‹ L'ancien Collège d'Harcourt et le Lycée Saint-Louis. Notes et documents pour la plupart inéditsChapitre 272 sur 355 · Discours de M. Maze · texte numérisé non relu

Discours de M. Maze

M' Du7al, au xviii* siècle : « Personne ne réalisa jamais plus complètement que lui l'idéal d'un proviseur, la sévérité du maître tempérée par la bonté du père. »

Après avoir parlé des proviseurs nous devons un souvenir et un éloge aux censeurs qui ont coopéré avec eux à la prospérité de Saint-Louis. Nous ne connaissons que les noms des trois premiers : MM. Clerc (1820), Émery (1824) et Roger (1832). Voici ce que nous avons appris des suivants.

H. Didier, né à Paris, en 1810, fil ses éludes au lycée Louis-le-Grand, devint professeur, passa ensuite censeur à Saint- Louis (1845), après M. Roger, puis revint censeur è Louis-le-Grand (1849). Il en sortit pour aller comme pro* viseur à Orléans, à Strasbourg, à Nantes, à Rouen, à Versailles, et enfin à Louis-le-Grand (1864), où il mourut en 1868. Il était officier de la Légion d'honneur.

M. Eug. Gen ouille, né à Paris, en 1811, fît ses études au collège Saint-Louis, professa au collège Louis-le-Grand, puis à Orléans, revint à Louis-le-Grand, entra dans l'administration comme censeur du collège de Rouen (1845). De là il passa au même titre à Saint-Louis, en 1850, et enfin fut envoyé proviseur au collège de Sens où il est mort.

M. Louis-Auguste Materne, né à Lyon en 1812, fut élève de l'École normale en il 832, puis professa la rhétorique au collège de Chàlons-sur-Marne (1835), la troisième aux collèges de Saint-Étienne, de Douai, de Rouen, de Caen; la seconde au collège de Dijon, la rhétorique aux collèges de Besançon, de Dijon et de Strasbourg. Il devint inspecteur de l'Académie de Seine-el-Oise, en 1852, et enfin censeur de Saint-Louis de 1853 à 1865. Il le quitta pour passer en la même qualité au lycée du Prince impérial. Il était chevalier de la Légion d'honneur. M. Materne est fauteur de nombreuses traductions de classiques grecs et latins.

M. Jean-Auguste Ohmer, né à Épinal (Vosges), en 1822, fut d'abord maître d'études au collège de Nancy, en 1843, puis élève de l'École normale en 1845. Il professa ensuite aux lycées de Strasbourg, de Bourges, de Besançon, et à Charlexagne. Il entra alors dans l'administration comme censeur

des lycées d'Angoulème el de Lyon, devint proviseur du lycée de Bar-Ie-Duc, et enfin censeur de Saint-Louis, en 1865, d'où il passa à Charlemagne en la même qualité, en 1872. Il a été depuis proviseur des lycées de Versailles et Charlemagne. En 1880, il prit sa retraite et retourna vivre dans sa ville natale, à Épinal, où il a rempli pendant plusieurs années les fonctions de maire. H. Ohmer est chevalier de la Légion d'honneur depuis 1867.

M. Charles Lenglier lui succéda à Saint-Louis en 1872. 11 est né à Saint-Quentin, en 1817. Élève de l'École polytechnique, en 1835, il en sortit pour professer les mathématiques à Pontivy, à Brest, à Nantes, à Versailles, devint censeur du lycée Corneille (1871), et du lycée Saint-Louis (1872). Il y fut décoré de la Légion d'honneur en 1880, et passa alors comme proviseur au lycée Charlemagne. Il a laissé à Saint- Louis le souvenir d'un censeur ferme et bienveillant. Esprit distingué et fort lettré, il était très apprécié de ses collègues. Officier de la Légion d'honneur en 1887, il a pris sa retraite, en 1889, à Rennes.

H. Etienne Deprez, né à Provencheres (Haute-Saône), en 1841, fut instituteur à Menoux (Haute-Saône), puis maître répétiteur aux lycées de Vesoul, de Besançon, de Saint-Louis, chargé du cours de physique au lycée de Bourg, professeur de physique au lycée de Grenoble, censeur au lycée de Caen, proviseur du lycée de Bourg, censeur à Saint-Louis (1881), d'où il passa en la même qualité à Henri IV (1883).

11 eut pour successeur à Saint-Louis, M. Chappuis. Né à Luxeuil (Haute-Saône), en 1837, il entra de bonne heure dans l'administration et fut attaché au collège de Vitry (1854), puis au lycée de Besançon. Il professa aux lycées de Vesoul et de Bar-le-Duc (1861-1868), devint censeur des lycées de Tournon el d'Orléans, proviseur du lycée de Toulon (1880), et enfin censeur du lycée Saint- Louis, où il remplit ces fonctions depuis 1882, avec autant de dévouement que de succès.

Le lycée Saint-Louis compte jusqu'ici vingt aumôniers, dont plusieurs peuvent être signalés comme remarquables. On trouvera leurs noms au tableau général de l'administration.

Mentionnons seulement ceux de l'abbé Sibour (1822), frère de l'archevêque de Paris, qui fut lui-même évoque in partibus de Tripoli; de l'abbé Dumarsais (1823), qui devint ensuite curé de Saint-François-Xavier et chanoine de Paris; de l'abbé Dassance (1838), prédicateur de mérite: du savant abbé Clerc (1852); de l'abbé Perreyve (1861), qui fut un des professeurs les plus appréciés de la Sorbonne ; de l'abbé Soulié (1867), aujourd'hui chanoine titulaire de Montauban ; des abbés Ferret et Vissac, tous deux érudits et lettrés, qui occupent encore d'honorables fonctions dans le clergé de Paris.

Le corps professoral du lycée Saint-Logis a été représenté, depuis 1820, par un grand nombre d'hommes distingués dans les sciences et dans les lettres. Nous donnons à la fin de celte histoire les noms de tous les professeurs indistinctement, parce qu'ils méritent tous d'y prendre place. C'est à ces maîtres remarquables que le lycée doit cette réputation de bonnes études scientifiques qui lui a valu tant de succès dans les Écoles du Gouvernement, et l'un des premiers rangs parmi les établissements universitaires de Paris.

Mais nous ne pouvons nous dispenser de mentionner au moins les noms de ceux qui sont parvenus à une plus grande notoriété par leurs travaux et leur situation, soit à l'Institut, soit dans l'Université. Le lycée Saint-Louis compte, en effet :

1° Parmi les membres de l'Institut: Alexandre, Babinet, Bertrand, Briot, Darboux, Debray, Duruy, Egger, Fustel de Coulanges, Gréard, Hébert, Lecoq de Bois-Baudran, Lefébure de Fourcy, Levasseur, Régnier, Rousset, Sédillot, Waddington ;

2° Parmi les inspecteurs généraux de l'Université : Anquez, Boutan, Caboche, Deltour, Fernet, Faurie, Gautier, Manuel, Quet, Vacquant, Vieille ;

3° Parmi les recteurs: outre M. Gréard, vice-recteur de l'Académie de Paris, déjà mentionné, Carême (Besançon), Etienne (Besançon), Guiraudet (Toulouse), Lissajous (Besançon) ;

4° Parmi les inspecteurs d'Académie : Aubert, Beaujan,

Bos, Charpentier, Combatte, Cougny, Courge on, Evellin. Prieur, Roger ;

5° Parmi les professeurs et agrégés do facultés et les maîtres de conférences : outre H. Darboux, doyen de la Faculté des Sciences, déjà mentionné, Bouty, Dufet, Demogeot, Gazier ;

6° Parmi les examinateurs des Écoles Polytechnique et de Saint-Cyr : Broutta, Brissaud, Canralho, Fabre, Tissot, Rebière, Vintéjoux;

7° Parmi les orateurs du Concours général, les professeurs de Saint-Louis : Perreau (1822), Bellaguet (1831), Loudières (1838), Demogeot (1844), Etienne (1862), Jacob (1878).

Mentionnons encore un lauréat de l'Institut : M. Chuquet (grand prix Goberf), qui professa au Collège de Franck, et les professeurs de dessin dont les œuvres remarquées à nos Expositions ornent la chapelle du lycée : MM. Biennoury, Chasse vent et Nanteuil.

Citons enfin deux brillants organistes, les compositeurs Honpou (1829) et Salomé (1870).

Rappelons également les professeurs dont les anciens élèves ont invoqué le souvenir dans les banquets de Y Association :

c Je crois voir encore mon premier maître de classe, M. Lestrade * disait en 4889, M. Bochet, inspecteur général des Mines et aussi notre maître d'écriture M. Lauverens qui, lorsque nous avions mal écrit, et que, pour nous excuser, nous prétendions, naturellement avoir une mauvaise plume, nous disait : ce n'est pas la bonté de la plume qui fait les formes.

Je me rappelle aussi mon professeur de septième de l'année suivante, M. Vernadé, qui fournit sa carrière au collège de 4 820

à 4840 et vient de mourir, comblé de jours, en 4888 Nous

avons eu aussi un remarquable professeur de seconde, M. Régnier, excellent maître, enseignant très bien ; et, en même temps, tenant parfaitement sa classe ; il fut plus tard choisi pour être le précepteur du comte de Paris.

« En rhétorique, pour le latin et le grec, le bon M. Charpentier, inspecteur d'Académie, que nous appelions le Père Carpolain, et pour le français, le spirituel et humoristique M. Loudières. Enfin pour l'histoire de France, M. Dumont, dont le cours était très

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