M. Lepingard, ut supra
legs à Notre-Dame-de-Saint-Lo et ailleurs, il donna, dit Félibien, pour établir douze nouveaux boursiers grammairiens dans le collège d'HARcouRT, la somme de quatre mille livres tournois. Toutefois, ces douze bourses furent réduites plus tard à six, à cause de la diminution des revenus4. C'est qu'en effet, cet argent fut employé en achat de biens fonds qui perdirent ensuite de leur valeur. Avec ces quatre, mille livres on paya une partie de la terre d'iMRERviiAE, acquise en 1535. Il était spécifié dans l'acte de fondation de ces bourses, réduites à six, qu'il y en aurait deux à la nomination du chapitre d'Avr anches, deux à la nomination du chapitre de Notre-Dame-de-Saint-Lo, et deux à la nomination des héritiers du fondateur, représentés en 1535 par le sieur de Sienne et du Mesnil-Amey (Manche)1. On devait les donner de préférence à des choristes ou enfants de chœur de ces églises. Le chantre de la ville de Saint-Lo a célébré la générosité de Boucard dans ces termes : « Sans parler de ses autres largesses, Boucard fonda douze bourses annuelles en faveur de jeunes écoliers envoyés au collège d'HARcouRT, afin que Ton pût initier plus facilement aux belles lettres la jeunesse d'humble condition empêchée par la dure pauvreté de suivre la carrière des muses8. » Il parait cependant que la fondation de Jean Boucard ne fut pas bien accueillie par les anciens boursiers d'HARcouRT. Us auraient voulu, sans doute, avoir les nouvelles bourses pour augmenter leurs revenus, et ils ne se souciaient pas de partager avec ceux qu'ils regardaient comme des intrus, les droits et les privilèges de la fondation primitive. Aussi les traitèrent-ils en conséquence. Ils firent souffrir à ces béjaunes, ainsi qu'on appelait alors les nouveaux, toutes les vexations dont les brimades d'aujourd'hui, ert certaines écoles, ne sont qu'un pâle reflet. Il y eut même bataille, et les choses allèrent si loin que les malheureux nouveaux,