse et très prospère. Le proviseur semble concentrer sur elle tout son zèle et tout son dévouement : c'est ce qui déplaisait aux boursiers théologiens et les animait contre lut. Ils sentaient leur importance diminuée et s'en vengeaient par leurs tracasseries.

Les facturas nous parlent aussi des jeux usilés alors. Ainsi nous apprenons, à propos de ces malencontreux billards, que Ton jouait encore à Harcourt au palet, à la paume, au petit sabot, aux barres, au ballon, et même, quelle tolérance! aux cartes, car les boursiers ne manquent pas de joindre ce grief à tous ceux que nous venons d'énumérer. A rencontre de ces réclamations, nous pouvons dire que La Brière se préoccupait, comme ses prédécesseurs, d'améliorer la condition des boursiers et de sauvegarder leurs revenus par de sages économies. 11 l'a prouvé par une fondation mentionnée à la date de 1701. En revanche, on aurait pu leur demander à ces pauvres boursiers pourquoi, se trouvant si malheureux à Harcourt, ils tenaient tant à y rester, au delà même du terme fixé par les statuts, alors que rien ne les y obligeait? Nous verrons, en effet, qu'il faudra les rappeler à l'ordre sur la durée des bourses. 11 ne parait pas, d'ailleurs, que La Brière se soit préoccupé outre mesure de ces accusations; mais elles firent néanmoins impression sur les juges auxquels s'adressèrent les plaignants : car nous voyons, dans les nouveaux règlements imposés, en 1707, au collège d'HARCouRT, que Ton y parle des billards placés dans la salle des boursiers, et qu'il est prescrit de les démonter pour les soutenances de thèses.

Déjà, en 1703, cette maison, lors de la visite générale des collèges ordonnée par Louis XIV, avait reçu un « règlement général pour la conduite, discipline et administration du collège d'HARcouRT ». Ce document, que nous publions à nos annexes, est important, parce qu'il nous fait connaître le personnel et la situation du collège à cette époque. On y mentionne, outre le proviseur de Louvancy, le prieur Adam, le procureur Esnault, les boursiers Du Bourg, des Authieuz.

Polynier, Villicrs, Juetz et Testa. La visile complète de l'établissement est faite par le conseiller du Parlement Antoine Portail, le chancelier de Notre-Dame Edme Pirot et le Recteur de l'Université Edme Pourchot. Les archives sont examinées, les fondations contrôlées, les maîtres, les élèves sont entendus, les plaintes reçues, les salles, les classes, toutes les parties de la maison, visitées avec soin. C'est, en un mot, une véritable inspection générale. Il en résulte tout un ensemble de décisions qui régularisent la situation réciproque du proviseur et des boursiers. Le proviseur est confirmé dans son titre de principal-né de la maison, ayant droit de choisir un sousprincipal qui ne dépendra que de lui, et de tenir seul la communauté des pensionnaires, sauf à payer à la communauté des boursiers deux mille livres pour le loyer des bâtiments. Il continuera à recevoir double bourse et à participer aux distributions des obtit fondés dans la chapelle. 11 devra assembler tous les lundis les boursiers, pour traiter des affaires de leur communauté, veiller sur les livres de la bibliothèque et nommer le bibliothécaire avec le prieur et le principal. Quant à la communauté des pensionnaires, le proviseur aura soin que la prière se fasse en commun matin et soîr, qu'il y ait pour eux une messe avant ou après les classes, une grand'messe et des vêpres les jours de dimanches et de fêtes ; il leur fera des instructions dans la chapelle, et s'assurera qu'ils savent leur catéchisme, surtout dans les basses classes. Il fera également des instructions aux domestiques du collège, aux jourset heures les plus commodes. 11 choisira pour professeurs des hommes, non seulement capables, mais de bonnes mœurs; il visitera les classes et assemblera les maîtres une fois par mois, pour s'entendre avec eux sur les progrès des élèves. Enfin les clefs des portes du collège lui seront remises tous les soirs, et les portes secrètes, s'il y en a, seront murées avec soin.

Quant aux boursiers, ils restent en possession d'élire comme auparavant les proviseur, prieur et procureur de la maison ; ils ne pourront posséder de bourse s'ils ont 150 livres de rente; ils ne devront pas les garder au delà des termes fixés,

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trois ans pour les artiens el cinq ans pour les théologiens; la bourse arlienne est de 36 livres 10 sols par an, et la bourse théologienne de 50 livres, sans compter divers legs faits en leur faveur. Le prieur et le procureur recevront en outre des émoluments particuliers pour leurs charges. 11 y aura un chapelain choisi parmi les boursiers théologiens. Le principal des pensionnaires sera présent à l'entrée et à la sortie des classes, il empêchera que les écoliers ne s'échappent pendant les leçons. 11 recevra cent livres par an pour sa charge, outre les avantages que lui fera le proviseur.

Comme nous le disions plus haut, sur les plaintes des boursiers, il y eut, en 1707, une autre visite faite au collège d'HARCouRT par les sieurs Pirot, Durieux, Pourchot et l'illustre Rollin, pour rappeler au proviseur d'HARcouitT les devoirs et les droits de sa charge. Il doit tenir une assemblée chaque mois, pour s'occuper de l'avancement des étudiants, donner l'instruction chrétienne aux pensionnaires et aux domestiques, visiter les classes, faire l'inventaire des biens de la maison, dresser le catalogue des livres de la bibliothèque et s'assurer de la clôture des portes secrètes du collège, selon l'arrêt de 1703. Le coffre-fort doit être placé chez lui, et avoir deux clefs, l'une à sa disposition et l'autre confiée au procureur du collège. Il en est de même pour les archives, qu'il devra tenir avec soin et en double. Il percevra le prix des pensions, choisira les prédicateurs, nommera les boursiers, les régents, et retirera les bourses aux étudiants qui ont dépassé le terme de leur jouissance. Enfin on y rappelle l'obligation imposée aux boursiers d'assister fidèlement à l'office divin et de se soumettre à la discipline du collège. Ces recommandations s'expliquaient, sans doute, par les troubles qui agitèrent le collège d'HARcouRT de 1705 à 1710, ainsi que le mentionne le Registre des Délibérations du bureau d^Harcourt*.

Peu de temps après, le proviseur de la Brière voulut sans doute affranchir le collège de toute dépendance à l'égard du curé de la paroisse Saint-Hilaire, sur laquelle il se trouvait,

1. Àrch. nat., M. 133, M. M. 449, et Bib. nat., factum 13012.

ainsi que nous l'avons dit précédemment1. 11 lui contesta le droit dont il jouissait d'ui'lîcier dans la chapelle de la maison aui premières vêpres de la Iule de saint Hilaire et de choisir le prédicateur qui devait en l'aire le panégyrique. Le curé de Saint-Hilaire, en M74, avait déjà eu à soutenir ses droits de juridiction sur le collège d'HAitcouiiT contre le curé de Saint- Côme, qui prétendait qu'il appartenait à sa paroisse, et celuici avait été, dit Pîganiol de la Force « débouté de ses prétentions par arrêt du Parlement rendu le 2 septembre 1(178, avec défense à lui et à tous autres de troubler le curé de Saint- Hilaire en la jouissance dudil collège d'IUncoritT. • Aussi quand le proviseur de la Brière chercha, a son tour, à soustraire son collègi' à la dépendance de la paroisse de Saint- Hilaihë, le curé de celle paroisse lit encore valoir ses droits devant le conseil du roi et il obtint, le 9 juin 1708, une sentence qui obligeait le collège d'H.vncouRT à respecter ses droits.

Il était dans la destinée de Jean de la Briére d'entrer en contestation avec tous ceux qui l'entouraient. Le voici maintenant aux prises avec la vénérable Nation de Normandie, qui, comme nous l'avons raconté, tenait ses assemblées au collège d'HARi h-kt. Cette fois les démêlés sont plus graves, sinon dans leurs causes, du moins dans leurs conséquences.

En 1705, il révoqua, tout d'un coup, le professeur de rhétorique Josset et disposa de la chaire en laveur de B. Grenan. Il trouvait que sa classe n'était pas assez nombreuse, que son enseignement laissait à désirer, et que ses élèves ne réussissaient pas. Ce procédé sommaire ne Tut pas du goût de celui qui en était l'objet, et il s'en plaignit à la Nation de Normandie. Celle-ci se réunit, sous la présidence du procureur Lavoisé, examina l'allaire et jugea que le proviseur d'H*Rcodrt avait agi d'une manière injuste et déloyale en dépossédant de sa chaire, sans motifs sérieux, sans jugement préalable, un professeur qui enseignait depuis neuf ans avec

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