Crevier. Hist. de l'Univ., I
3. Au xvne siècle, les fermiers des Postes voulurent s'emparer des messageries de l'Université, mais deux arrêts royaux du 12 décembre 1640 et du 29 mars 1642 confirmèrent l'Université en possession des messageries qui consistaient à « porter lettres, hardes, paquets, or, argent et autres choses pour toutes sortes de personnes, faire la conduite de ceux qui se présenteront à eux, sans aucune distinction; leur fournir des chevaux et vivres, faire toutes autres fonctions et exercices de messageries. >V. Jourdain, Hist. de YUniv», t. II, p. 58,
boul d'ivoire des huissiers, dans les processions et solennités académiques.
Tous ces dignitaires, officiers ou suppôts, avant d'entrer en charge, prêtaient des serments de fidélité que nous rapporterons tout à l'heure en parlant des statuts de la Nation. On jurait sur les Évangiles, dont les premiers chapitres inscrits, à cette intention, au commencement du Cartulaire tTHarcourt, gardent encore sur leurs feuillets de parchemin jauni et noirci les traces du fréquent usage auxquels ils ont été soumis pour ce serment.
L'assemblée de la Nation se tenait primitivement à Saint- JÛuen-le-Pauvre, près de Notre-Dame, ou sous le cloître des Mathcrins, près de la Sorbonne1-. À partir de 1556, la Compagnie normande siège à peu près exclusivement au collège d'HARcouftT. Cette réunion, qui avait lieu à la fin de chaque semaine, était préparée le vendredi, jusqu'en 1600, par l'office des vêpres, à la chapelle du collège, puis inaugurée le samedi matin par la messe solennelle, célébrée à 6 heures, d'avril à septembre, et à 7 heures, d'octobre à mars. Tous les tribulaires devaient assister à ces offices, sous peine d'amende, ce qui prouve qu'on n'y était pas très fidèle. Plus tard, en 1763, la Nation de Normandie sera obligée de se réunir au collège Louis-le-Grand, devenu le chef-lieu de l'Université après l'expulsion des Jésuites.
Ces assemblées, comitia, portaient les noms des principaux objets de leur convocation : comitia rectoria, procura- Jorta, censoria, quaestoria, quadrumviralia, octoviralia, suivant qu'il s'agissait dénommer Félecteur rectoral, le procureur, le censeur, le questeur et les divers examinateurs. On y traitait aussi de l'approbation des proviseurs et des régents, de l'admission de nouveaux tribulaires, des licences d'enseignement accordées aux pédagogies, en un mot, de toutes les affaires qui concernaient l'Université et plus spécialement la faculté des arts et la Nation de Normandie. Pour les affaires plus importantes, la Nation nommait une commission ou un