‹ L'ancien Collège d'Harcourt et le Lycée Saint-Louis. Notes et documents pour la plupart inéditsChapitre 219 sur 355 · Bibl. de la V. de Paris, S · texte numérisé non relu

Bibl. de la V. de Paris, S

tanquam judicium ecclesiae universalis dogmaticum et regni legem*.

On sait comment le jeune prince Armand de Rohan, abbé de Ventadour, bachelier en théologie, à peine âgé de vingtdeux ans, fut nommé, en 1739, Recteur de l'Université, contrairement aux statuts et aux traditions, et contribua à faire accepter par l'Université, moitié de gré, moilié de force, la constitution Unigenitus. A la suite d'une réunion de tous ses membres dans l'église de Saint-Sulpice, convoqués le 12 juin pour adhérer à la constitution, les récalcitrants furent privés de toute voix active et passive dans ses délibérations, exclus des assemblées, des Facultés et des Nations jusqu'à soumission complète et rétractation publique de leur opposition1. Nous avons tenu à signaler l'acle d'adhésion de la Nation de Normandie, parce qu'elle montre que l'on était alors à Harcourt plus éloigné du jansénisme qu'au temps du proviseur Fortin, l'ami de Pascal.

Mais si la cour se montrait si favorable à la constitution Unigenitus, parce qu'elle était conforme à ses intérêts, en revanche elle poursuivait impitoyablement toute tentative d'infraction aux articles de l'Assemblée du clergé de France de 1682 sur les libertés de l'Église gallicane. Nous en avons la preuve dans une délibération de la Nation de Normandie, réunie au collège d'Harcodrt en 1752. On avait soutenu à Lyon, au couvent des Carmes, une thèse sur l'infaillibilité du pape et son pouvoir sur le temporel des rois. Aussitôt la thèse est déférée au Parlement comme attentatoire au pouvoir royal, et il est ordonné qu'elle soit lacérée et brûlée par le bourreau au pied du grand escalier, que tous les exemplaires soient supprimés et que les imprimeurs et libraires soient poursuivis. Les Carmes sont obligés de se soumettre à la sentence et déclarent qu'ils acceptent les quatre articles de la Déclaration de 1682, adoptent les principes des libertés de l'Église gallicane et sont prêts à les soutenir en bons Français

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