‹ L'ancien Collège d'Harcourt et le Lycée Saint-Louis. Notes et documents pour la plupart inéditsChapitre 242 sur 355 · Gh. Jourdain, Hist, de F Univ., t. II, p · texte numérisé non relu

Gh. Jourdain, Hist, de F Univ., t. II, p

enfants de la patrie de cinq à douze ans, sur le modèle dé Sparte1. Maximilien Robespierre devait le reprendre et le présenter à la Convention Nationale en juillet 1795, alors que celle-ci venait de proclamer la liberté absolue de l'enseignement, moyennant certaines déclarations de la pari de ceux qui veulent s'en occuper sous les noms d'instituteurs et institutrices. Tous ces projets sonnaient le gins des vieilles institutions universitaires. Déjà les chaires de Soubo.»e et de Navarre avaienlété supprimées, les biens formant les dotations des collèges et autres établissements d'instruction publique mis en vente, et les noms même de plusieurs d'entre eux changés. Sous l'iniluence de ces événements, bien que la population des collèges lendit à s'affaiblir, les éludes sont encore suivies à Harcoukt, comme en témoignent les treize copies d'un thème latin sur Y Amitié, d'après Cicéron, qui portent la date du jeudi 16 mai 1793*. Voici les noms des élèves auteurs de ces copies : Baillet, Chemin, Commandeur, Deville, Guinaud, Joirin, Maurel, Hassieu, Lalande, Meslin, Lasnon, Pochereuz, Pressât. Ces élèves appartenaient à la classe de quatrième, et l'un d'eux, Lalande, figure parmi les lauréats de celle classe au Concours général de 1793.

Cette année-là, nous voyons que la distribution des prix du Concours, sans doute pour rompre avec la tradition monarchique, n'a plus lieu à la Sor bonne. Voici le libellé du procèsverbal.

« L'an 4793, IIe de la République Française, une et indivisible, le 4e jour d'août, 5 heures du soir, les administrateurs du département de Paris se sont réunis au lieu dit les Jacobins, rue Saint- Honoré, dans la salle des Amis de la Liberté et de l'Égalité, pour la distribution des prix de l'Université, en exécution des décrets de la Convention Nationale des 29 juin, 3 et 19 juillet précédents.

Une députation de la Convention Nationale est venue accroîtra l'émulation des élèves, en assistant à cette augusle cérémonie.

Le Tribunal de Cassation, le Tribunal criminel et extraordinaire, tous les corps administratifs et judiciaires du département, l'as-

1. V. Gréard, Yice-recteur de l'académie de Paris, Législation de. V Instruction primaire en France, 2e édition, t. Ier.

2. De Amicitia, n° xvm. « Ita fit verum illud quod initio dixi, amicitiam nisi in ter bonos, esse non posse. » Ed. Le Clerc, t. 28.

semblée électorale et des commissaires des sections de Paris, se sont aussi rendus aux invitations qui leur avaient été faites par le procureur général syndic au nom du Directoire.

Tous les officiers de l'Université, principaux et professeurs des collèges, s'y sont également rendus avec les écoliers.

Enfin toutes les tribunes de la salle se sont trouvées remplies de citoyens et citoyennes, dont l'aflluence ajoutait encore à l'éclat de cette fête intéressante.

Le citoyen Dufourny, président du département, a ouvert la séance en prononçant le discours4.

L'orateur débuta par ces mots de la Marseillaise :

a .... Enfants de la Patrie, « Le jour de gloire est arrivé,

« au bruil des acclamations des citoyens et par la main des « représentants de la Nation, vos talents vont être couron- « nés.... Que vos âmes, enfants de l'égalité, ne s'effrayent « pas de ce que vos fronts seront un moment ceinte de « couronnes : car ces couronnes ne sont point celles de l'or- « gueil, ni celles de la tyrannie; ce sont les couronnes de « l'émulation, des talents qui ont fondé, illustré et défendu « les Républiques.... Enfants de la Patrie, dit-il en terminant, « vous êtes les derniers des jeunes Français qui auront eu « le malheur de ne développer leurs talents qu'au milieu des « préjugés.... Réunis dans peu, par vos parents, à la mère « commune, vous recevrez cette éducation politique qui seule « peut rétablir l'unité, l'égalité et le bonheur. Qui d'entre « vous, purs comme la nature, a jamais distingué dans son « camarade le fils du tans-culotte ; et s'il l'a distingué, n'est-ce « pas, enfants généreux, pour l'en aimer davantage? »

Le procès-verbal officiel que nous citons a soin d'observer que les acclamations des jeunes élèves et des assistants ont fréquemment interrompu ce discours. Après cette véhémente allocution, Crouzet, principal du collège du Panthéon, c'était le nouveau nom de l'ancien collège de Montaigu, lut un poème sur la Liberté. Il fut aussi très applaudi. La Convention or-

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