Théâtre des antiquité* de Paris, p
3. Le P. Denifle, que nous avons consulte, nous a déclaré qu'il ne connaissait aucun document avant ceux de 1311, que nous mentionnerons bientôt. Nous en citerons cependant deux de 1309 et 1310 qui lui ont peutr-être échfppé. Nous sommes heureux de les lui signaler pour son grand et beau travail.
« Raoul de Harcourt avait occupé les premières dignités « ecclésiastiques. A cet effet, il acheta plusieurs maisons qui « menaçaient ruine, les restaura et les fit disposer, avec une « cour, pour la commodité des Étudiants ; mais, prévenu par « la mort, il ne put achever cette louable entreprise1. » Nous verrons que dans les actes de 1309, 1510 et 1511, émanés de Robert d'Harcourt, cette fondation est supposée, puisqu'on y fait partout allusion aux projets de Raoul que Robert déclare ne faire que réaliser et compléter.
Pendant vingt-sept ans, puisqu'il n'est mort qu'en 1307, Raoul d'Harcourt s'occupa d'assurer l'avenir de son œuvre, et on peut dire qu'il ne la perdit pas un instant de vue, à travers les occupations multiples que lui imposait sa charge de conseiller du roi. Nous le voyons, en effet, en 1295, présider à l'exécution du testament de Jeanne de Chatillon, veuve du comte d'Alençon, cinquième fils de saint Louis; en 1302, représenter Charles de Valois dans l'acquisition du château de Chartres, que lui cédait le chevalier Pierre de Plailly; en 1305, assister au contrat de mariage de Jeanne de Valois avec Guillaume, comte de Hainaut, de Hollande et de Zélande. C'est en 1307, comme nous l'avons dit, le 21 septembre, jour de la fête de saint Mathieu, qu'il quitta cette vie, en laissant à son frère Robert le soin d'achever, en qualité de son exécuteur testamentaire, ce qu'il avait si bien commencé, ainsi que le dit D. Félibien*. Raoul d'Harcourt fut inhumé auprès de son père et de sa mère, dans la chapelle du prieuré de N.-D. du Parc, à gauche du maître autel. Nous avons retrouvé son épitaphe « qui portait, dit de la Roque, qu'il était docteur aux droits et personnage très savant, le comparant à Papinien 8. » Elle confirme ce que nous savons de ses mérites et de ses vertus.
1. Du Boulay. Historia Universitatis Paris, t. III, p. 152— D. Félibien donne la même version de la fondation du collège d'Harcourt. V. Hist. de la Ville de Paris, t. I« p. 446.