‹ L'ancien Collège d'Harcourt et le Lycée Saint-Louis. Notes et documents pour la plupart inéditsChapitre 41 sur 355 · LXXIX. Chaque étudiant sera tenu, sous peine de privation de · texte numérisé non relu

LXXIX. Chaque étudiant sera tenu, sous peine de privation de

sa bourse, de payer, pour la susdite collecte, la somme qui aura été convenue entre les boursiers, dans la huitaine qui suivra cette délibération.

Les vins seront livrés contre payement immédiat dans. le réfectoire et sur inscription dans la chambre au taux fixé par les membres de la communauté.

La note de chaque tonneau, dès qu'il sera épuisé, sera remise par le clerc de maison au Prieur ou au Principal, lesquels la remettront aux Procureurs, sauf les profits qu'ils peuvent faire. Les Procureurs seront tenus de payer aussi dans les huit jours le montant de la collecte et ils auront pour dédommagement de leurs peines le sixième d'une bourse de leur maison à prendre chaque semaine.

LXXX. Un Principal sera donné chaque année à la maison des Artistes par le Proviseur et le Prieur, ou par le Proviseur seulement, mais après avoir pris l'avis du Prieur. Son office consistera à présider dans la communauté des Artistes aux argumentations, à modérer les discussions à table, à faire observer Te silence convenable, à rendre compte au Proviseur et au Prieur de l'état de la communauté, à inscrire les bourses le vendredi, ainsi que les recettes et dépenses des Procureurs le dimanche avec le Prieur, et il devra présenter sa note au compte général. Il aura chaque semaine les mômes honoraires que le Procureur de sa maison. Et tous ces dignitaires jureront de remplir fidèlement leurs obligations.

LXXXI. Les susdits Théologiens et Artistes auront un coffre commun où seront déposés exactement les lettres, actes et titres quelconques des deux maisons, l'argent destiné à acheter des rentes ou des livres et les autres objets importants. Ce coffre aura trois clefs dont Tune sera gardée par le maître de la maison, l'autre par le Prieur, et la troisième par le grand Procureur des Artistes. Les sommes provenant des revenus et profits quelconques de la maison seront conservées dans un autre coffre muni pareillement de trois clefs gardées comme-ci-dessus, et ces sommes seront employées ainsi qu'il a été dit.

LXXXII. Il sera fait un inventaire de tous les livres, meubles et ustensiles quelconques communs aux Théologiens et aux Artistes, el, tous les ans, dans la première semaine de Carême, on représentera lesdits objets devant le Proviseur, le Prieur, les Procureurs, les Théologiens de la maison, et on les comparera à l'inventaire qui en aura été fait. S'il manque quelque chose on en fera une recherche exacte, et si l'on fait quelque nouvelle acquisition elle sera fidèlement portée sur l'inventaire.

LXXXIII. Tous les présents statuts seront lus deux fois par an, à la Toussaint, et à la fête de la Chaire de Saint-Pierre, en présence de tous les étudiants des deux maisons et du Prieur.

LXXXIV. Le Prieur et le Principal veilleront sur les serviteurs des deux maisons. Ces serviteurs recevront chacun le salaire qui leur aura été assigné ; et trois fois par an : à la Toussaint, à la

Noël et à Pâques, le Proviseur fera une enquête sur leur compte, auprès des boursiers, relativement à leur capacité, et ils seront conservés ou renvoyés, selon ce qu'ils méritent.

LXX&V. Nous défendons à tout Proviseur ou maître qui sera élu à l'avenir de rien révoquer ou changer aux présentes prescriptions, à moins que le plus grand avantage de la communauté ne le demande, et, dans ce cas, il faudra une requête de tous les boursiers. Mais ces changements ne pourront être faits qu'au milieu de Tannée, aux mois de janvier ou de décembre.

LXXXV1. Nous voulons en outre, tant pour éviter la perte du présent acte que pour assurer l'exécution des dispositions qui y sont contenues, que chacun des fonctionnaires susdénommés ait copie des présentes lettres. En foi de quoi nous avons apposé notre sceau sur les présentes.

Fait le lendemain de la Nativité de la Bienheureuse Vierge Marie, l'an du Seigneur 4344 , et scellé avec de la cire verte retenue par une double queue de parchemin.

Rien de plus sage que tous ces règlements, dans lesquels le vénérable fondateur s'était efforcé de prévoir tous les points sur lesquels il était nécessaire d'attirer l'attention des boursiers pour éviter le désordre et l'anarchie. On voit qu'il avait été, comme son frère, préoccupé de remédier aux deux grands maux qui affligeaient les écoliers du moyen âge, la misère corporelle et la dépravation morale. En leur offrant un gîte où ils devaient trouver le vivre et le couvert, il avait eu l'intention de préserver leur esprit et leur cœur des dangers auxquels ils étaient exposés à Paris. Voilà pourquoi, non content de leur assurer le pain matériel, il veut qu'il y ait chaque jour des moments marqués pour la prière comme pour le travail, que ce travail soit surveillé, afin que le boursier n'abuse pas des avantages de sa situation pour se livrer à l'oisiveté. Les heures des repas, la tenue qu'on devra y observer, les vêtements des écoliers, les rapports qu'ils auront entre eux, les visites qu'ils pourront recevoir, les dépenses qu'ils feront, leurs sorties, les habitudes d'ordre, d'économie, de propreté*, de bonne éducation, en un mot, rien n'est omis de ce

1. Ce n'était pas alors une recommandation inutile si l'on songe & l'affreuse litière de paille, pendant l'hiver, ou d'herbe fraîche, pendant l'été, qui formait tout le mobilier des classes de la rue du Fouarre. Les élèves s'y vautraient par humilité et leur longue robe

qui peut contribuera la formation religieuse et morale du jeune étudiant. C'est ce qui a fait dire à M. Thurot que « le régime des collèges était intermédiaire entre celui d'un couvent et celui d'un chapitre séculier, en sorte qu'on pouvait définir les collèges fondés dans l'Université de Paris, des chapitres réguliers d'étudiants4. » Ce qui n'est pas moins admirable, c'est l'élection qui préside à la nomination des principaux fonctionnaires ou dignitaires de la maison établie par l'évoque de Coctances. On y reconnaît l'esprit de sage liberté de l'Église, qui, dans son gouvernement et dans ses communautés religieuses, admettait l'intervention du peuple chrétien, en accordant aux fidèles le droit d'élire leurs pasteurs et aux moines leur abbé ou supérieur. Le proviseur, le prieur et les procureurs d'HARCouivr étaient élus par les boursiers. « Rien n'était plus démocratique, » dit Michelet*. Il en résultera peut-être dans l'avenir des difficultés, des conflits, mais, à tout prendre, ce régime pouvait être admis dans un cadre restreint où une légitime part faite aux droits de chaque membre de la communauté avait plus d'avantages que d'inconvénients. Notons d'ailleurs que les grands boursiers auxquels revenait ce droit d'élire leurs chefs, avaient souvent atteint un âge assez avancé pour qu'il fût difficile de leur imposer un maître qui n'aurait pas été de leur choix. Ne fallait-il pas aussi leur accorder ce dédommagement pour ne pas leur faire regretter l'indépendance dont jouissaient la plupart des écoliers à cette époque?

Au mois de mars 1512, le second fondateur du collège d'HARcouRT, pour assurer l'avenir de celle maison, obtenait encore des lettres patentes de Philippe le Bel, autorisant le

s'en ressentait. « Au réfectoire, dit Quicherat {Hist. de Sainte- Barbe, 1. 1. p. 82)» il était défendu de porter la main A son bonnet, tant l'état des têtes inspirait de crainte. On inspectait la surface, sans épiloguer le dessous. Ainsi se forma la renommée proTerbiale de la crasse de collège. »

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