M. Lestrade professait au lycée en
intéressant, mais qui excusait la Saint-Barthélémy, ce qui nous paraissait excessif.
t Notre professeur de philosophie était M. Ad. Garnier qui faisait aimer celte science par le charme de son enseignement distingué. »
Quant aux professeurs de mathématiques, outre M. Babinet, qui devint si célèbre dans les sciences, H. Brame, inspecteur général des ponls et chaussées, mentionne les suivants :
c Nos professeurs, dit-il, avaient non seulement la science, mais encore l'art de la rendre intéressante. Mes contemporains ne doivent pas avoir oublié quelques-uns d'entre eux, M. Binet de Sainte- Preuve, par exemple, professeur de mathématiques élémentaires (4832). 11 avait un grand prestige parmi nous. Grand, bien fait, d'une physionomie charmante, il était en môme temps qu' excellent professeur, très connu pour ses succès mondains. Il montait à cheval comme Pellier, et faisait des armes comme Saint-Georges. 11 avait, je m'en souviens, une excellente méthode, qui nous faisait trouver le travail facile. Avant d'enseigner une partie nouvelle du programme, il appelait un de nos camarades au tableau et l'interrogeait. Notre condisciple déclarait qu'il ne pouvait répondre, pour le motif très légitime qu'il n'avait pas appris, M. de Sainte- Preuve souriait de son spirituel sourire; il affirmait que l'élève interrogé était plus savant qu'il ne le supposait. 11 lui posait quelques questions bien simples et s'appuyant sur les réponses, il établissait qu'elles contenaient la véritable solution ou démonstration du problème ou du théorème. Cette sorte de jeu nous intéressait fort, et il en résultait que la leçon ne sortait pas de notre mémoire : aussi le nombre d'élèves qui quittaient sa classe pour entrer dans les Écoles du Gouvernement était-il très grand.
• Nous nous rappelons tous notre célèbre professeur, M. Delille : Il fallait intriguer pour être admis dans sa classe de mathématiques spéciales qui fournissait à l'École polytechnique un si grand nombre d'élèves; nous finissions par y être presque tous
admis; ce n'était qu'une question de temps car il n'était pas
possible qu'un disciple de M. Delille, du père Pencu, comme nous l'appelions, — parce qu'au lieu de dire perpendiculaire, il disait, pour abréger, perpenculaire, — sortit fruit sec de la classe1. »
C'est encore l'éloge des professeurs Levasseur, Demogeot et Pierron par le sénateur Haze :
« Cher monsieur Levasseur, je n'ai pas eu la bonne fortune d'être votre élève, mais je savais par les camarades des divisions