‹ L'ancien Collège d'Harcourt et le Lycée Saint-Louis. Notes et documents pour la plupart inéditsChapitre 34 sur 355 · Hist. de la Ville de Paris, ut supra · texte numérisé non relu

Hist. de la Ville de Paris, ut supra

3. De la Roque, généalog. Harc, t. H, p. 1760, et t. IV, p. 1225. V. aussi Bibl. Nat. man. lat. 13905, f° 107 :

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D'après ce que nous venons de rappeler, la fondation de Raoul d'Harcourt était, à l'origine, assez modeste, comme le sont ordinairement les commencements de toute œuvre destinée à produire un grand bien. Ainsi qu'on l'a remarqué1, rien ne ressemblait moins à nos collèges modernes que ces fondations primitives. Un collège n'était guère, à cette époque, qu'une hôtellerie où quelques écoliers, désignés par le fonda* teur, trouvaient gratuitement le vivre et le couvert. Celui-ci, seigneur ou évèque, achetait une maison, l'appropriait tant bien que mal au logement d'une communauté de jeunes gens, lui assurait un revenu, nommait un maître, proviseur ou principal, pour l'administration générale de la maison, un procureur 9 pour les revenus et la dépense, un sous-maître ou sous-principal pour surveiller les écoliers, un ou plusieurs chapelains pour donner l'instruction religieuse et acquitter les messes établies par les fondateurs et bienfaiteurs; en outre il y admettait, suivant les ressources dont il pouvait disposer, un certain nombre d'étudiants qu'on appelait grands boursiers, quand ils étaient en théologie, et petits boursiers jusqu'en philosophie. Dans ces maisons, le portier est un personnage important, non par sa position, mais parle concours qu'il apporte à la discipline, concours qui va jusqu'à la fustigation deceux qui se permettent de la violer*. Souvent même ce portier était un étudiant qui n'avait trouvé que cette situation pour s'assurer un gîte qui lui permit de s'instruire. Il n'est

FIos legistarum constans pugil Ecclesiarum,

Hic jacet in loculo sub modico tuinulo.

Ex Harcourt natua est RADULPiiusque vocatus ;

Ingenti cura cognovit hœc omnia jura.

Ingenio sanus velut alter Papinianua,

Consilio clarus fuit, atque per omnia gnarus

M. cum ter centum septem planxit monumentum,

Prœbcns istud ei september luce Mathaei.

Sur le tombeau est figuré un personnage revêtu d'une dalmatique, ce qui prouve qu'il était archidiacre.

1. Thurot. L'Université au moyen âge, p. 125. — P. Chapotin. Hist. de Dormans-Beauvais. — QvdcheraX. HisU du collège Sainte- Barbe, 1. 1, ch. ix.

2. Vos. natibus ! disait Erasme, en parlant du fouet donné aux écoliers de son temps.

pas question du régents ou de professeurs, à l'origine, parce qu'il n'y en aura guère avant le xvi> siècle, et encore n'en verra- 1-on que dans les collèges les plue importants, ceux qui ac-

Robert d'Harcour

priera bui la tombe de ton trere1.

querront le droit du plein exercice, c'est-à-dire de donner l'enseignement classique complet. Jusque-là, les élèves vont aux

1, Cedesain sert d'estampille aux livrés que la comtesse d'HaRCQURT a légués au lycée Saint-Louis.

cours publics de la rue du Fouarre, ou auprès d'un professeur qui enseigne chez lui, mais ils sont surveillés et accompagnés par un maîlre de leur collège, qui, au retour, leur fait reprendre la leçon qu'ils ont entendue, afin de voir s'ils Font comprise. Enfin, au-dessous des boursiers et du portier, il y avait d'autres pauvres écoliers qui, faute de mieux, venaient encore au collège servir de domestiques, nettoyer, balayer les salles et les cours, pour obtenir, en échange, un morceau de pain et le droit d'assister à la répétition du maître.

C'est un collège ainsi organisé qu'avait fondé Raoul d'Harcourt, mais il comptait lui donner plus de développement, lui assurer des ressources matérielles et surtout en affermir rétablissement par des statuts, lorsqu'il fut surpris par la mort. Robert d'Harcourt, en qualité de sou exécuteur testamentaire, accepta la mission de compléter son œuvre. Elle ne pouvait être remise en de meilleures mains. Robert d'Harcourt n'était-il pas son frère, initié depuis longtemps à ses projets, et la grande situation qu'il occupait dans l'Église et dans l'État ne devait-elle pas lui donner encore plus d'autorité pour réaliser ses projets? En 1285, le roi Philippe le Hardi, le nomme clerc de son conseil, aux gages de la couronne. En 1288, à la mort de son père, il devient seigneur de Saint- Sauveur-le- Vicomte* et il est qualifié, à cette époque, dans certains actes, archidiacre du Cotentin * . Le diocèse de Coutances était alors administré par l'évêque Eustache de Rouen. En 1291, le chapitre le choisit à l'unanimité, à cause de ses qualités et de ses mérites, pour succéder à ce prélat qui venait de mourir3. En 1296 et 1298 il est mentionné au nombre des conseillers de Philippe le Bel. En 1302, il apparaît comme membre de la chambre des enquêtes de l'échiquier

1. L. Delisle. Hisu du château et des sires de Saint-Sauveur-le- Vicomte, ch. II.

2. G allia christiana, t. XI, p. 882. A. de la Boque, Généalog. d'Harcourt, t. II, p. 1731.

3. Toustain de Billy. HisU des evéques de Coutances, t. II, ch. vu

de Normandie. En 1310, il siège au parlement d'hiver assemblé à Paris4. Entre temps Robert d'Harcourt bâtissait un cloître pour ses chanoines de Coûtâmes; restaurait l'abbaye de Saint-Sauveur-le-Vicomte; sacrait, en 1303, son frère Guy, évêque de Lisieux, celui qui fondera en 1336, le collège de ce nom; tenait dans son diocèse deux synodes par an, assistait aux conciles de la province de Rouen, et à la translation du chef de saint Louis à la Sainte Chapelle (1306). Mais il était mêlé, et plus qu'il n'aurait voulu, à la querelle de Boniface VIII avec Philippe le Bel.

Robert d'Harcourt fut plus d'une fois, à ce sujet, envoyé en ambassade auprès du pape pour arriver à une entente entre les deux puissances, et il ne dépendit pas de lui d'empêcher la querelle de dégénérer, du côté du roi de France, en violences lamentables. II fut plus heureux dans la mission dont il fut chargé par Clément V auprès du duc de Bretagne, Jean III, qui avait à se plaindre des évoques de Rennes et de Vannes. Il réussite rétablir la paix entre les parties1. Toutefois ces négociations ne lui firent pas oublier l'œuvre de son frère et nous le voyons, en 1311, Tannée même où il fut appelé au concile de Vienne par le pape Clément V, lui donner sa forme définitive.

Il s'était déjà occupé auparavant de constituer un fonds de revenus suffisant pour l'entretien du collège qu'il voulait agrandir. Nous en avons retrouvé la preuve dans un Vidimus conservé par le généalogiste de La Roque. Il est daté de la huitième année (1421) du règne du roi d'Angleterre Henri V, se disant régent de France, au temps de la guerre de Cent ans, et il reproduit le texte des lettres patentes de Philippe le Bel, données en la fête de saint Denys, au mois d'avril (le 22) de l'année 1309. Dans cette pièce, ce prince autorise le transfert à la prévôté de Caen de deux cents livres de rente achetées au chevalier Guillaume de Histelle, par Robert d'Harcourt, évêque de Coutances, exécuteur du testament et

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