SCÈNE III
Oh! je suis pacifique! et raillais, ma chérie,
En t'assurant que, chez les peuples étrangers.
J'irais, ravi, quérir l'amour et les dangers.
Non, je n'ai pas voulu te faire tant de peine
En badinant, et puis, pensais-je alors, ma reine,
Pensais-je?... Est-ce bien vrai qu'il n'a plus qu'un moment
A te boire des yeux. Seconde, ton amant?
Je ne peux pas le croire ; ah ! réponds-moi, blondine,
Que toi, tu m'as aussi badiné ?
SECONDE
Je badine!...
Regarde-moi, cousin, et tu verras !
' JEAN, après avoir lu dans les yeux de Seconde.
Allons !
J'ai vu, roussette; il faut déserter ces vallons, 11 le faut.
Après un grand silence,-
Si je tombe au fort d'une bataille.
En frappant l'étranger et d'estoc et de taille. Ils diront, nos soldats qui me verront finir : a Celui-là mourut, brave, avec le souvenir « De sa maîtresse au cœur et son nom sur les lèvres ! » El quelque ami, touché de mes dernières fièvres, S'en viendra jusqu'ici t'apporter mon adieu Et t'apprendre, ô ma veuve, en quel funeste lieu Je repose à jamais en ma couche éternelle, Loin des miens, du pays, et trop loin de ton aile.
SECONDE
Oh I ne me quitte pas.
Elle sanglote, il la console.
Je ne sais où je suis.
Si tu t'en vas, mon cœur, pas à pas je te suis. Ne plus te sentir là, mais j'en deviendrais folle!... Il me faut ta caresse, il me faut ta parole, 11 me faut ton regard arrogant et joyeux.
Je t'aime plus que la prunelle de mes yeux !
Hélas ! oui, j'agonise et je me désespère...
Ahl dis-moi quelque chose encore?
JEAN, sombre^ accablé.
Où donc mon père Est-il ?
SECONDE, imitant la marche de Pierre Èloy»
Il est sorti courbé comme cela.
JEAN
Je veux le voir I Je vais le voir.
// s'élance et Pierre se montre au fond du théâtre^ derrière la haie.
SCÈS^(iE IV Les Mêmes, PIERRE ÉLOY*
PIERRE
Hé! me voilà*