‹ L'ancien Collège d'Harcourt et le Lycée Saint-Louis. Notes et documents pour la plupart inéditsChapitre 5 sur 355 · Y. Thurot. L' Université au moyen âge, p · texte numérisé non relu

Y. Thurot. L' Université au moyen âge, p

2. V. Répertoire de V Université à la Sorbonne. — Statuts de la Nation de Normandie. — Du Boulay, EU t. Univ. Paris, t. m. p. 561.

ou de la faculté des arts, qui se tenait aux Mathcbins ou à Saint-Julie>--le-Padvre.

La Nation db Normandie avait, comme les trois autres, un Sceau particulier et un contre-sceau, que nous reproduisons ici, d'après une pièce qui porte la date de 1398, conservée aux archives nationales1.

nation de Normandie.

Le sceau de la Nation de Normandie a la forme ogivale, mesurant 0œ,075. 11 est divisé en trois compartiments et représente le couronnement de la Vierge au sommet; au milieu la Vierge encore, avec l'enfant Jésus, délivrant un écolier debout, les mains jointes, dans un vaisseau qu'un diable

- V. Donât d'Arcq, Collection des

s'efforce de submerger; entre la Vierge et le clerc, un écu aux deux léopards de Normandie. Au bas, trois écoliers à genoux, les mains jointes. Autour régnait cette inscription;

SlGILLUM MAGNUM NACIOMS NoRMANNORUM PaRISIUS STUDEN-

cium. Le contre-sceau porte un clerc debout, de profil à gauche, indiquant de la main droite et tenant de la gauche un livre ouvert, accosté de deux fleurs de lys et de quatre étoiles, avec l'inscription : S. Procdratoris Normame nacionis. Outre le sceau dont nous venons de parler, la Nation normande avait pris pour armes l'écusson de sa Province d'origine. Cet écusson de deux léopards d'or figure au frontispice ainsi que sur les couvertures de ses registres, et on le retrouve dans le sceau de la faculté des arts.

La Nation avait aussi des statuts que nous lisons dans un précieux manuscrit de la bibliothèque de Chartres, connu sous le nom de Cartulaire d'Harcourt*. Plusieurs des pièces qu'il renferme ont été citées par E. du Boulay, Charles Jourdain, et le P. Denifle, mais il en reste quelques-unes qui n'ont pas encore été publiées, et d'ailleurs personne, que nous sachions, n'a retracé l'ensemble des curieux règlements qu'elles renferment. Nous essaierons d'en donner une idée en parlant des offices ou dignités, des assemblées, des statuts, des revenus et de l'autorité de la Nation.

A sa tête était placé un procureur, procurator ornatissimus, élu d'abord par un suffrage à deux degrés, et plus tard par le suffrage direct de tous les tabulaires normands. On choisissait au xviie siècle alternativement un régent ou un bache-

1. Voir la notice aux documents annexes. Le Cartulaire cTHarcourt, conservé a la bibliothèque de Chartres, sous le n° 595, est un volume in-4°, relié en veau, aux armes du duché de Normandie, c'està-dire deux léopards d'or. Il contient 200 feuillets en parchemin précédés de 16 pages de calendrier et de sept feuilles A-H, mesurant 0»,270 sur 0m,205. On trouve aux pages 1, 03, 81, 113, 137 et 182 six miniatures, dont cinq à sujet double. Nous en reproduisons les dessins dans le cours de ce travail. — En dehors de ces statuts, nous sommes encore renseignés sur la Nation de Normandie par les deux registres de ses délibérations ou conclusions : Acta et décréta Nationis Normannorum, 1656-1759, qui sont déposés à la bibliothèque de l'Université.

lier non régent. En 1744, quelques-uns voulurent enfreindre cet usage, mais cette dérogation fui repoussée par la majorité*. Le procureur présidait les assemblées de la Nation, modérait la discussion et rédigeait, en latin, les délibérations ou conclusions signées de sa main sur un registre spécial. Il représentait la Nation dans les assemblées générales et dans les cérémonies publiques; il n'avait au-dessus de lui que le Recteur. Le procureur Taisait aussi partie du tribunal de l'Université, composé des trois doyens des facultés de Théologie, de Droit et de Médecine, et des procureurs des quatre nations de la faculté des arts, tous présidés par le Recteur.

Après le procureur on distinguait le doyen, decanus, le censeur, censor, et le plus ancien maître, magister antiquior, dont il n'est question que dans les documents du xvi* au xviii" siècle1. Le doyen remplaçait le procureur absent et avait avec lui la garde du sceau et les clefs du coffre ou caisse de la Nation, mais il n'avait pas la même importance que dans les autres facultés.

Le censeur, appelé aussi réformateur, était chargé de veiller a l'observation des statuts de la Nation, au maintien des bonnes mœurs, de l'ordre et de la discipline dans les collèges et les pédagogies qui en dépendaient, de signifier et faire respecter ses décisions, de dresser la liste des tribulaires normands, des candidate admis à la maîtrise es arts, de recueillir les demandes et les plaintes adressées a la Nation.

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