Hist. Univ. Paris, t. III, p
souvent à les désigner : celle de France, konoranda natio; celle de. Picardie, (iilelissima natio; celle de Normandie, vene.randa natio, et celle d* Angleterre, constantmima natio, qui devint plus tard la nation d' Allemagne ( . Chacune de ces nations, celle de Normandie exceptée, se composait de plusieurs provinces ou tribus.
La Nation de Normandie, la seule dont nous ayons à nous occuper ici, lirait les membres qui formaient sa tribu, tribaies, des sept diocèses normands de Rouen, Avranches,
1. Ce changement de nom eut lieu après la mort de Jeanne d'Arc, en 1436. Mais déjà, en 1378, à l'occasion de la visite de l'empereur d'Allemagne, Charles IV, à Parie, les maîtres et les étudiants de la Nation d'Angleterre avaient sollicité l'autorisation de prendre le titre de Nation d'Allemagne.
Bayeux, Lisieux, Coutances, Evreux et Séez. Elle prenait sous sa tutelle les collèges d'origine normande, tels que ceux d'HARcouRT, du Trésorier, de Lisieux, de Justice, de Séez, de Maître-Gervais et du Plessis. La Vénérable Nation exerçait sur ces établissements une sorte de surveillance qui leur fut plus d'une fois salutaire pour y maintenir la moralité, la discipline et les bonnes études. Les proviseurs des collèges normands, quoique élus par les boursiers, recevaient l'investiture d'un maître de leur Nation, en même temps que du Chancelier de Notre-Dame et du Recteur de l'Université. Ils ne pouvaient entrer en charge si leur élection n'avait été auparavant ratifiée parle procureur ou un représentant de la Nation de Normandie. Les régents ou professeurs étaient aussi approuvés par la Nation^ après avoir été choisis par les proviseurs. Quelquefois cependant elle abusa de son autorité à l'égard des collèges qu'elle protégeait, comme nous le verrons au sujet du collège d'HARcouRT.
Tout maître ou écolier normand pouvait se réclamer de la Nation de Normandie et invoquer son assistance. Les écoliers s'adressaient à leur Nation, par l'intermédiaire du maître sous la direction duquel ils étudiaient pour se préparer au baccalauréat et avec lequel ils vivaient, habitant souvent sa maison et mangeant même à sa table1. On avait le droit de se faire incorporer à la Nation, immatriculer, comme on disait alors, dès qu'on était bachelier, mais après avoir postulé par écrit et réuni la majorité des suffrages de l'assemblée, sorte de conseil de Tordre ou de la compagnie. Cette assemblée, comitia, composée de cinquante à soixante membres au plus, représentait la Nation et la gouvernait par ses mandataires. Pour en faire partie, il fallait être gradué de la faculté des arts, avoir professé au moins un'mois, en qualité de maître, être bachelier en théologie et en droit, ou avoir suivi pendant trois ans les leçons de ces facultés*. Outre cette assemblée particulière, il y avait l'assemblée générale des quatre nations