‹ L'ancien Collège d'Harcourt et le Lycée Saint-Louis. Notes et documents pour la plupart inéditsChapitre 91 sur 355 · L'abbé Porée, Chronique du Bec, p. 25, 41 et · texte numérisé non relu

L'abbé Porée, Chronique du Bec, p. 25, 41 et

logie, les autres en décret, et qu'il les nomma ensuite a us bénéûces qui dépendaient de l'abbaye. De là, dit le chroniqueur, la considération dont jouissaient les élèves de l'abbaye du Bec à l'Université de Paris. Nous avons constaté aussi précédemment que Jean Boucard, évêque d'Àvranches, ancien boursier du collège d'HAitcoGRT, devint abbé du Bec en 1476, et occupa cette dignité jusqu'à sa mort, en 1484. N'y a-t-il pas dans le rapprochement de ces deux faits, une indication qui permettrait d'expliquer comment Jean Boyvin, après avoir été l'élève et le protégé de l'abbaye du Bec, aurait été, ainsi que son prédécesseur, mis en possession de la cure de Saint-Gervais? Ils pouvaient, en effet, conserver ce bénéfice, car le cumul n'était pas encore interdit sur ce point, comme il le sera à la fin du xvi* siècle, et, d'ailleurs, la proximité de la paroisse Saint-Gervais ne les empêchait pas de résider au collège et de vivre au milieu des boursiers, selon les prescriptions des statuts. Jean Boyvin était donc en état de satisfaire à ses obligations de proviseur sans manquer à ses devoirs de pasteur.

En même temps qu'on installait à Harcocrt, en 1509, le nouveau proviseur, on s'y intéressait à deux événements glorieux, quoique chacun d'un ordre différent. C'était d'abord le Milanais reconquis par l'éclatante victoire que Louis XII avait remportée, le 14 mai, à Agnadel, grâce à une habile tactique de Bayard sur le flanc des Vénitiens. A cette non* velle, l'Université s'empressa d'organiser une de ses plus magnifiques processions avec le concours de tous les collèges, pour aller thanter à Notre-Dame un solennel Te Deum d'actions de grâces en l'honneur du triomphe de nos armes.

C'était aussi l'hommage rendu à la science de l'un de ces brillants humanistes de l'Italie qui venaient travailler parmi nous à la renaissance des lettres. Louis XII commençait l'ouvre de son successeur, en attirant à Paris des maîtres illustres versés dans la connaissance de la littérature ancienne, tels que Jean Lascaris et Aleandro. Rien de plus heureux que de tels choix. À vingt ans, Aleandro entendait îe grec, l'hébreu, le chaldéen, aussi bien qu'il excellait en théotogie,

en philosophie, en mathématiques et en musique. En 1509» le roi lui accordait dea lettres de grande naturalisation et une pension de quinze cents écus d'or, tandis que l'Université, où il enseignait le grec et le latin, lui conférait le litre de maître es arts et immédiatement, en dépit des statuts, relevait par un suffrage unanime à la dignité de Recteur. Ainsi la langue grecque, qui avait déjà été professée à Paris, vers 1455, par Gregorio Tifernas, allait prendre une place honorable dans renseignement classique. Cette élude, sans être encore bien répandue, n'était plus dédaignée ou tenue en suspicion eomme au siècle précédent, où un religieux Carme disait en chaire : « On a trouvé une nouvelle langue, que Ton appelle grecque; il faut s'en garantir avec soin. Cette langue enfante toutes les hérésies1. » Le temps n'était pas loin, au contraire, où elle allait exciter un tel enthousiasme parmi la jeunesse des écoles de Paris, qu'Érasme, alors étudiant du collège de Montaigu, écrivait à un de ses amis : « Quand j'aurai reçu de l'argent, j'achèterai des livres grecs d'abord, et, après, des vêlements*. » Cet amour du grec, poussé jusqu'à l'héroïsme, est inconnu des écoliers de notre génération; mais il enflammait ceux du xYi" sièele : témoin cet Henri de Mesmes, qui récitait Homère par cœur d'un bout à l'autre, au sortir du collège de Bourgogne1. Mais si les élèves des grands collèges de Paris s'appliquaient avec ardeur à l'élude de l'antiquité, ils s'adonnaient aussi aux amusements de leur âge, surtout à ceux qui répondent à notre caractère national, ami de la gaielé et de la plaisanterie. La comédie, les farces , les soties, à l'époque du nouvel an, étaient une de9 leurs plus agréables récréations. Malheureusement, ils ne savaient pas toujours garder la mesure, et les satires, les allusions politiques y apparaissaient peut-être plus que de raison. Aussi le Parlement exerçait-il alors sévèrement, par ordre du roi, ses droits de censure dramatique. Nous l'avons déjà vu, au siècle

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