F. Faure. Hist. de saint Louis, t. II
Sorbon ': « Maître Robert, je voudrais avoir le nom de « prud'homme, mais que je le fusse vraimenl, car prud'homme « est si grande et si bonne chose que rien qu'à le prononcer « emplit-il la bouche. » Le vieil auteur, cité par de la Roque, confirme le fait dans ces termes d'une poésie primitive :
t Donc preudhomme tout le monde l'appelle.
Qui contredit ce mot qu'on le rapelle
En lui donnant deux ou trois coups de pelle,
Comme arrogant et lourd deffectueux.
Le roy Louis qui en gloire éternelle,
Est couronné de couronnes immortelles :
Le dit preudhomme prudent et vertueux '. »>
Le baron Jean montra sa pntd'homie, c'est-à-dire sa piélé, en fondant près de son château d'HAitcouRT, en 1254, le prieuré de Notre-Dame-du-Parc, qu'il confia a des chanoines réguliers de Saint-Augustin de Tordre du Val des escholiers. C'était un nouvel institut religieux établi, depuis 4201, dans le diocèse de Langres, par quatre maîtres en théologie de l'Ecole de Paris. Or, en 1229, ils viennent fonder à Paris, pour leur ordre, un collège admis à participer aux privilèges de l'Université; les jeunes d'Harcourt ne puiseront-ils pas auprès d'eux la première pensée du collège qu'ils établiront un jour1? Le prieuré du Parc était pour le baron Jean sa Sainte-Chapelle, où il venait prier et assister à l'office divin, à l'exemple de saint Louis. Dans ce temps-là, d'ailleurs, les hommes de guerre, même en campagne, entendaient la messe tous les malins, et, dans les loisirs du manoir, récitaient les heures canoniales comme de véritables religieux3. C'est au Parc aussi qu'il voudra être enterré, en 1288, auprès de sa femme, qui y sera déposée en 1275.
La femme de Jean d'Harcourt était digne d'un tel mari.