V. chap. I», p
3. Au xvm* siècle le Lendit est encore en honneur parmi les et- lien. Ils se cotisent pour louer des chevaux et des Toitures, pour organiser des banquets sur le gazon. * On dévore et l'on court, ou court et l'on dévore; voilà les fonctions de ce jour fortuné, • dit tin auteur du temps. On raconte que Louis XVI, rencontrant des écoliers un jour de Lendit, se mit a jouer avec eux aux barres et qu'il les invita ensuite à goûter ; mais ils refusèrent, leur goûter étant plus proche que celui du roi, et l'appétit l'emportant sur l'honneur île s'asseoir à sa table. (V. Hathery, Journal dr l'Inst. public., aun- ■■ 1857. p. 162.)
La veille de la Toussaint, à S. h., les confessions et à 6 h. 1/4 les premières vêpres. Le jour de la fêle lever à 6 h. pour les matines, puis ta messe à 8 h. 1/2 ou 9 h. sans prédication; les vêpres à 1 h. 1/2, celles des morts ensuite et office des défunts à 5 h. 1/2. Le lendemain à 8 h. récitation des sept psaumes de la pénitence, messe solennelle des morts.
Ce sont encore les fêles de la Conception de la Sainte Vierge, de Noël, de la Purification, où chaque élève offre un cierge; la fêle de la Saint • Ckarlemagne , le 28 janvier, jour de congé; les services solennels pour le Tondateur du collège, Raoul d'Harcourt, le vendredi avant la Quinquagésime et le vendredi après l'Exaltation de la sainte Croix. Les congés des jours gras, les offices et prédications du carême, les fêtes de Pâques, de la Pentecôte, de Y Ascension, du Corpus Christ* avec ses processions autour de ta cour, de l'Assomption, où officiait la vénérable Nation de Normandie, ainsi qu'à la Nativité de la sainte Vierge.
Enfin les vacances qui commencent au 13 août en 1713, et même au 1", s'il n'y a pas de tragédie à jouer pour la distribution des prix1.
Le règlement qui tient d'être résumé nous a initié a la distribution de la journée des élèves d'HARcounT et aux exercices religieux qu'ils suivaient, parce qu'on comprenait alors que l'éducation n'est complète qu'à la condition d'associer la religion a l'élude. Notons, au sujet des élèves d'HAHcoiiRT, que l'on en distinguait, en 1714, plusieurs sortes: 1° les pensionnaires, convictores, auxquels s'adresse le règlement que nous venons de rappeler; 2" les sociétaire», socii; il yen avait de deux catégories, les boursiers, bursates, qui élaient défrayés de leur pension, et les non boursiers, non bursates,
....... jtS, la pièce authentique tirée des
Arch. riat. M. 134. En 1725 il est décide que les vacances commenceront le 1er août pour les physiciens, le 9 août pour les logiciens, le 13 août pour les rhétoriciens, et le Si* pour les autres
qui payaient leur pension ; enfin 3" les senteurs, seniores, anciens boursiers ou élèves qui, sortis du la maison et possédant une situation éminente dans l'Église ou l'Universiié. faisaient partie du conseil du proviseur et en signaient les délibérations. A partir du proviseur Padet, on admit an rang de semeurs les professeurs de philosophie et d'humanités1.
Des exercices littéraires ou disputes publiques sur des sujets profanes et même sacrés avaient lieu devant tout ] collège à diverses époques de l'année scolaire et surtout ,i l'approche des vacances, pour la distribution des prix. Cigenre d'exercices était comme le résumé et le couronnement des travaux de l'année entière : il offrait comme un témoignage authentique de la sollicitude des maîtres, de l'application et des progrès des élèves. Aussi en préparait-on le succès avec un soin jaloux. Le sujet de la dispute ou thèse, avec le nom du répondant, était d'ordinaire affiché à la porte du collège quelques jours avant la solennité; chacun en pouvait prendre connaissance; les parents et les amis des jeunes lutteurs, intéressés en quelque sorte à leur triomphe, aiguillonnaient encore leur zèle; une telle publicité n'était pas un médiocre moyen d'émulation. C'était dans ces circonstances que l'on déployait, surtout pour les thèses de philosophie, un vrai luxe de décoration et d'invitations. La salle nu devait avoir lieu la dispute était ornée de tentures, al des personnages de marque étaient conviés à y présider ou à y assister1. Les professeurs et les amis des combattants leur faisaient fête et composaient a leur adressa ces pièces de vers dont nous avons cité plus haut quelques passages.
Nous avons trouvé plusieurs recueils de programmes de cedisputes, conservés à la bibliothèque de la Sorbonneetà la bibliothèque Mazarine. Ils nous font connaître une partie de ceux qui ont été publiés, depuis l'année 1698 jusqu'à l'année 1711
Co sont des sujets empruntés le plus souvent aux auteurs classiques et formulés ainsi :
Cum Deo
Joannea Francisais Hignot
Parisinus
in tertio ordine auditor;
Sextum Pub. Virgilii Maronis ^Eneidos librum publiée interpre-
tabitur et quaecumque ad fabula m, historiam, conditionem région um,
situmque pertinebunt cuilibet interroganti, quam uberrime poterit,
ezponet.
Disputationem aperiet Pranciscus de Harcourt, Rothomagensis,
Die JotU tertia Augusti, anuo Domini MDCC1I
a tertia ad vesperam,
In aula Harcurlana.
Ainsi, d'après la teneur du programme, le conférencier doit être prêt à répondre à toutes les questions qui lui seront faites par les assistants sur le sujet proposé. C'était une joute littéraire qui avait pour but de stimuler les élèves, de les habituer à la discussion, de les obliger à étudier à fond certains sujets, et de donner la mesure de leur savoir.
Parfois le programme est conçu en français, tel que celui-ci : « Exercice sur le IVe livre des Géorgiques. — On exposera d'abord ce que c'est que les Géorgiques de Virgile; quel est le dessein de ce grand ouvrage. On s'attachera surtout au IVe livre, comme étant le plus poli et le plus achevé de tous. On en fera une fidèle traduction; et à l'occasion des sacrifices et des augures, on en rapportera les principales cérémonies observées par les anciens. On répondra aussi à toutes les difficultés de grammaire, de géographie, de l'histoire et de la fable, le lundi 2 août 1706 depuis 3 h. après midi jusqu'à 1) h. du soir. »
Ordinairement, cet exercice est présidé par un professeur chargé de diriger la discussion. Des Authieux parait souvent dans ces fonctions. Ces exercices portent généralement sur les œuvres d'Horace : Odes, Satires, Èpitres; de Virgile : Bucoliques, Géorgiques, Enéide ; les Commentaires de César, VAndrienne de Tèrence, les Paradoxes, discours et plaidoyers de Cicéron, qui étaient les auteurs communément
expliqués en rhétorique, seconde et troisième. Les écrivains grecs figurent moins souvent que les latins sur ces programmes. On y trouve cependant les discours d'Eschine et de Démosthêne, les tragédies de Sophocle, surtout celle i Œdipe. On rencontre aussi quelques questions d'histoire de la religion, sur Jésus-Christ el sur les Évangiles. Quant ans nomades combattants il y en a plusieurs qui appartiennent à l'histoire1.
1698 Jean des Authibux disputera contre Olivier de Cu ville, de
Pari».
4700 Léonce db Matignon contre Michel Bouvard de Foui-
queux.
1701 Nicolas Lagace du Roule centre Charles Pjtel. 1701 Jean-François Mïgnot, de Paris, contre François de Hak-
court, de Rouen.
1704 Pierre Chaillon, de Parti, contre Jean de Brock, Anglais.
1705 Jean db Colrchaud d'Ignt, de Par», contre Henri Camille
db Beringhen, de Paris.
1705 Victor Amelot de Gournat contre La Houssate.
1705 Christophe de la Hâte contre Jaun av.
1706 Antoine Jolt contre Henri du Tôt db Varnbville.
1706 Charles de La Valettb contre Jean-Baptiste Scott de
FuNSCHON , de Rouen.
1707 Gabriel Colleville, de Bayeux, contre Chaillon de Join-
villb, de Paris.
1707 Neret contre Antoine Jolt.
1708 Dominique Le Bel contre François db Chaharande.
1713 Jacques Basan de Flahenville contre Claude Prévost de
Saint-Ctb, de Bloi».
1713 François Porte contre Tannegut Le Prévost de Saint -
Julien, de Lisieux.
4715 François de Castillont, de Lyon, contre Pierre de la
Follbtière, de Paru.
4715 Pierre Langlet contre Honoré de la Combe, de Paris. 4715 Des Cas aux de la Foliettb, de Nantes, contre Antoine de
Castillonï, de Lyon.
4718 Alexandre-Jacques Kbiconnbt, de Paris, contre Charles
Maussion, de Paris.
1736 Louis-Jérôme de Suftrbn de Saint-Tropez, à' Arles, contra
Louis Pluhard, du Mans.
1737 Jean-Baptiste-Marie de Lilt, de Paris, contre Pîerre-Jean-
Baptîsle Doprat, de Lorraine.
Si
t. Bib. Hu„ 401 B. Bib. d« la Sorb., U. 7.
4738 Nôël-Hél.ène-Prançois Danycan, de Paris, contre Pierre Le
Massif, d'Évreux.
4740 Clause Le Nain, de Paris, contre Jean-Baptiste-Jérôme
Bruni de la Tour-d'Aigues, de Marseille. 474% Jean-Baptiste Mignot Desaulnais, de Paris, contre Jean-
Baptiste de Bonneval, de Poitiers.
4743 Louis Le Peletier de Mortefontaine, de Parts, contre
Jean-Baptiste-Nicolas Daine, de Paru.
4744 Henri-Louis:Julien Suaire, de Paris, contre Antoine-Pierre
de la Mouche, de Parts.
Remarquons à propos de ces noms qu'ils n'appartiennent pas tous à la Normandie, parce qu'à cette époque le collège recrutait la plupart de ses élèves dans la bourgeoisie parisienne ou parmi la noblesse de robe, qui a été un élément dominant à Harcourt, tandis que la noblesse d'épée et de cour envoyait plutôt ses enfants au collège Louis-le-Grand. Nous trouvons cependant dans la liste que nous venons de donner un certain nombre de jeunes gens de l'aristocratie, tels que ceux qui s'appellent d'Harcourt, de Matignon, de Ghamarande, et nous en avons rencontré d'autres parmi les noms que nous venons de mentionner. Notons enfin qu'en 1722, sous Dagoumer, les recettes du collège sont de 19926 livres et les dépenses de 20751 livres1, c'est-à-dire qu'il y a un léger déficit.
Quand G. Dagoumer quitta le collège d'HARcouRT, les boursiers élurent à sa place Gilles Asselin, qui va l'occuper près de trente ans (1730-1762). Il était né à Vire (Calvados) le 31 décembre 1682, et appartenait au diocèse de Baveux. On l'envoya de bonne heure à Paris au collège d'HARcouRT, où il fil ses études et se distingua par son goût pour la poésie. En 1701, n'élant encore qu'étudiant, à peine âgé de 19 ans, il remporta le prix de la Ballade au concours du Palinod de Caen. L'année suivante, il n'était pas moins heureux pour son sonnet sur le Sacrifice d'Abraham, qui fui plus tard (1711) couronné aux Jeux Floraux1. Ces premiers