Du Bonlay, Mût. Univ. Paru, i. V, p
bravaches et spadassins, qui n'argumentèrent plus qu'en menaçant de dégainer; bien plus, les élèves des classes supérieures s'autorisèrent de l'exemple pour porter sous leur robe l'épée courte, le braquemarl, que Rabelais n'a jamais manqué de pendre au flanc de Pantagruel. Ces manières soldatesque^ furent si bien adoptées par la jeunesse des écoles, que l'Université ne parvint jamais à les faire disparaître complètement, même lorsqu'elle eut reconquis, sous les autres règnes,' son privilège de cléricdture1. Nous en retrouverons des traces dans les siècles suivants.
Une autre bizarrerie passa par la têle de Louis XI. En 1471 , quand il entra en lutte avec Charles le Téméraire, pour évincer l'élément bourguignon des écoles de l'Université, il exigea le serment de fidélité de tous les écoliers qui les fréquentaient. Ce fut dans une vaste salle du couvent des Bernardins que ce serment, qui préludait au serment civique de 1790, fut prêté successivement par les diverses maisons d'enseignement de Paris. Les jeunes écoliers, conduits par leurs maîtres, furent tout fiers de se voir traités comme des hommes, et du Boulay nous raconte, qu'à l'appel de chaque collège, ils jurèrent fidélité au roi en agitant les mains et en jetant des cris assourdissants. Naturellement, les sujets du duc de Bourgogne ne parurent pas, et le lendemain on les réunit au nombre d'environ quatre cents pour les reconduire *àla frontière*.
Mais, si l'évêque d'AviuNCHEs ne doit point avoir suggéré ces mesures singulières, il est certain qu'il ne fut pas étranger à l'issue de la querelle des Réalistes et des Nominaux (\u\ agita l'Université en 1473. Le franciscain Guillaume d'Ockam, précurseur des rationalistes modernes, avait renouvelé celte vieille querelle philosophique, au xiv° siècle, en enseignant, comme Roscelin, que les idées sont de pures conceptions de l'esprit et n'ont d'autre substance ou réalité que le nom qu'on leur attribue. Ainsi renaissait l'ancien nominalisme,